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Lettre à Fabrice Luchini

Le 07 décembre 2018 à 19:34 par Olivier Bellamy

Cher Fabrice Luchini,
Déjà, je suis ébloui.
Seul vous n’êtes jamais, cerné d’hommes si grands, c’est dur de vous parler, entouré de géants.
Baudelaire vous emboite le pas, Verlaine vous saisit le bras, Péguy lace vos souliers et lasse un peu vos proches, pas vrai ? Céline vous donne l’air tranché, et l’air d’en arriver, des tranchées.
Le sublime vous habite, jusqu’au bout de la… nuit.
Vous êtes plein de mots, d’images, ivre de sons et de tapage.
On se dit : c’est fou, il ose, et il en use en virtuose.
L’imitateur s’oublie pour se fondre dans l’autre, tandis que vous ramenez à vous vos apôtres. Vous les unissez, c’est un gang, voilà qu’ils parlent votre langue.
Et plus vous les servez, et plus ils vous grandissent. Homère sous votre pied, Plaute sur votre cuisse.
Les dieux vous donnent un peu de leur génie, et vous superbe et généreux les rendez à la vie.
Ils sortent de bibliothèque, un peu frileux, le verbe sec. Soudain leurs vers prennent des ailes, et montent, montent, libres, au ciel.
Ils sont éternels, soit, mais l’éternité, c’est pesant. Vous les ramenez dans la légèreté de l’instant. Vous leur faites prendre l’air, devenir populaires.
Et si Philippe Muray s’en contrefichait oui d’avoir raison comme Aaron, peut-être d’Amélie Nothomb jalousait-il le grand renom.
Et s’il faut conclusion aux vers de mirliton,
Sachez, comme le cochon, que chez vous tout est bon.

Programme :
Wagner : Prélude de Lohengrin
Bizet : Carmen (Près des remparts)

Madeleines

Patricia Carli : Arrète, ne me touche pas

Potrait : Caccini Chaconne

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Lettre à Alain Meunier

Le 07 décembre 2018 à 12:33 par Olivier Bellamy

Cher Alain Meunier,
Certains musiciens sont en proie à la frénésie, à l’ivresse d’eux-mêmes, d’autres s’adonnent à la mélancolie ou cultivent l’envie.
Vous semblez immunisé contre ces poisons de l’âme.
Votre parcours musical s’écoule avec le calme souriant d’une rivière qui serpente la vallée où bon lui semble, loin du bruit et de la fureur, mais près des canyons et des étoiles.
Il y a en vous une modestie naturelle qui a compris qu’à vouloir être partout on n’est nulle part, et qu’à vouloir égaler le voisin on s’épuise en vain.
Vous avez préféré fréquenter les compositeurs vivants en vrai musicien. Le profit en est mince, mais la récompense immense.
Vous avez troqué le brillant des carrières tapageuses pour le charme feutré et profond de la musique de chambre, le partage de l’enseignement, et la joie de l’aventure au coin du chemin.
Beethoven, Brahms ou Ohana sont votre pain quotidien et le Mécénat musical Société générale vous aide à le distribuer.
Car ce qui compte dans le blé, c’est ce qu’on peut faire de bon avec, surtout quand on s’appelle Meunier.

Programme :
Madeleines:
9ème Symphonie  L. v Beethoven :  Adagio  version Fürtwangler
Lamento d’Arianna  Cl. Monteverdi (6ème livre des madrigaux)   version Nadia Boulanger et son groupe vocal
 
Classique et autre:
Bagatelles Op. 9  A. Webern  version Quatuor LaSalle rec. 1968
La Foule Edith Piaf

Portrait : Les idées heureuses de Couperin (Scott Ross)

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Lettre à Patrick Sébastien

Le 06 décembre 2018 à 00:54 par Olivier Bellamy

Cher Patrick Sébastien,
Quand on est un clown, on prend un risque avec son image, parce qu’on estime en définitive que l’image, c’est très superficiel par rapport à ce qu’on a au fond du cœur. On s’assoit sur son esprit de sérieux et l’on apporte de la joie autour de soi.
Derrière ce « on », il y a une personne sensible et souvent blessée qui a trouvé ce moyen honorable d’exister, et il y a souvent quelqu’un de rare.
Derrière ce « on », certains y voient un con. Ce peut-être des gens intelligents ou moins intelligents, le manque de finesse n’a rien à voir avec le quotient intellectuel.
C’est le prix à payer. De passer pour un lourdaud devant des imbéciles.
Evidemment « tourner les serviettes », c’est pas du Mallarmé, mais ce n’est pas du bien-armé non plus, ça ne tue pas des gens.
« Le p’it bonhomme en mousse », c’est pas du Mozart. Mais que ceux qui vous condamnent au nom de Mozart sachent bien que si Wolfgang était là, c’est avec vous qu’il choisirait de s’amuser et de raconter des blagues pipi-caca, pas avec ceux qui utilisent son nom pour décider de ce qui est bien ou mal.
Alors soyons bienveillants, mais restons marrants, l’esprit de sérieux, ça donne l’air vieux.
Comme l’a fait Mozart en son temps, montrons nos fesses, pour bien garder en nous l’éternelle jeunesse.

