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Lettre à Stéphane Lissner

Le 29 mars 2019 à 19:11 par Olivier Bellamy

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Cher Stéphane Lissner,
Le titre de la conférence que vous avez donnée au Collège de France me laisse songeur : Pourquoi l’l’opéra aujourd’hui ? Qu’on en vienne à se poser la question m’inquiète, mais qu’on prenne le temps d’y répondre dans une institution aussi prestigieuse que le Collège de France, auprès de laquelle l’opéra n’est plus une vieille dame, mais un gamin, me rassure.
Après tout, on pourrait tout aussi bien se dire : pourquoi des espaces verts en ville ? Ça prend de la place, ça coûte cher, ça enlève des places de parking, ça fait des logements en moins. Et pourquoi payer un grand architecte pour tel bâtiment et ne pas construire un bloc de bêton bien moche et pratique ?
Alors je me suis dit qu’il y a des choses dans la vie qu’il est nécessaire de remettre en question. Pas pour la forme, ou pour la com’ quand tout est décidé d’avance. Mais pour que chacun sache ou ne puisse ignorer pourquoi il se lève le matin, pourquoi il paie, pourquoi il est fier, heureux, pourquoi il va voir un spectacle après son travail, pourquoi il n’y va pas, pourquoi après tout il n ‘irait pas. Oui, toutes ces questions méritent d’être posées. Parce que rien n’est acquis pour toujours et que les grandes choses méritent qu’on se batte pour elles. Alors comme on dit dans les débats télévisés : excellente question, je vous remercie de l’avoir posée. Et de vous l’être posée.

Programme :
La maison des morts de Janacek
Pelleas et Mélisande
Tristan et Isolde  La mort d’Isolde
Et de Don Carlos  La mort de Posa

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Lettre à Christiane Rancé

Le 27 mars 2019 à 23:50 par Olivier Bellamy

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Chère Christiane Rancé,
Vous avez rencontré deux saints dans votre vie. Jean-Paul II et Mère Teresa. J’en ajouterais un autre auquel peut-être vous n’aviez pas pensé : Yehudi Menuhin. Si je vous ai bien lue, le saint n’est pas seulement un être pur, et l’on pourrait même ajouter « pas forcément », mais un être qui purifie. Alors je crois que tous ceux qui ont rencontré Yehudi Menuhin ont été purifiés par lui. Je pense aussi que Furtwängler qui était resté en Allemagne nazie a été purifié par la main tendue de Yehudi Menuhin.
Parmi tous les saints, vous avez retenu Jean-Sébastien Bach. Nul ne peut contester ce choix du Cinquième évangéliste, du père immortel de la musique. Mais avec votre permission, j’ajouterais Mozart dont la musique purifie toutes les laideurs de ce monde. J’ajouterais aussi Beethoven qui a tant souffert et qui mérite une place dans votre panthéon. Et puis Chopin qui a vécu comme un ange, et puis Schubert qui fut l’anachorète de la musique, et puis Schumann dont la folie lui a fait mériter son auréole. Tous ces musiciens nous ont tant donné que je n’ose imaginer ce que serait le monde sans eux. Je suis sûr que dès que l’on verse une larme, un nouveau saint naît sur terre. Qu’en pensez-vous ? Vous sentez-vous prête pour écrire un deuxième tome à votre livre ?

Programme :
• Bach Partita No.2 in C minor: VI. Capriccio. Par Martha Argerich.

• Bizet La romance de Nadir. Par Nikolaï Gedda.

Madeleines
Françoise Hardy : A Vannes
Yves Montand : A bicyclette

Portrait : Lassus « Les Larmes de Saint-Pierre »

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Lettre à Roselyne Bachelot

Le 27 mars 2019 à 23:48 par Olivier Bellamy

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Chère Roselyne Bachelot,
Etre dans un groupe de bonnets rouges en Bretagne ou de gilets jaunes à Toulouse, ce n’est pas très extraordinaire. Défendre les migrants à Clermont-Ferrand et s’en défendre à Calais, c’est compréhensible. S’inquiéter des marées noires à Brest ou de la disparition des abeilles à Grasse, sauvegarder les châteaux dans la Loire ou promouvoir le vin dans le bordelais ne témoigne ni d’une originalité foncière ni d’un courage démentiel.
Mais avoir défendu le mariage homosexuel ainsi que l’adoption par les couples de même sexe quand on était députée du Maine et Loire sous étiquette RPR face à des collègues pour le moins hostiles, avoir été féministe au pays des machos, et chanter l’opéra en conseil des minitres, voilà une attitude qui vous a valu à juste titre l’admiration de vos adversaires politiques et qui a fait dire ici ou là : « Roselyne, elle en a ! »
Certains se sont demandés pourquoi vous n’étiez pas de gauche, d’autres pourquoi vous portiez des tailleurs rose bonbon et pas des treillis militaires et une casquette sur des cheveux rasés.
Ça s’appelle penser librement, ne pas se définir en fonction du troupeau ou d’un cliché, mais de sa conscience et de sa sensibilité. C’est en vertu de ce principe que certains de nos concitoyens ont su dire non aux heures sombres de notre pays. Alors, chère Roselyne, comme disent les jeunes : respect !

