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L’esprit frais et vif de Frank Braley

Le 08 septembre 2010 à 10:43 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy reçoit Frank Braley sur radio Classique

Il a l’une des têtes les mieux faites (intérieur et extérieur) du piano d’aujourd’hui. Frank Braley a grandi tranquillement au sein d’une famille un peu bohème. Sa mère donnait des cours de piano et son père avait été le secrétaire du cinéaste Jean-Pierre Melville. C’est lui, à trois ans, qui a demandé à sa mère de lui apprendre le piano. Il a fait son bonhomme de chemin et s’est hissé, sans pression et sans hystérie, au sommet. Son 1er prix à l’unanimité au Concours Reine Elisabeth de Belgique a attiré l’attention sur lui en 1991, mais cela ne lui a pas donné la grosse tête.
Sûr de lui, conscient de sa valeur, Frank Braley ne joue pas les faux modestes, pas plus qu’il ne roule les mécaniques. Il sait ce qu’il veut et promène un regard intelligent, amusé et vif sur le monde qui l’entoure.
Il a un peu de mal avec les épanchements de la musique romantique. Chopin n’est pas sa tasse de thé - “trop de sucre”, dit-il sans craindre de choquer - Schumann non plus. Il se méfie des déclarations main sur le coeur et des grands sentiments. Il préfère écouter Ravel avec son fils. Ou rêver qu’il va devenir un pianiste de jazz dans une autre vie. On sent le garçon fiable, équilibré, marrant, d’autant plus sympathique qu’il ne fait rien pour le paraître.
Voici son programme :

 - Madeleines :

Marylin Monroe you’d be surprised
Freddy Mercury : Bohemian Rhapsody,
Eroll Garner extrai de concert by the sea,
Chopin : étude révolutionaire op. 10 n° 12 par Pollini


- 5 à 6 musiques


Bartoli Viva Vivaldi (Gelido in ogni vegna ou autre air si trop long),
Glenn Gould début de la 2ème Partita de Bach ou final de l’Op 110 de Beethoven
Symphonie n° 4 de Brahms par Carlos Kleiber 1er mvt,
Debussy lNocturnes « Sirènes » (par Bernstein s’il y a une version),
Bartok 2ème mvt du 3ème concerto de piano(par Geza Anda si mon souvenir est bon),
Schubert andantino de la sonate D959 par Frank Braley


- Deux ou trois musiques classiques en lien avec une rencontre
amoureuse:


Ravel ouverture de Daphnis et Chloé,
Chostakovitch 2ème mvt Sonate Alto(par G Caussé ou Y Bashmet)


Musique pour mon enterrement: mouvement lent du Concerto K488 de Mozart

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Il y a 11 commentaires pour cet article :

1 Eliane, le 08 septembre 2010 à 14:22 :

Je ne résiste pas : pause déjeuner consacrée à Frank Braley, que j’ai si souvent entendu à La Roque, à Paris et ailleurs, avec lequel j’ai parlé (il a été en résidence avec l’orchestre à Rennes), c’est un homme charmant, très sympathique, très simple et si modeste!! Et puis, comment ne pas aimer un pianiste qui met, dans son programme l’andantino, MON andantino D959, c’est impossible!!
A plusieurs reprises, j’ai été profondément émue lors d’un de ses concerts, au théâtre des Champs -Elysées dans le Concerto en sol où; à mes yeux, il s’est révélé être un éblouissant ravèlien, je garde cette interprétation comme un grand moment de musique par un Braley absolument impérial, une densité sonore magnifique et les trilles! je fais un peu une fixette sur les trilles et rarement je n’ai entendu des trilles aussi expressifs!. Ce que j’aime chez lui, outre ses qualités techniques indéniables, c’est qu’il possède cette petite touche de folie et ces quelques grammes d’audace qui font ce petit plus qui le distingue des autres pianistes hissés à son niveau. Avec ses amis les frères Capuçon et Gérard Causse à l’alto, j’ai apprécié ses qualités de chambriste, la discrétion du piano qui se fond au sein du “quatuor”. Enfin, FB est un Schubertien de race, ce n’est pas pour rien qu’il a choisi de terminer son programme en apothéose avec cet andantino sur lequel je ne vais pas à nouveau revenir, j’en ai parlé avec Samuel, très direct parfois dans ses commentaires!!. C’est vrai, je possède la version de Brendel, c’est vrai que je ne l’aime pas dans Schubert mais je garderai cette version , elle m’a été offerte et j’apprécie Brendel dans le concerto italien de Bach, c’est aussi un grand pianiste dont, certes, on peut ne pas aimer le jeu, c’est autre chose.
Merci Olivier pour cet échange de qualité . Si vous lisez les messages, je voulais vous demander , quitte à m’attirer les foudres de quelques auditeurs, si vous aviez l’intention d’inviter michel Houellebecq, l’un des écrivains les plus provocants et talentueux de sa génération.
Je serais vraiment curieuse de l’entendre dans le cadre de votre émission. peut-être est-il déjà venu?
Bonne journée à tous
Eliane

