Accueil
Flux RSS

Lettre à Catherine Laborde

Le 23 novembre 2018 à 10:41 par Olivier Bellamy

laborde-blog.JPG

Chère Catherine Laborde,
Vous n’êtes plus seule. Désormais il y a quelqu’un en vous qui ne vous lâche pas, qui sort quand vous sortez, qui est là entre nous deux. C’est un certain Parkinson qui joue avec vos nerfs et chatouille vos neurones. Vous l’avez baptisé « Parki », celui par qui le malheur arrive. Ou Parkingsoon qui sonne toujours trop tôt. On pourrait aussi l’appeler Park boom hue les jours de repassage.
Vous n’êtes plus seule. Désormais, il y a des docteurs et des aidants qui vous aident à mieux comprendre et accepter cet étrange locataire.
Vous n’êtes plus seule, car Montaigne vous tient compagnie. S’il s’est relevé de sa chute de cheval, pourquoi ne pourrait-il pas vous apprendre à le faire quand vous tombez à votre tour.
Vous n’êtes plus seule, chère Catherine Laborde, car on ne vous a oubliée. Vous vous êtes si souvent inquiétée que le ciel ne nous tombe pas sur la tête qu’on peut bien vous aider à garder les pieds sur terre. Quant au ciel, avant de s’y retrouver tous un jour, nous pouvons puiser dans ses couleurs le courage de continuer.
Vous n’êtes plus seule, et grâce à votre témoignage, nous le sommes un peu moins. Vous avez mis du soleil dans l’orage de la vie et quelques larmes entre les gouttes de pluie.
Et si vous tremblez, Catherine Laborde, eh bien nous tremblerons avec vous. Ceux qui ne tremblent pas paraîtront moins vivants que nous, et à force de trembler nous finirons bien par danser sur la plus belle des musiques.

Programme :
Mozart acte 1 scène 2 Cosi fan Tutte (soave il vento…) Schwarzkopf
Scarlatti sonate par Horovitz (album favorites encors) K 531 / L 430

Loo Reed Walk on the wild side
John Hiatt slow turning seels like rain

Portrait : Arabesque n° 1 de Debussy

Ajouter un commentaire Lien permanent | Rétrolien

Flux RSS

Lettre à Mireille Mathieu

Le 21 novembre 2018 à 23:55 par Olivier Bellamy

matthieu-blog.JPG

Chère Mireille Mathieu,
Si la tour Eiffel savait chanter, il faudrait l’appeler Mireille. Car toutes deux, elle sur le Champ de Mars et vous sur le mont de Vénus, vous représentez la France dans le monde.
Vous savez qu’on a voulu la détruire après l’exposition universelle. Certains la trouvaient hideuse, squelettique, difforme. Vous aussi, on a voulu vous bâillonner. Certains ont prédit votre chute et vous êtes toujours debout.
Vous êtes deux monuments qu’on ne finit pas de visiter.
Vous devez cependant vous incliner sur un point. Elle a accueilli 300 millions de visiteurs, et vous n’avez vendu que 200 millions de disques. En moins de temps, il est vrai.
Et elle ne bouge pas alors que vous voyagez partout. Elle saute la Seine à pieds joints comme chantait le grand Charles, mais vous enchantez la Volga, la Tamise, le Nil ou le Fleuve jaune.
Elle est de fer et vous êtes de chair, par tous les temps elle brave les airs, et vous vous les chantez bravement, les airs, sans prendre de grands airs et sans rouler les R, vous la fille du tailleur de pierres, mais il faut parfois devant vous se taire, car « Paris se met en colère ».
Alors chère Mireille Mathieu, nous vous adressons une prière :
Vous pouvez chanter sur tous les tons, dans toutes les langues que vous êtes venue pour nous dire adieu, mais pour que nous restions heureux, chante-le les yeux dans les cieux, sans jamais le souffler à Dieu.

Programme :
« Pourquoi me réveiller » de Jules Massenet de l’opéra Werther (Alagna)
De l’opéra CARMEN de Bizet “Près des remparts de Séville” (Jane Rhodes)

Maurice Chevalier ” Ma Pomme”. “
Le chanteur de Mexico ” avec ” Mexico” de Luis Mariano.

