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Lettre à Nicholas Angelich

Le 17 avril 2019 à 22:37 par Olivier Bellamy

Cher Nicolas Angelich,
La phrase de Rilke « L’enfance est un destin » est souvent citée, mais elle semble vous convenir tout particulièrement. Car fils unique d’une mère pianiste et d’un père violoniste, vous avez quitté assez jeune le continent américain pour la vieille Europe où le choc du déracinement s’est mêlé à un retour heureux aux sources de la musique et aux racines de votre famille.
Tant de paradoxes ont présidé à la l’éclosion de votre carrière.
Vous étiez incroyablement doué, possédant des moyens stupéfiants et une profonde maturité musicale. Et pourtant cela n’a pas été si facile pour vous. Vous étiez comme l’albatros de Baudelaire que ses ailes de géant empêchent de marcher. Le succès n’a pas tout de suite été au rendez-vous. Cela tient à la singularité de votre talent, à la profondeur de votre personnalité que le monde musical a dû découvrir, et à l’intégrité de votre parcours.
Je tremble à l’idée qu’une si prodigieuse nature d’artiste aurait pu ne pas trouver le cœur du public. Car si le grand artiste renferme en lui un trésor, il porte souvent une couronne d’épines.
Heureusement, non seulement le public vous aime, mais il comprend très bien vos fragilités si humaines et si touchantes alliées à un professionnalisme sans faille.
Cette relation avec le public s’enrichit sans cesse, à tel point que vous pourriez vous chanter l’un à l’autre avec une sincère fidélité : Ma plus belle histoire c’est vous.

Programme :
Bach : Partita la mineur / Milstein : violon seul
Brahms : Sy n° 3 Bernstein

Aldo Ciccolini / Debussy 
Sarah Vaughan : April in Paris

Brahms : Intermezzo op. 118 / 2

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