Programme :
Pour les madeleines :
Kerfank 1870 par Tri Yann et
Vainement ma bien aimée Le roi d’Ys Lalo

Pour 2 titres :
la Servante maîtresse de Pergolese  Stizosso mio stizosso et
un Américain à Paris de Gerschwin la première partie avec les Klaxons

Bizet : « Oui, c’est elle, c’est la déesse… »

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Lettre à Martin Hirsch

Le 26 mars 2019 à 11:28 par Olivier Bellamy

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Cher Martin Hirsch,
Nos aînés ont dû parfois se battre contre les bondieuseries qui sont souvent le contraire de la vraie foi du charbonnier.
Faut-il se battre aujourd’hui contre les « bourdieuseries » qui seraient la pensée dénaturée du sociologue Bourdieu.
L’un de ses disciples vous a traité de « criminel », vous dont la vie et l’engagement peuvent se résumer à la lutte contre la pauvreté, l’exclusion et la maladie.
Faut-il que nous soyons tombés sur la tête ? Faut-il que les mots n’aient plus de sens ? « Criminel », et tous ces mots excessifs et délirants (comme on traite aujourd’hui le président de la République de « facho ») n’ajoute-t-il pas au malheur au monde » comme dirait Camus ?
Si vous êtes un criminel, Martin Hirsch, l’abbé Pierre serait-il un nazi ? Mère Theresa, une Marie Besnard ? Et tous ceux qui travaillent dans des associations, quand d’autres cassent des vitrines, seraient-ils des bandits de grand chemin ?
À cette injure dont votre honneur a souffert, d’autres auraient peut-être répondu par le silence ou par un tweet assassin comme on dit (quitte à passer pour un criminel…). Vous avez décidé de répondre, non pas avec hauteur, mais par le haut, ce qui est très différent. Par un livre qui mêle humour, réflexion et information. Tant qu’on répondra aux injures par des livres, notre civilisation n’est pas près de s’éteindre.

Programme :
Madeleines :
- chant des oiseaux Pablo Casals
- quatuor grande fugue de Beethoven

Classiques :
- António caldara Magdalena aux pieds du christ . L’air « pompe inutile »
- janacek sur un sentier broussailleux

Mystère : Félix Leclerc « 1 000 Façons de tuer un homme »

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Lettre à Dai Sijie

Le 25 mars 2019 à 12:47 par Olivier Bellamy

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Cher Dai Sijie,
La première fois que nous avons entendu parler de vous, c’est grâce à votre premier film « Chine ma douleur » qui racontait l’histoire d’un petit garçon dans un camp de rééducation pendant la Révolution culturelle. Ce film avait obtenu le prix Jean-Vigo.
Vous avez vous-même grandi pendant quatre ans dans un de ces camps, car vous étiez fils de médecins, cultivés donc ennemis du peuple. Expérience qui vous a également fourni la matière d’un livre magnifique qui est devenu un succès mondial, puis un film que vous avez tourné : Balzac et la petite tailleuse chinoise.
Vous avez également remporté le Prix Femina avec « Le complexe de Di » qui racontait l’histoire du premier psychanalyste chinois.
Et voici que paraît chez Gallimard L’Evangile selon Yong Sheng. Une fresque historique et poétique, racontée avec un souffle extraordinaire, qui retrace l’histoire d’un des premiers pasteurs chrétiens en Chine dont le destin bascule au moment de l’avènement de Mao Zedong.
Cette histoire, c’est celle de votre grand-père et vous la portiez depuis très longtemps en vous. Le livre est déjà salué comme un chef-d’œuvre. Pour Bernard Pivot, c’est le véritable événement de l’année, bien plus que le dernier Houellebecq.
Cher Dai Sijie, je suis très heureux de vous recevoir dans notre humble demeure. Que les pigeons qui volent sur les toits de Paris accueillent les colombes qui sifflent dans votre beau roman.