Le premier regard d’amour (Mireille Mathieu)

Ajouter un commentaire Lien permanent | Rétrolien

Flux RSS

Lettre à Anny Duperey

Le 21 novembre 2018 à 10:47 par Olivier Bellamy

anny-duperey-blog-ob.jpg

Chère Anny Duperey,
Est-ce d’avoir frôlé la mort à neuf ans, quand il semblait écrit que vous deviez disparaître avec vos parents, que la providence, pour se rattraper, vous a offert la chance de mener de front plusieurs vies.
Car en plus d’être actrice, vous écrivez, vous peignez, vous faites des photos. A moins que tous ces talents ne vous ont été octroyés que pour percer plus sûrement le secret de vos origines et en guérir la blessure.
J’oubliais votre talent atavique pour le trapèze volant. Comme si quelque chose de violent vous poussait à risquer votre vie, vous qui l’avez si souvent donnée au figuré et par deux fois dans la vraie vie. Mais peut-être suivez-vous le destin des chats qui vous sont si chers et qui, eux aussi, dit-on, ont plusieurs vies.
De la chambre noire de vos parents qui étaient photographes, du noir du monoxyde de carbone qui les a emportés, du lac noir qui vous a longtemps obsédée, de la dame en noir que vous avez choisi d’écouter ce soir, il a fallu écrire noir sur blanc, à travers un voile noir, pour éclairer ce trou noir dans lequel gisaient vos premières années. Alors vous avez peint clair plutôt que foncé, vous avez joué la comédie au lieu de la tragédie, car il fallait rire, aimer, échapper aux idées noires.
Vous avez choisi la vie, mais vous n’avez pas oublié vos morts. Ils sont là bien vivants sur le mur de votre chambre et au fond de votre cœur, sur le visage de vos enfants, et dans la grâce mystérieuse de vos félins. Cet entre-deux vous permet sans doute, comme dit la chanson, de changer les couleurs du temps, mais aussi de conjuguer le passé dans un temps nouveau, inventé pour vous, et qu’on pourrait appeler le plus-que-présent.

Programme :
Madeleines :
- Il fait beau  (Les Frères Jacques)
- Barbara : « Les amis de monsieur »

Classiques :
- Un Schuman : Quintette (finale)
- Un Schubert : Symphonie Inachevée (1er mvt)

Portrait :
Debussy : Sonate violon piano (1er mvt)

Ajouter un commentaire Lien permanent | Rétrolien

Flux RSS

Lettre à Riad Sattouf

Le 20 novembre 2018 à 16:55 par Olivier Bellamy

riad-sattouf-blog-ob.jpg

Cher Riad Sattouf,
Bien sûr votre histoire est la vôtre. Mais maintenant que vous l’avez racontée, dessinée et partagée, il va bien falloir accepter qu’elle soit aussi un peu la nôtre.
Vous êtes né de père syrien et de mère française. Que dis-je française ? Bretonne. Autant dire que vous un concentré de toutes les questions qui nous taraudent et nous traversent aujourd’hui. Comme vous nous racontez votre enfance avec une sincérité et une précision stupéfiante, elle a valeur, ne vous en déplaise, d’outil précieux pour comprendre le monde. Vous êtes un résumé du monde.
Si j’ai bien compris : dans les écoles françaises et dans les écoles arabes, les enfants sont aussi cruels avec ceux qui sont un peu différents. Ici on les traite de pédé, là-bas on les traite de juif.
Les adultes sont aussi menteurs ou perturbés ici que là-bas. Ici les hommes sont respectés quand ils ont de l’argent. Là-bas, quand ils sont de bons croyants. Ici, il faut être un mec, là-bas il faut avoir fait La Mecque.
Les femmes se font toujours avoir. Soit parce qu’elles deviennent amoureuses de types qui ne les valent pas, soit parce qu’elles subissent une loi paranoïaque et ancestrale.
Alors quelle solution ? Vous avez trouvé le dessin pour vous en sortir. La création vous permet d’échapper aux pièges imaginés par les autres pour vous construire le vôtre.
Sinon il reste quelque chose de merveilleux et d’accessible à tous : l’humour. Ça ne change pas la vie, mais ça l’allège sacrément.