2 Françoise (40), le 08 septembre 2010 à 14:29 :

Chère Eliane,
En écoutant cette émission hier soir, je pensais à vous en espérant que vous étiez complètement rétablie, et en vous imaginant “toute ouie”.
Vos connaissances m’éblouissent.
En ce moment, c’est “mon” concerto pour clarinette qui passe sur RC.
Alain a raison “la flute, c’est pas mal non plus” … pour le champagne, notamment !
Bon après-midi.
Je vous embrasse
Françoise

3 SIROT, le 08 septembre 2010 à 15:46 :

J’ai été totalement sous le charme lors de cette émission, d’entendre Franck Braley décrire ce que lui inspirait Glenn Gould. Je n’en retrouve plus les mots exacts et c’est dommage. Me vient à la tête une sorste de méditation extatique mais ce n’et pas tout à fait cela.
J’ai également adoré l’évocation de la diversité du public. Merci de ces moments;
J’adore également Bach que je tente d’interpréter (piano) et bien sûr Glenn Gould

4 Christian (34), le 08 septembre 2010 à 16:31 :

Je suis tombé par hasard sur la rediffusion de cette émission à minuit et je suis resté scotché. Un moment de vrai bonheur et d’émotion intense en découvrant un artiste pleinement humain capable de nous faire partager sa passion avec des mots simples sans se référer à une encombrante déité imaginaire supérieure. J’ai aimé. Merci!
Christian

5 Samuel Rosenfeld, le 10 septembre 2010 à 13:12 :

Les mots manquent (une fois n’est pas coutume) à Samuel Rosenfeld… Emission géniale.

6 Samuel Rosenfeld, le 10 septembre 2010 à 14:22 :

A propos du choix de Monsieur Braley concernant Brahms - et comme il fut dit dans l’émission - heureusement qu’il nous reste des images de l’immense Kleiber fils. Ici le premier mouvement de la 4ème symphonie du Grand Bouru: http://www.youtube.com/watch?v=yCaaPaQx5zg . Merci qui, merci Samuel Rosenfeld.

7 Anne Duhem, le 10 septembre 2010 à 15:34 :

Enfin, Frank Braley était votre invité, cher Olivier Bellamy ! Je l’ai découvert au Concours Reine Elisabeth - il a donné un concert à Tournai, petite ville de province belge, il avait accepté de rencontrer le public à l’entracte, c’était extraordinaire comme il me donnait l’impression qu’alors que je lui bafouillais mon admiration, j’étais la personne qui comptait le plus pour lui à ce moment-là. J’ai plusieurs enregistrements de lui, Schubert, Gershwin… Eh bien j’étais disponible pour l’entendre en direct grâce à internet, et j’ai eu de sproblèmes de connexion. Je rêvais de lui envoyer un message en direct, j’en aurais sangloté de frustration !!! Mais je réécoute l’émission maintenant, et j’apprécie toujours autant son intelligence, sa culture, son sens de l’amitié et des familles musicales, sa finesse, sa sensibilité… Et ce qui ne gâte rien, Olivier nous le fait remarquer, il est très beau ! Quelle belle émission, merci, Olivier Bel Ami !!

8 Livadiotti Roberto, le 10 septembre 2010 à 18:34 :

D’autres chefs que Kleiber fils ont donné de très bonnes interprétations des quatre symphonies de Brahms,ou ont fait des integrales de ses oeuvres symphoniques et concertantes,comme Karajan,Abbado,Giulini,Haitink,Masur,etc…et je ne les cite pas tous.De Kleiber fils,il n’y a que quelques enregistrements,même pour les symphonies de Beethoven,à ma connaissance,les 4e,5e et 7e.

9 Samuel Rosenfeld, le 12 septembre 2010 à 23:02 :

Et la 8ème de Schubert par Kleiber, superbe! Pour les symphonies de Brahms, Samuel Rosenfeld a un faible énorme pour Jochum chez DG, en mono malheureusement, mais à posséder absolument.

10 Livadiotti Roberto, le 13 septembre 2010 à 16:16 :

Oui,évidemment Jochum,parmi les chefs de la génération précédente et probablement Karl Boehm que j’ai pour la 9e de Schubert,ainsi que Furtwaengler,dont il n’existe,je crois,que des enregistrements des deux premières symphonies de Brahms.

11 Samuel Rosenfeld, le 16 septembre 2010 à 13:27 :

C’est quand même vachement bien ce qu’a dit Franck Braley sur l’interprétation des romantiques… Lui ne s’y attaque pas de peur de faire dans la guimauve et le “sucré”. Il faut des gens droits dans leurs bottes, du calibre d’un Pollini, pour aborder les Chopin et autre Schumann sans se laisser aller à s’écouter rubater.


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