Accueil

On a beaucoup parlé de l’oeil (acéré) et du palais (fin), voire de l’estomac (glouton) de Claude Chabrol, il ne faudrait pas oublier d’évoquer son oreille. Il connaissait la musique en profondeur et savait la faire partager comme on goûte un grand vin, les papilles en complicité. Tout ce qu’il en dit est juste, amusant, personnel, enthousiaste. Ses choix reflètent sa curiosité insatiable (Britten, Milhaud), son sens de l’humain (Chostakovitch, Mahler), et témoignent d’une passion pour la composition en tant que métier. La grâce tombée du ciel d’un Mozart ou d’un Schubert l’intéressent moins que de suivre, ébahi et hilare, le geste de l’artisan-compositeur et de comprendre, dans l’euphorie fraternelle d’un confrère alliée à la modestie de l’amateur, pourquoi il a choisi telle tonalité plutôt qu’une autre et opté pour une flûte au lieu d’un hautbois. Il est fasciné par le langage des sons comme on mettrait son nez dans la palette d’un peintre. Et d’applaudir qu’avec du rouge et du jaune, on puisse créer une ambiance orangée si caractéristique.
Il est aussi passionnant que lorsqu’il parle de cinéma, ce qui n’est pas peu dire.

Tags :
1 commentaire Lien permanent | Rétrolien

Flux RSS

Chat noir Chabrol

Le 13 juin 2008 à 09:45 par Olivier Bellamy

Claude Chabrol a publié il y a trois ou quatre ans un livre de souvenirs dans lequel il parlait beaucoup de musique. On sentait une solide culture musicale et une liberté de ton. Bref, un client de choix pour Musiques de Stars. Dès le début de cette émission, j’ai donc tenté de le recevoir. Eva Simonnet, son attachée de presse depuis tant d’années, s’est donc habituée à ce que je l’appelle régulièrement. Malheureusement, son dernier film est sorti en plein été : au moment Musiques de Stars prend ses quartiers d’été. C’était trop tôt ou trop tard pour le recevoir à titre promotionnel. Le reste du temps, Claude Chabrol travaille, figurez-vous, et beaucoup. On ne dirait pas comme ça, non ? “Il est en écriture” me disait la fidèle et douce Eva, ou “Il est en Bretagne !” Lire l’article en entier

Tags :
4 commentaires Lien permanent | Rétrolien

ombre