Programme :
Où sont mes amants de Fréhel
Le Vent de Brassens
Winter 1 par MaxRichter Vivaldi recomposed
String quartet n1 metamorphoses nocturnes Gyorgi Ligeti

Portrait
https://www.youtube.com/watch?v=C2inNYauU1o

Ajouter un commentaire Lien permanent | Rétrolien

Flux RSS

Lettre à Frédéric Mitterrand

Le 17 novembre 2018 à 23:18 par Olivier Bellamy

mitterand-blog.jpg

Cher Frédéric Mitterrand,
Il y a mille façons de vous aborder. En souvenir du créateur d’Etoiles et toiles, j’ai choisi les astres. Vous êtes né au point d’intersection du Lion et de la Vierge. Position d’équilibriste qui va bien au funambule que vous êtes, coincé entre le Soleil et l’ombre. La Vierge aime servir, avec précision et un sentimentalisme parfois pleurnichard, tandis que le Lion veut bâtir et briller, avec un orgueil teinté de kitsch qui le rend vulnérable.
Votre part de Vierge a défendu Bergman et Kurosawa au cinéma l’Olympic, mais le Lion avait besoin des paillettes de la télévision. Le Lion était fasciné par De Gaulle, quand la Vierge devait fidélité à un oncle promis à la Couronne.
La Vierge a travaillé pour des émissions de qualité, mais le Lion a posé royalement un Sept d’Or à terre, ulcéré qu’on l’ait chassé de la Cour et privé de lumière.
La Vierge sage a écrit, filmé, réalisé quand la Vierge folle est allée s’amuser sur Pink TV.
Le Lion a rugi de bonheur à la Villa Médicis. Mais « Rome, Rome, Rome unique objet de mon ressentiment » a pleuré la Vierge amoureuse.
Encore orphelin d’un vieux roi, l’Etat a eu besoin d’un sémillant marquis du même sang. Pas au château, mais rue de Valois ; pour un acrobate féru de culture, c’était parfait. La Vierge n’a pas démérité, mais le Lion promène encore sa mélancolie blessée dans la solitude des musées qui, sans lui, continuent inexplicablement d’exister.
Finalement le cœur d’un Lion associé à l’esprit d’une Vierge ne doit pas former tous les jours un mariage très gai, mais si l’on ajoute le talent et le sens de l’histoire, nul doute que cela dessine dans le ciel une sorte de comète à multiples facettes.

Programme :
Classiques :

Montserrat Caballe : https://www.youtube.com/watch?v=vzgqVVrcc0Q
Al dolce (en public)
Martha Argerich : https://www.youtube.com/watch?v=trMkgvhuhlA

Madeleines  :
Adriano Celentano preghero
L’amitié de Françoise Hardy

Portrait :
https://www.youtube.com/watch?v=rUuusqy50yk

1 commentaire Lien permanent | Rétrolien

Flux RSS

Lettre à Florian Zeller

Le 16 novembre 2018 à 01:24 par Olivier Bellamy

florain-zeller-blog-ob.jpg

Cher Florian Zeller,
Au début vous aviez tout pour agacer la terre entière. Trop beau, trop doué, trop primé. Il n’y a pas que vos cheveux qui sont en bataille, les muses aussi se disputent vos faveurs. Et les théâtres s’arrachent vos œuvres, car vous êtes avec Yasmina Reza l’auteur français le plus joué à l’étranger.
Et puis loin de vous répéter (car si les acteurs répètent, les auteurs parfois hélas se répètent), vous n’avez cessé d’approfondir votre art. Il faut donc bien vous rendre la monnaie de vos pièces.
Et la dernière, Le Fils, c’est de l’or. La parole n’étant que d’argent, vos répliques rejoignent le silence à travers la musique des mots.
La cruauté brillante de vos premiers drames s’est enrichie d’une sensibilité, d’une vision, d’une conscience toujours plus juste.
« Je suis un mensonge qui dit la vérité », disait Cocteau, vous êtes l’enfant et le parent des deux, et vous en jouez en virtuose.
Vos personnages nous ressemblent. Ils sont si vrais qu’on se demande qui imite qui, d’eux ou de nous. Car vos thèmes sont éternels, la souffrance, la solitude, l’amour, autant dire la vie, mais racontée par un joueur d’échec invisible, mais de chair autant que d’esprit.
Votre théâtre attire les grands acteurs, Catherine Hiegel, Pierre Arditi, Luchini, Auteuil, Hirsch, mais il ne perd rien à être lu.
Seriez-vous déjà classique ? Donc bienvenue chez vous dans la radio du même nom.
Programme :
Adagio for Organ and Orchestra in G Minor (Albinoni). C’est une musique qui se retrouve dans le spectacle du FILS, dans la mise en scène de Ladislas Chollat.

- La Troisième leçon des ténèbres, de Couperin.

- Metamorphosis II, de Philip Glass, un de mes compositeurs contemporains préférés. Cette musique se retrouve dans LE FILS

- Paradis Perdus, Christine and the Queens - d’après Christophe.