Programme :
La 9ème Symphonie de Beethoven 
-L’Étude N°3 “Tristesse” de Chopin. 

Piensa en mi  Luz Cazal 
Stances à un cambrioleur - Georges Brassens

Portrait :
Boléro de Ravel (vers la fin)

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Lettre à Jérémie Rhorer

Le 05 décembre 2018 à 09:58 par Olivier Bellamy

Cher Jérémie Rhorer,
Puisque l’avenue Montaigne est devenue l’une de vos adresses préférées, au Théâtre des Champs-Elysées, j’ai relu un peu Montaigne cet après-midi et je suis encore charmé par la liberté de son esprit. Dans son livre consacré à Montaigne, Stefan Zweig écrit : « Il n’y a qu’une erreur et qu’un crime : vouloir enfermer la diversité du monde dans des doctrines et des systèmes. » Montaigne nous protège de cette erreur et de ce crime.
Et vous êtes, vous aussi, un enfant de Montaigne et de Zweig, car aucune chapelle musicale semble vous détourner de votre libre jugement. Ainsi la musique semble naître toute seule et non sous la baguette d’un dictateur. Mais pour que la liberté ait un sens, il faut un ordre. Et cet ordre ne naît pas d’une volonté, d’un vouloir rétrécissant, mais d’une recherche d’harmonie. Rien d’anguleux, rien de carré, tout en courbe et en lignes organiques. Ce Cercle harmonique que vous avez fondé, c’est lui qui vous a façonné. Car ainsi que le disait le grand Mozart : tout est possible dans l’expression pourvu que ça reste de la musique.

Programme :
2 Classiques :
 
• Bernstein : 2è mvt (avec voix de garçon soprano) des Chichester Psalms
• Mahler : fin de l’adagio de la 6ème symphonie (5 dernières minutes environ) (direction : Bernstein)
 
2 Madeleines :
 
• Benny Goodman : Swing Swing Swing
• Sting : Fragile
 

Portrait : Symphonie n° 25 de Mozart par Rhorer

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Lettre à Patrick Timsit

Le 04 décembre 2018 à 11:47 par Olivier Bellamy

Cher Patrick Timsit,
Vous avez tourné dans Une chanson pour ma mère, Une journée chez ma mère, et là vous êtes au théâtre dans Le Livre de ma mère. Ça fait beaucoup, non ? C’est une obsession.
Je vois que vous avez aussi joué dans Pédale douce. Je ne sais pas s’il faut y voir un lien. Je dis ça, je dis rien. Ah, je vois que vous avez même participé à l’écriture du film. Apparemment, vous aviez des choses à dire. Peut-être même des révélations à faire.
Au temps pour moi ! je vois que vous avez mis en scène Les aventures de Rabbi Jacob. Désolé, tout le monde peut se tromper. De toute façon, c’était soit l’un soit l’autre. Non mais ce qui m’a induit en erreur, c’est votre participation au film Dalida. Parce que c’est une icône euh, enfin une icône.
Quoi homophobie ? Comment ? Antisémitisme ? Enfin, c’est dingue. On peut plus rien dire. Donc si vous veniez du Gabon, je ne pourrais pas dire : « Yabon les allocations ». Si vous étiez chinois, je ne pourrais pas vous dire : « Vous n’allez pas mettre, en plus, un gilet jaune. »
C’est dingue. On peut plus rien dire.
Alors si je croise un handicapé, je ne peux pas lui dire « Bon voyage à Lourdes ».
Mais là, c’est peut-être moi qui suis… lourd.

