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Olivier Bellamy reçoit Luc Ferry dans Passion Classique

Au pied levé, sans soutane et sans goupillon, le philosophe Luc Ferry est venu nous parler de l’encyclique “Dieu est amour” de Benoît XVI, suite à l’annonce de la démission du successeur de Saint-Pierre. Un texte d’une hauteur théologique qui peut intéresser les non-croyants et qui nous écarte tout à la fois du décorum, de la hiérarchie de l’Eglise et aussi des jugements à l’emporte-pièce de ses opposants. Un moment de réflexion, donc, autour d’une partie des racines de notre civilisation, non dans un but polémique, mais de dialogue éclairé, serein et sensible.
Voici son programme :

Prélude, Choral et Fugue de Franck (Alfred Cortot)
Noces de Figaro : Acte IV (fin) “Contessa perdono !” (Solti)
« Schlummert ein, ihr matten Augen » Bach
Fauré : Après un rêve

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Olivier Bellamy reçoit Antoine Sfeir dans Passion Classique

1. “On m’a beaucoup parlé de votre émission, mais je ne la connais pas”, m’a dit sincèrement Antoine Sfeir en arrivant. Et puis à la fin : “Eh bien, on montre ses tripes avec vous ! Je vous écouterai désormais !”
Il faut dire que ce grand politologue a tout de suite joué le jeu, dès la première question, acceptant de nous livrer une part de son intimité et partageant une vision humaniste du monde où la voix de la France a un regard et des convictions fortes à défendre.
2. Samedi, j’étais à Angers, ville de mes débuts pour y présenter mon “Entretien avec Mozart” à la librairie Richer, avec le concours d’Antoine Boussin, son directeur qui a brillamment mené l’entretien. J’ai eu le bonheur d’y retrouver tous mes amis. Françoise Deroubaix (l’une des meilleures plumes que je connaisse) avec qui j’ai animé une émission de musique classique sur Radio Oxygène pendant dix ans, Jacky Leclerc qui dirigeait la station en patron avisé et éclairé, Jean-Luc Viala qui animait les matinées avec un talent époustouflant et qui donnait le sourire aux plus grincheux, Minoue et son humour ravageur, Jean Goblet qui dirigeait le bureau angevin de La Nouvelle République du Centre-Ouest avec enthousiasme et autorité, Solange de Ouest-France, Annie Guichard la fille du grand acteur et metteur en scène régional Jean Guichard, Nicole Chardon qui était l’assistante particulière du regretté Jean Sauvage patron du Département, Nicole Vaubourg fidèle au Festival d’Anjou. Et même mon professeur de piano, Simone Carrère qui m’impressionnait beaucoup, qui vivait la musique par tous les pores de sa peau et que ma paresse et mon manque de technique désespérait. Et puis Jo Pinture, peintre de génie, et mes chers amis Claude Eas et Philippe Rouillard. Au moment des dédicaces, des auditeurs sont très gentiment venus me dire quelques mots. Et une dame m’a dit : “Vous ne me reconnaissez pas ? Pourtant, vous êtes avec moi, sur mon canapé, chaque soir à 18 h !” J’en ai bien ri.
Voici le programme d’Antoine Sfeir :

- Messe en si mineur de Bach – Version du Concert des Nations de Jordi Savall (Nº 10 – Qui sedes ad dextram patris)

- Sempre libera (La Traviata) – Version de la B.O. du film Le Maitre de Musique, de Gerard Corbiau

- Nidaa Abou Mrad, Ensemble de musique classique arabe – Album Wasalat (nº 10 – Taqsim Hijaz)

- La Donna e mobile (par les trois ténors Carreras, Domingo, Pavarotti).

Madeleines :

- La mauvaise réputation, de Brassens

- Le Chant des Partisans par Montand

- Blue Moon, par Ella Fitzgerald

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Noëlla Pontois, humaine étoile

Le 08 février 2013 à 11:06 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy reçoit Noëlla Pontois dans Passion Classique

Noëlla Pontois n’est plus danseuse étoile à l’Opéra de Paris, mais son astre continue de briller. Dans le souvenir de ceux qui l’ont vue défier les lois de la gravitation avec une grâce, une expressivité et une pureté de style extraordinaires. Mais aussi à l’intérieur d’elle-même : en témoigne cette voix d’une douceur évangélique et cette mystérieuse beauté qui émane de tout son être.
La danse classique a bien quelque chose de divin, mais c’est l’humanité de ses plus hauts représentants qui nous touche et qui sert le plus durablement cet art si exigeant.
Voici son programme :