Portrait

Vivaldi : Cun dederit (Bowman)

Mystère

https://www.youtube.com/watch?v=StXT0BQKwg0

Ajouter un commentaire Lien permanent | Rétrolien

Flux RSS

Lettre à Jonathan Lambert

Le 14 novembre 2018 à 23:47 par Olivier Bellamy

lambert-blog.jpg

Cher Jonathan Lambert,
Vos parents n’étaient pas d’accord sur le choix de votre prénom. Votre père voulait que vous vous appeliez comme lui : Rodolphe et votre mère préférait Jonathan. Et comme dit l’adage : ce que femme veut, Dieu le veut, donc vous vous appelez Jonathan. Mais au regard de l’Etat civil, vous portez les deux prénoms.
J’en ai cherché la signification. Rodolphe est d’origine germanique. Par exemple, au hasard : Rudolph Hess, l’adjoint d’un certain Adolphe, dont il est question dans la pièce Le Prénom. Nom associé : le loup (en allemand : Wolf). C’était le surnom donné dans l’intimité au même Adolphe de tout à l’heure. Hum, vous êtes sûr qu’on vous a choisi pour votre talent, Jonathan Lambert ?
Voyons l’autre prénom. Jonathan est d’origine hébraïque. Aïe. Vous êtes sûr que ça va ? D’autant que l’un se fête au solstice d’été et l’autre au solstice d’hiver.
Mais peut-être que l’humour, le sens de l’absurde, le goût de la parodie viennent à ceux qui portent un germe de tragédie en eux, un écartèlement existentiel qui a besoin du rire pour s’épanouir.
Parmi les Jonathan célèbres, j’en citerais un seul. Jonathan Livingstone le Goéland. Personnage imaginaire, symbole de liberté et dont le mantra pourrait être : « Deviens qui tu es ». Au lieu de répondre à l’injonction, c’est peut-être justement dans cette multiplicité de visages et de tempéraments que vous avez fini par vous réaliser.
Programme :
Classiques:
- Antonin Dvorak Symphonie numéro 6 Suite en La majeur “American suite” op98b mvt. 4 Andante
- Wiegenlied op41/1 de R Strauss par Montserrat Caballe

Madeleines:
Half a man par Randy Newman
Perfect Day de Lou Reed

Portrait : Till Eulenspiegel

1 commentaire Lien permanent | Rétrolien

Flux RSS

Lettre à Emmanuelle Bertrand

Le 14 novembre 2018 à 23:45 par Olivier Bellamy

bertrand-blog.jpg

Chère Emmanuelle Bertrand,
On ne porter votre prénom sans se sentir investi d’une mission, d’une destinée messianique. Ce ne sont pas l’âme et la corde de votre violoncelle que vous caressez avec ferveur qui me contrediront : Dieu est avec nous quand résonne la musique.
Certains comme le compositeur Henri Dutilleux l’ont tout de suite saisi chez vous en parlant de « révélation » à prendre au sens biblique.
Et il suffit de vous regarder, chère Emmanuelle Bertrand, pour se souvenir immédiatement de sourire de madones peintes par Raphaël ou Leonard de Vinci. Avec votre violoncelle dans les bras, c’est soudain la Pieta de Michel Ange qui revient à la mémoire, ou celle du Tintoret, quand la Vierge s’évanouit de douleur au pied de la Croix.
Vous rendez vie à la musique qui vous traverse en une sorte d’Annonciation, comme vous avez retrouvé la voix du violoncelle de Maurice Maréchal, prophète de l’école française de violoncelle, en ressuscitant l’instrument construit par deux camarades de tranchées pour que brille l’espoir entre deux bombardements.
Chaque son émis par votre violoncelle est bien le fruit de vos entrailles et pardonnez ma fièvre allégorique si votre phrasé sans tache évoque une immaculée conception et si j’entends dans la façon dont votre mélodie monte au ciel une véritable Assomption.
Programme :
Maurice Maréchal (cf le violoncelle de guerre) Liebestraum de Liszt
- Pascal Amoyel dans un Nocturne de Chopin
- Tout un monde lointain » de Dutilleux par Rostropovitch
- une berceuse a capella (composée dans les camps) chantée par Marielle Rubens.