Programme :
2 madeleines
KIMBEROSE reprise de Smile
Reinette l’Oranaise - Nhabek Nhabek

2 classiques
Concerto pour piano N 2 en C minor Rachmaninov
Charlie Chaplin (Smile original) Les temps modernes

Portrait : Sonate D 850 de Schubert 4e mvt (Kempff)

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Lettre à Fanny Ardant

Le 30 novembre 2018 à 23:52 par Olivier Bellamy

Chère Fanny Ardant,
C’était un soir de décembre, il y a presque quarante ans. La pluie battait au carreau, la télévision ronronnait, toute seule. Soudain une voix me tira de ma torpeur. Elle disait : « Je vous aime » et la phrase traînait comme une longue robe de mousseline aux branches d’un palétuvier.
Il me semblait que depuis Sacha Guitry, personne n’avait plus jamais parlé ainsi. La mode était au réalisme quotidien, et ce phrasé tout droit sorti d’un poème d’Anna de Noailles, chantant l’âpreté du monde et la douceur du jour, cette voix étrange a enflammé tous mes sens.
C’était la vôtre. Chère Fanny Ardant.
Ainsi il existait encore des princesses. Ainsi la fièvre et la démesure n’avaient pas disparu. Ainsi Réjane, Rachel et la Berma revivaient.
J’ai tremblé, ce soir-là, je crois, car ces mots simples et beaux, je les ai pris pour moi. J’ai compris cette nuit-là la force convulsive de l’art mêlée au goût du pêché. J’ai compris, comme disait Maurice Ravel quand on lui reprochait de manquer de naturel, qu’on pouvait être naturellement artificiel, autrement dit : divinement humain.
Et j’ai compris qu’il fallait être soi, de toute son âme, sans crainte d’être jugé si l’on fait de mal à personne.
Alors, pour ce soir de décembre où vous étiez venue m’attendre, chère Fanny, permettez-moi de prononcer à mon tour ces mots suprêmes qui ont ravi mon cœur : « Je vous aime. »

Programme :
« - CE QUE J’AIME INCROYABLEMENT :
1°The fiel of dead - Alexandre Nevsky de Prokofiev, joué par Sonia Wieder
Atherton dans “Chant d’est” et personne d’autre que Elle.
2° La mort de Butterlfly de Puccini par Maria Callas et personne d’autre
qu’elle

- MADELEINES : 
1°la valse sentimentale de Schubert OP.50D79, la numéro 1
2° Please don’t smoke in bed de Nina Simone.

Portrait : Songe d’une nuit d’été (Mendelssohn)

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Lettre à Jean-Louis Fournier

Le 29 novembre 2018 à 23:20 par Olivier Bellamy

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Cher Jean-Louis Fournier,
Vous nous avez aidé à aimer la grammaire comme on embrasse sa grand-mère. Et même l’arithmétique qui nous donnait des tics. Vous nous avez appris la politesse quand on préférait s’occuper de nos fesses.
Et puis on est devenu un peu plus proches. Forcément. Alors vous nous avez parlé de vos enfants, handicapés tous les deux. Vous ne vouliez pas nous faire pleurer alors vous nous avez fait rire… aux larmes. Avec infiniment de tendresse. Et c’était sacrément gonflé. Et courageux. Et généreux de votre part. Ils ont rejoint le bon dieu, mais pour nous ils sont toujours là, Mathieu et Thomas, grâce à votre livre « Où on va papa ? »
Et puis comme on est devenus comme qui dirait intimes, vous nous avez raconté la mort de votre femme, qui, ne le prenez pas mal, est devenue un peu la nôtre. Aujourd’hui nous nous sentons un peu veufs, tout comme vous.
Et puis vous nous avez présenté votre mère. Pensiez-vous à nous mettre la bague au doigt ? J’avoue que cette pensée cocasse m’a traversé l’esprit. On voit tellement de choses de nos jours.
Mais vous n’avez pas perdu le Nord. Vous lui avez même consacré un Dictionnaire amoureux. Du coup, on a oublié les gondoles à Venise pour rejoindre les clairs de lune à Maubeuge. Et si la Provence rime avec vacances, on comprend mieux pourquoi dans chaque beffroi du Nord on entend battre tous ces cœurs en or.

Programme :
Madeleines :
Prosper yop la boum Maurice Chevalier
La belle de Cadix Luis Mariano.

Classiques :
Danse macabre Franz Liszt par Georges Cziffra
L’andante de la symphonie concertante de Mozart

Portrait
Satie : Gnossienne

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Lettre à Sylvie Rocard

Le 29 novembre 2018 à 01:07 par Olivier Bellamy

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Chère Sylvie Rocard,

Vous portez un nom qui ne vous vient ni du sang ni du sol, mais de l’amour. C’est un nom glorieux, un nom sérieux, mais surtout un nom propre, très propre. Car Michel Rocard fut l’honneur de la gauche et servit la France de toute son intelligence, avec honnêteté et cœur. Des qualités qui l’empêchèrent sans doute de briguer la magistrature suprême, car notre Marianne préfère souvent le talent et la ruse à l’excellence et la vertu.
Honneur de la gauche, il le fut par ses valeurs héritées d’un père scientifique et d’une mère institutrice, des valeurs protestantes et humanistes. Serviteur de la France et d’une vision civilisée du monde, il le fut jusqu’à son dernier souffle.
Vous avez eu la chance de connaître un tel homme. Mais lui aussi après été si souvent trahi, blessé, oublié a eu la chance de trouver sérénité et chaleur parmi vos chiens perdus et vos chats recueillis dont il disait avec humour être l’un d’entre eux.
Vous nous faites découvrir un être sensible, secret, en nous donnant l’occasion ce soir de lui exprimer gratitude et fidélité à sa mémoire.