Programme :
A. Deux classiques: 1. J. S. Bach “St Matthew Passion” No51 Aria: Gebt mir meinenJesum wieder
Version: Karl Richter
2. Mozart: Piano Concerto no25,  K503, le 2ème mouvement ,
Piano: Arturo Benedetti Michelangeli
NDR-Sinfonieorchestre, Cord Garben

B. Deux madeleines:  1.  Un air chinois “J’errai à Sichuan “
( cd, bande originale du film “Balzac et la petite tailleuse chinoise “,
Le 15 eme titre)
2. Une chanson interdite pendant la Révolution culturelle: ” Il est revenu
Le temps du muguet”, version chinoise.
( celle-ci est difficile, sinon , impossible de trouver en France. Mais je
l’apport ai avec moi).

Portrait : Ray Ventura : Les Trois Mandarins

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Lettre à David Foenkinos

Le 25 mars 2019 à 12:45 par Olivier Bellamy

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Cher David Foenkinos,
Aujourd’hui les parents ne rêvent que d’offrir le meilleur à leurs enfants. Les meilleures écoles, une nourriture équilibrée, un environnement peu pollué et des loisirs : du sport, de la musique, de la danse, et puis un ordinateur, un téléphone portable, des jouets. Rien n’est assez beau pour ces petits chérubins.
En fait, ce qu’on peut souhaiter de mieux à un enfant, c’est d’avoir la chance d’être à l’hôpital durant une période suffisante pour qu’une vraie passion naisse afin d’enrayer l’ennui.
C’est ce qui vous est arrivé. Alité à seize ans pendant plusieurs mois à cause d’une maladie rare, vous avez contracté un virus bien plus terrible, celui de la lecture, qui a changé votre vie. L’ennui c’est que vous avez aussi succombé à la maladie de la musique qui vous a atteint d’une telle façon qu’il a failli vous pousser dans les salles de concert plutôt que dans les librairies.
Vous pensiez peut-être être à l’abri des maladies en venant à Radio Classique. J’ai le regret de vous dire que nous allons échanger joyeusement tous nos virus et subir de violentes rechutes d’envies de lire, d’écouter de la musique, d’aller au cinéma. Comme disent les jeunes : ça va être mortel !

Programme :
Les madeleines :         ” Hong Kong Star”     France Gall
” Desert”                     Emilie Simon

En classique :              “la jeune fille et la mort ”                   Schubert
“Prélude à l’après midi d’un faune”   Debussy.

Portrait : Janequin : Le chant des oiseaux

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Lettre à Laurent Bayle

Le 21 mars 2019 à 00:01 par Olivier Bellamy

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Cher Laurent Bayle,
Ça me fait tout bizarre de vous écrire, car nous nous connaissons bien, et si nous avons quelque chose à nous dire nous pouvons nous le dire en face. Mais une lettre est un aussi un moyen de communication à ne pas négliger, car il permet d’officialiser une parole et de dire quelque chose qu’on ne dirait pas autrement.
Alors permettez-moi de vous dire, cher Laurent Bayle, que vous m’épatez dans votre manière d’exercer le pouvoir. Votre pouvoir est grand, mais il est légitime car ce qui compte pour vous c’est d’agir pour le bien de l’institution dont vous avez la charge. Vous ne donnez ni l’impression de prendre une revanche ni de porter un poids. Vous exercez ce pouvoir naturellement, avec intelligence, sans faiblesse, comme si les choses allaient de soi. Vous avez le respect de vos équipes et de vos interlocuteurs.
J’ai l’impression que vous avez réglé le problème de l’ego. Il en faut pour avoir une vision, mais sans qu’il s’insinue entre votre mission et vous. Vous savez prendre des décisions, écouter vos interlocuteurs, sans cesser d’avancer. Et l’on peut parler à cœur ouvert avec vous sans crainte d’être jugé ou trahi.
Mais l’essentiel, c’est que grâce à vous, un rêve est devenu réalité. La Philharmonie de Paris est une réussite mondiale et un trésor pour chaque Français.
La vie musicale a de la chance de vous avoir. Vous êtes une sorte d’éclaireur et je pense que c’est cela que Pierre Boulez a senti en vous. Là où il est, il doit être fier de vous.