Portrait :
Stabat Mater de Vivaldi / MN Lemieux

Ajouter un commentaire Lien permanent | Rétrolien

Flux RSS

Lettre à Charles Consigny

Le 13 novembre 2018 à 09:44 par Olivier Bellamy

charles-consigny-blog-ob.jpg

Cher Charles Consigny,
Plus une personne a le pouvoir de juger autrui et moins il est facile pour cette personne d’accepter qu’autrui use de la réciproque.
Cet autrui est vraiment un cochon.
Il se débat quand il devrait souscrire. Il met les rieurs de son côté au lieu d’implorer grâce. Il joue sur la corde de l’émotion alors que la raison commande qu’il écoute sa juste condamnation avec respect et reconnaissance puisqu’on lui fait l’honneur de le traîner dans la boue.
Ainsi il n’existe pas d’arroseur patenté qui soit un arrosé fair play.
Vous ne manquez ni d’intelligence ni de courage, car il en faut pour dire son fait à n’importe qui. Mais ce pouvoir qu’on vous accorde est un leurre. C’est un piège à vanités.
Vous êtes assez avisé pour savoir que tout gladiateur est jeté dans l’arène pour amuser la foule, que la foule veut du sang et qu’elle finit toujours par vouloir la peau de celui qu’elle portait en triomphe.
Vous savez aussi que l’empereur jubile quand vous montrez les dents ou que vous vous faites mordre, car ce pompier pyromane aime à paraître comme un arbitre bienveillant dont vous seriez les créatures infernales.
Vous vous doutez bien que le prix de cette renommée qui vous est accordée va être exorbitant. C’est quand la facture se présentera et à votre manière de l’acquitter ou de laisser courir la dette que l’on saura si derrière un incontestable talent se cache, ce qui est plus rare, un caractère.
Programme :
2 classiques :

- BACH Le clavier bien tempéré, Livre I: Prélude et fugue in C Major, BWV 846, Sviatoslav RICHTER ;

- BRAHMS Symphony No. 3 In F Major, Op. 90: li. Andante, Orchestre philarmonique de NEW YORK, Dir. Bruno WALTER ;

2 madeleines :

- So Blessed, Mariah CAREY ;

- J’me suis fait tout petit, Georges BRASSENS.

Portrait :

Poulenc : Sonate pour hautbois

1 commentaire Lien permanent | Rétrolien

Flux RSS

Lettre à Luc Ferry

Le 12 novembre 2018 à 12:36 par Olivier Bellamy

luc-ferry-blog.jpg

Cher Luc Ferry,
Pour la plupart des gens, la Grèce est une destination de vacances ou un pays qui a du mal à comprendre l’économie. Pour vous, c’est la maison d’Eros et de Thanatos, le temple d’Apollon, l’école de Dionysos. Prométhée et Icare sont vos voisins de palier, Tantale et Sisyphe vos collègues de bureau, et vous mangez de l’hybris chaque matin à votre petit déjeuner.
Vous avez le talent de faire comprendre aux pauvres ignorants que nous sommes les mythes fondateurs de notre société et les concepts les plus sophistiqués pour comprendre le monde dans lequel nous vivons et lui donner du sens.
Et vous le faites avec enthousiasme cette vertu suprême qui étymologiquement nous met en communication directe avec le divin.
Mais l’on se demande, cher Luc Ferry si à force de fréquenter Ulysse vous n’avez pas appliqué son intelligence rusée, sa mètis, avec un peu trop de talent. Car la philosophie n’est pas seulement votre bâton de pèlerin, c’est aussi une entreprise florissante.
Mais refusons de boire ce poison de la jalousie qui fait le lit de l’immobilisme et des passions tristes, car votre ambition est peut-être plus grande encore. A savoir : appliquer la méthode du Cheval de Troie pour introduire l’esprit là où règne l’obscurantisme. Immense dessein à votre mesure, quoique démesuré.
On vous rétorquera trois choses. Un, qu’à pariez sur l’intelligence, vous vous attaquez aux Ecuries d’Augias. Deux, que l’art d’avoir toujours raison (comme dit Schopenhauer) guette celui qui veut servir la raison. Et trois, qu’à vouloir tout expliquer on s’éloigne du silence source de sagesse pour ferrailler dans les bas quartiers sous l’œil ironique des dieux de l’Olympe et le mystérieux sourire de Bouddha.
Programme :
musiques classiques :

* G.Fauré : le requiem in Paradisum

* La troisième sonate de Brahms pour piano et violon

Madeleines :

*deuxième mouvement - septième symphonie de Beethoven

*La petite berceuse de Brahms

Portrait
Fugue de Prélude choral et fugue de C. Franck

Ajouter un commentaire Lien permanent | Rétrolien

ombre