MADELEINES PROUST
WEST SIDE STORY / AMERICA
CASSE NOISETTE / GRAND PAS DE DEUX
GISELLE / FIN DU 2è ACTE

OUVERTURE DE MANON LESCAUT / MASSENET
KATLEEN FERIE / AGNUS DEI DU MESSIE / BACH
2è MOUVEMENT DU CONCERTO EN SOL / RAVEL
SACRE DU PRINTEMPS / STRAVINSKY

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Olivier Bellamy reçoit Charles Dantzig dans Passion Classique

Pas facile de définir ce qu’est un chef-d’oeuvre qui par nature échappe à l’analyse. L’écrivain et poète Charles Dantzig a relevé le défi de manière littéraire et pas universitaire. C’est-à-dire par petites touches sensibles et non par un pesant pensum. Il élargit le champ de la littérature aux autres arts et en arrive à la danse comme un idéal entrevu : effort prodigieux de l’écrivain pour créer quelque chose qui s’élève dans les airs et qui parvient à une sorte de présent intemporel. Mais il existe de multiples sortes de chefs-d’oeuvre : des grands, des petits, des lourds, des légers, des forts, des fragiles, des chefs-d’oeuvre pour chaque moment de la vie, des chefs-d’oeuvre qui disparaissent comme les étoiles, d’autres qui apparaissent dans une sorte de chaîne ininterrompue où la création humaine tutoie le divin. Avec érudition et subjectivité, Charles Dantzig nous emmène dans son jardin secret littéraire et c’est cela au fond que nous attendons d’un écrivain : qu’il crée un théâtre d’ombres qui prennent chair en nous et qui se mélangent à la vie, à nos rêves, aux grands amours de notre vie. Comme disait tristement Oscar Wilde : je ne me suis jamais vraiment remis de la mort de Lucien de Rubempré.
Voici son programme :

1) Caldara, “Chi con sua cetra”, dans Maddalena ai piedi di Cristo
2) Valse de l’Album pour enfants de Tchaikovsky
3) Field, Nocturne n°1
4) « Duca, duca… ebben » Rigoletto de Verdi

4 “madeleines”

1) “Voi che sapete” des Noces de Figaro
2) “4 Chords of the Apocalypse” de Julian Casablancas
3) Satie, Gnossienne n°1
4) Joel Grey, “If you could see her” dans Cabaret

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 Olivier Bellamy reçoit Aymeric Caron dans Passion Classique

“Courbe un peu la tête”, a-t-on souvent envie de dire à tous ceux qui émettent avec fracas leur opinion à la télévision. Média qui n’incite pas beaucoup, il est vrai, aux nuances, à la modération, pour ne rien dire de la modestie.
A l’écrit, Aymeric Caron a le temps de peaufiner son discours, de prendre un peu de distance. Son livre No steak est une enquête journalistique bien menée sur ce qui nous attend inexorablement : fini le bon rognon sauce madère, adieu belle entrecôte persillée, vade rétro andouillette AAAAA tchoum ! Pour éviter de manger trop tôt les pissenlits par la racine, il va falloir se gaver de roquette, chose verte et dentelée prisée des bobos du canal Saint-Martin et qui poussait autrefois près des poubelles.
Le monde est fou. Soit. Il sera tofu ! Et vous l’aurez bien cherché à vous gaver du sang des pauvres bêtes. A tuer veaux, vaches, cochons !
Décidément, on n’échappe pas à l’alternative Voltaire ou Rousseau. Aymeric Caron est un disciple du second, sans toutefois prétendre à égaler l’auteur des Rêveries du promeneur solitaire. Mais il ne manque ni de charme, ni de sincérité, ni de cette faculté d’indignation qui à l’opposé de la charité “bien ordonnée” ne commence jamais par soi-même.
Voici son programme :

Pink Floyd - Comfortably Numb

Dire Straits - Brothers in Arms

Steve Hackett - Déja vu (sur l’album Genesis Revisited)

Classiques :

Bach - Toccata et Fugue en Ré Mineur

Samuel Barber - Adagio for strings

Rachmaninov - concerto pour piano n 2 en ut mineur op. 18

Haendel – Sarabande

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Olivier Bellamy reçoit Max Emanuel Cencic dans Passion Classique

Ancien Petit Chanteur de Vienne solo né à Zagreb (Croatie), Max Emanuel Cencic n’a pas mué à l’adolescence. L’étrange petit canard est devenu un cygne adulé qui peint volontiers ses plumes de toutes les couleurs. A l’heure du mélange des genres, il nous dirait bien : je suis mezzo-soprano et pas contre-ténor. D’un naturel charmant, le chanteur ne manque pas de caractère face à un chef d’orchestre lorsqu’il s’agit de défendre ses idées. Dans son dernier disque, il nous emmène à Venise. Certains aficionados le suivraient bien jusqu’au bout du monde.
Voici son programme :

3 « petites madeleines » de ma jeunesse:

