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Lettre à Jacques Weber

Le 19 mars 2019 à 22:28 par Olivier Bellamy

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Cher Jacques Weber,
Dieu s’est amusé à tourner le film Amadeus. Il a donné le rôle de Mozart à Gérard Depardieu et à vous celui de Salieri.
Regardez : vous étiez l’acteur le plus doué de votre génération. Prix d’excellence au Conservatoire de Paris. La Comédie française vous accueille, vous refusez, scandale, le Théâtre populaire de Robert Hossein est à vous. Votre carrière est lancée.
C’était compter sans Dieu qu’on dit « Bon ». Bon peut-être, mais pas avec les prix d’excellence. Ça énerve le Bon Dieu, l’excellence.
Vous jouez Cyrano 500 fois, c’est le rôle de votre vie. Et à qui Jean-Paul Rappeneau donne le rôle à l’écran. Fallait-il manquer de nez ! A un ancien voyou. A un Grandgousier que Dieu a mis sur terre pour vous tourmenter. Et comme sa cruauté est sans limite, il vous donne le rôle de Guiche, pour assister au triomphe de l’imposteur dans le carré d’or. Et vous avez même eu un César. Quelle salade !
Et Monte-Cristo ! Vous parle-t-on encore de Monte-Cristo ? Non, Dieu vous a fait le coup du « Tu es monté Cristo, eh bien descends maintenant ». Et qui a-t-il mis à votre place dans le film de Josée Dayan ? Depardieu, pardi. Que vous avez surnommé « Depardiable ».
Vous avez fait ensuite Bel Ami de Maupassant. Et pour vous agacer, Dieu, toujours Lui, a soufflé à Claude Chabrol d’appeler son personnage Bellamy. Exprès pour vous rendre fou. Et qui met-il sur votre chemin, ce soir ? Un autre Bellamy, une mouche du coche, comme si l’autre cochon, ce n’était pas suffisant.
Pour vous venger, vous avez décidé de ne plus croire en Dieu. Vous appartenez au Diable et vous votez Mélenchon. Ah il a mis Mozart sur votre route, eh bien vous qui portez le nom de la femme de Mozart, Constance Weber, eh bien vous lui survivrez, vous hériterez de tout, et vous vous même paierez le luxe de réciter son panégyrique à son enterrement. La vengeance est un plat qui se mange froid. Et Monte-Cristo, ce jour-là, ce sera vous et rien que vous.

Programme :
1) quatuor à corde Beethoven n° 1
2) trio divertimento K 563 Mozart (1er mvt)

Madeleines :
1) orphelin à trente ans de Brassens par Maxime leForestier
2) île aux mimosas Barbara par Depardieu

Air du Toréador

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