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Lettre à Philippe Besson

Le 01 mars 2019 à 20:08 par Olivier Bellamy

Cher Philippe Besson,
La première que je vous ai rencontré c’était chez des amies communes, dans ce qu’on appelle avec dédain « un dîner en ville » quand on n’y est pas invité et qu’on veut se distinguer par son indépendance d’esprit.
Je n’avais pas lu de livre de vous et je n’ai pas dû vous paraître très sympathique parce que je n’étais d’accord avec vous sur rien. J’avais décidé, peut-être hâtivement, que vous incarniez ce qu’on appelait à l’époque « la bien-pensance de gauche » et je me piquais moi de représenter le réel quand je n’en ai toujours eu qu’une image assez floue et lointaine.
Votre assurance de premier de la classe, votre vivacité intellectuelle, votre style très « Paris Le Marais », tout m’agaçait en vous. A tel point que me prenait l’envie de jouer un personnage inverse de prolétaire de banlieue plutôt radical et homophobe. Moi ! Je laisse les auditeurs juges du ridicule de la situation.
Plus tard, j’ai lu un de vos livres par curiosité. Et j’ai découvert une sensibilité beaucoup plus proche de la mienne que j’aurais cru. Je devrais pourtant savoir, depuis le temps, qu’on se dispute beaucoup plus facilement avec « son frère » (sic) qu’avec un étranger. Et puis je vous ai invité dans cette émission, par curiosité, alors que vous alliez plutôt chez Claire Chazal qui me disait le plus grand bien de vous. Depuis lors j’ai cessé de vous trouver agaçant. Et ce matin, j’étais même réjoui de vous retrouver.
Peut-être que moi aussi, comme vous, j’avais connu un certain Paul Darrigrand, qu’il était entre nous, alors qu’il aurait dû nous rapprocher.

Programme
Consolation n3. Liszt.
The wings. Gustavo Santaolalla. 

The windmills of your mind. Michel Legrand. 
Puisque tu pars. Goldman.

Portrait : Quatuor avec flûte K 285 (1er mvt)

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Il y a un commentaire pour cet article :

1 Michel TAQUET, le 04 mars 2019 à 22:27 :

Très bonne attitude Olivier que d’aller au delà des a priori, des idées préconçues. Ne jamais porter un jugement avant d’avoir entendu la thèse opposée. C’es t le contradictoire dans les procès, c’est la démocratie dans les débats où chacun peut s’exprimer sans être interrompu, où l’on n’essaie pas de convaincre l’autre mais simplement l’écouter. Et puis vous savez, il y a des c…à gauche comme à droite. La connerie est ce qu’il y a de mieux réparti.
Bravo pour ce rdv quotidien.


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