- Pueri concinite de J. von Herbeck
- Frühlingsstimmenwalzer de J. Strauß
- Exultate Jubilate de W.A.Mozart
J.D. Heinichen Concerti Grossi R.Goebel et Musica Antiqua Köln
-
C.Pluhar Via Crucis Nina nana avec P.Jaroussky
-
Ariodante de Handel M. Minkowski Anne Sophie von Otter Con l’ali di costanza
-
Phaeton de Lully M.Minkowski Oeverture (Erato)
-
Anacreon de Rameau M.Minkowski “Sans Venus et sans ses flammes..” avec Thierry Félix

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En Italie, Andrea Bocelli est considéré comme un véritable chanteur d’opéra. Dans la plupart des pays du monde, l’engouement populaire est prodigieux (en Allemagne ses ventes de disques atteignent des records historiques), mais la critique est souvent sévère. On blâme son interprétation monocorde. Mais c’est une voix qui ne laisse pas indifférent. Certains critiques continuent également à trouver le timbre de Kathleen Ferrier fascinant, mais son expression lisse et statique.
Il est arrivé à Radio Classique accompagné par un staff impressionnant, pas moins de cinq personnes dont son épouse, toutes vigilantes mais sympathiques. Cela n’a pas été simple de faire venir Andrea Bocelli, mais une fois la chose entérinée, tout s’est passé très naturellement, il était disponible, concentré et d’une grande gentillesse.
Voici son programme :

La vie en rose (Andrea Bocelli)
Madeleines
My Way : Sinatra
September Morn (Neil Diamond)
Voglio vivere Cosi (Ferruccio Tagliavini)
Programme
Gounod : Va repose en paix (Franco Corelli)
E lucevan le stelle (Bocelli et Zubin Mehta)
Andrea Chenier : Un di all’azzuro spazio (Franco Corelli)

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Olivier Bellamy reçoit Francis Veber dans Passion Classique

Il sait tout ou presque sur le cinéma. Lancez un sujet, Francis Veber a mille anecdotes intéressantes à partager. Billy Wilder qui soupire après une mauvaise critique : “Je vais pleurer sur le chemin de la banque”. Voila qui vaut son pesant d’or. Et le réalisateur de “La chèvre” nous rappelle très à propos le “génie musical” du phrasé d’un Gérard Depardieu. Bertrand Blier disait la même chose. Eh oui, “le génie est obscène”, tandis que certains s’émeuvent que Raspoutine veuille retourner en Russie.
Voici son programme :

“Madeleines”
BREL “La chanson des vieux amants”
BRASSENS “La marche nuptiale”
FERRÉ “Avec le temps”

CLASSIQUE
LA NORMA (Bellini) l’air de “La diva casta”
LA TRAVIATA (Verdi) l’air de “Libiamo ne ‘ licti calici”
LE BOLERO (Ravel)
SYMPHONIE N°5 de Malher (adagietto) BO “Mort à Venise”
CONCERTO POUR PIANO N°21 de Mozart

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Fille d’un violoniste et d’une pianiste en Géorgie, Lisa Batiashvili a été très tôt marquée par le modèle d’Anne Sophie Mutter jouant à quatorze ans avec Herbert von Karajan. Un violon dans les mains à deux ans, sur scène à quatre ans, elle rêvait de l’occident à travers les disques de Bill Evans ou d’Ella Fitzgerald que son père rapportait de tournées à l’étranger. Le départ de la famille à Hambourg puis à Munich n’a pas dû être une mince affaire, mais toutes les histoires ou presque des grands musiciens se ressemblent et l’Allemagne demeure un Eldorado pour les virtuoses en herbe. Le hasard veut que je reçoive aujourd’hui la version germanique de ma biographie de Martha Argerich en édition de poche, alors que la version originale a été accueillie il y a deux ans par des pages entières dans les plus grands journaux. Y a-t-il un autre pays au monde pour qui la musique fasse l’objet d’un tel culte ? Peut-être l’Angleterre qui vient de lancer un festival “The Rest is Noise” d’après l’excellent livre d’Alex North. J’en profite pour saluer l’admirable biographie de Bela Bartok sous la plume de Claire Delamarche (Fayard). Un travail de titan qui se lit comme un roman.
Lisa Batiashvili vient d’enregistrer le Concerto de Brahms sur un violon ayant appartenu à Joseph Joachim. C’est un sommet de musicalité et de finesse.
Voici son programme :

Indi Mindi from Miniatures for String Quartet (Georgia String quartet)
Mozart : Concerto pour violon n° 3 – 2e mvt – Anne Sophie Mutter/Karajan
Bach : Air par François Leleux (Sonny 2007)
Britten : Concerto par Janine Jansen
Schubert : Impromptu op. 90 par Alfred Brendel
Madeleines
Valse for Debbie par Bill Evans
Take 6 : If we ever

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