Programme :
Minkus : La Bayadère
- Rhapsodie sur un thème de Paganini, Rachmaninov
- Je reviens de te chercher de Gilbert Bécaud
- Chants du peule Couse de Feli
http://arritti.corsica/cultura/canta-u-populu-corsu-e-feli-single-et-tournee-commune/

Portrait : Carnaval de Schumann

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Lettre à Régine

Le 28 novembre 2018 à 09:59 par Olivier Bellamy

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Chère Régine,
« Heureux soient les fêlés, disait Michel Audiard, car ils laissent passer la lumière. »
Vous appartenez, chère Régine, à la race des cabossés de la vie qui ont en eux un soleil. Indestructible et infiniment tendre.
A travers vous, on voit la lumière. Celle du cœur d’abord. Et puis de l’esprit, à l’écoute. D’un nouveau concept ou d’une graine de star. Vos antennes sont en action permanente. Elles frémissent dès qu’un talent passe à proximité.
Vous êtes généreuse, car vous vous nourrissez des conversations jusqu’au bout de la nuit. On dit que tous les chats y sont gris, surtout après plusieurs coupes de champagne, mais pour vous c’est un jeu de vérité.
Les triomphes et les tragédies que vous avez traversés n’ont pas altéré votre passion de l’échange ni diminué votre sens infaillible de ce que l’autre a dans le ventre. Et quand vous aimez quelqu’un ou que vous croyez en lui, ce n’est pas la boule au plafond, c’est la lune que vous décrochez.
Vous avez connu toutes les célébrités de la terre, souvent avant qu’elles soient connues, mais pour vous c’étaient des enfants perdus que vous avez recueillis et réchauffés. Car derrière les paillettes, les bulles et les plumes du boa, il y a une lumière dans vos yeux qui ne vacille pas, qui empêche les âmes égarées de sombrer et qui s’appelle l’espoir.

Programme :
Casse Noisettes, La valse des fleurs, Tchaïkovski

- Casta Diva par la Callas

- L’Aigle Noir, Barbara

- Un américain à Paris, Gershwin

Portrait : Concerto pour violon de Tchaïkovski (Gitlis)

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Lettre à Sofia Essaïdi

Le 24 novembre 2018 à 10:49 par Olivier Bellamy

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Chère Sofia Essaïdi,
Vous êtes née à Casablanca qui n’est pas une destination de vacances mais la capitale économique du Maroc. Qui sait si votre destin ne s’est pas forgé quarante ans avant votre naissance quand le film Casablanca a reçu un oscar et qui sait si vous ne vous êtes pas identifiée au personnage de Lisa, prise entre ses rêves et la réalité, si belle dans les yeux d’Humphrey Bogart, et s’envolant finalement pour rejoindre la France Libre.
N’avez-vous pas murmuré « Play it again Sam » quand vous avez travaillé d’arrache-pied dans l’ombre puis à la Star Academy pour gagner votre place au soleil.
Ne vous-êtes pas souvenu de la détermination d’Ingrid Bergman exilée à Hollywood quand vous êtes devenue pour la majorité des Français la petite Aïcha rêvant d’échapper à sa cité pour conquérir la ville Lumière.
Vous n’avez ni oublié vos racines orientales ni vos aspirations à la gloire quand vous avez incarné la reine Cléopâtre au palais des sports.
Et tout s’est retrouvé d’un coup d’un seul dans la comédie musicale Chicago, l’un des sommets du genre, où vous avez pu faire résonner toutes les cordes de votre arc : la comédie, le drame, la danse, la musique, le cabaret, le glamour, le charme.
De Casablanca à Chicago, quel chemin parcouru, Sofia Essaidi, mais l’on peut dire comme la formule consacrée que c’est parce que vous le valez bien.

Programme :
Classiques :

https://m.youtube.com/watch?v=XMbvcp480Y4

https://m.youtube.com/watch?v=9E6b3swbnWg

Madeleines :

Léo Ferré : Avec le temps

Diana Krall : Almost Blue

Portrait :
https://www.youtube.com/watch?v=moOamKxW844

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