Programme :
Les classiques
1/ Mahler
Symphonie n°3 - Los Angeles Philharmonic dirigé par Esa-Pekka Salonen (Sony)

2/ Beethoven
Symphonie n° 3 - Gewandhauorchester Leipzig dirigé par Riccardo Chailly (Decca)

Les madeleines
1/ West Eastern Divan Orchestra dirigé par Daniel Berenboim > Un extrait à déterminer sur place (DG)

2/ Varèse
Arcana ou Amériques - New York Philharmonic dirigé par Pierre Boulez (Sony)

Portrait : Sonate n° 62 (1er mvt) au piano (Brendel)

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Cher Jérôme Bastianelli,
Je vous suis infiniment reconnaissante d’avoir réhabilité la mémoire de mon père Georges Vinteuil, connu pour avoir inspiré Marcel Proust par sa célèbre sonate. J’ai lu si souvent, et sous la plume de personnes apparemment très informées, qu’il avait été influencé par César Franck, Gabriel Fauré, Camille Saint-Saëns ou même Schubert ou Wagner que je suis heureuse que vous ayez enfin rétabli la vérité, à savoir que ce sont Franck, Fauré et Saint-Saëns qui se sont inspirés de la musique de mon père. Cela crève les yeux, si j’ose dire, quand on a un peu d’oreille, mais il faut croire que notre pays est aveugle et sourd dès qu’il s’agit de musique.
J’ai trouvé brillant que vous attribuiez à Tchaïkovski une paternité sur la sonate. Mon père a bien assisté à une représentation du Lac des cygnes qui l’a enthousiasmé. Quant à savoir si cette émotion a influé sur la sonate, vous êtes peut-être vous-même trop marqué par votre livre sur Tchaïkovski. On a tendance à être musico-centré et c’est humain. La vérité sur la petite phrase, je vais vous la dire et vous allez être la première personne au monde à le savoir. Mon père, dont vous connaissez l’adoration qu’il avait pour ma personne, m’avait demandé d’improviser quelque chose sur le piano. Ce que j’ai fait n’était pas bien fameux, mais son amour pour moi a tout transformé et fait naître ce thème qui a fait couler tant d’encre.
Voilà, cher ami, faites ce que vous voudrez de cette confidence, révélez-la au monde ou gardez-la pour vous. Vous avez toute ma confiance.
Albertine Vinteuil
PS (Pauline est un pseudonyme que j’avais utilisé pour les Mémoires de mon père. Je livre le cadeau de mon véritable prénom au président des Amis de Marcel Proust avec amitié et gratitude.

Programme :
Bach, concerto pour deux violons, mouvement lent (si possible dans l’interprétation Stern/Perlman)

Haydn, Symphonie n° 6, le matin, finale (si possible dans l’interprétation d’Antal Dorati)

- les musiques que j’aime :

N’importe quel extrait du Lac des Cygnes, par exemple l’adage du 2e acte ou le finale du 4e acte ;

La cinquième danse des Chansons et danses de Federico Mompou (ou la cinquième “chanson et danse” si on a le temps de garder les deux). Par exemple par Mompou lui-même, ou par Jordi Maso.

Portrait : Sonate de Franck (1er mvt) Ferras/Barbizet

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Lettre à Jacques Weber

Le 19 mars 2019 à 22:28 par Olivier Bellamy

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Cher Jacques Weber,
Dieu s’est amusé à tourner le film Amadeus. Il a donné le rôle de Mozart à Gérard Depardieu et à vous celui de Salieri.
Regardez : vous étiez l’acteur le plus doué de votre génération. Prix d’excellence au Conservatoire de Paris. La Comédie française vous accueille, vous refusez, scandale, le Théâtre populaire de Robert Hossein est à vous. Votre carrière est lancée.
C’était compter sans Dieu qu’on dit « Bon ». Bon peut-être, mais pas avec les prix d’excellence. Ça énerve le Bon Dieu, l’excellence.
Vous jouez Cyrano 500 fois, c’est le rôle de votre vie. Et à qui Jean-Paul Rappeneau donne le rôle à l’écran. Fallait-il manquer de nez ! A un ancien voyou. A un Grandgousier que Dieu a mis sur terre pour vous tourmenter. Et comme sa cruauté est sans limite, il vous donne le rôle de Guiche, pour assister au triomphe de l’imposteur dans le carré d’or. Et vous avez même eu un César. Quelle salade !
Et Monte-Cristo ! Vous parle-t-on encore de Monte-Cristo ? Non, Dieu vous a fait le coup du « Tu es monté Cristo, eh bien descends maintenant ». Et qui a-t-il mis à votre place dans le film de Josée Dayan ? Depardieu, pardi. Que vous avez surnommé « Depardiable ».
Vous avez fait ensuite Bel Ami de Maupassant. Et pour vous agacer, Dieu, toujours Lui, a soufflé à Claude Chabrol d’appeler son personnage Bellamy. Exprès pour vous rendre fou. Et qui met-il sur votre chemin, ce soir ? Un autre Bellamy, une mouche du coche, comme si l’autre cochon, ce n’était pas suffisant.
Pour vous venger, vous avez décidé de ne plus croire en Dieu. Vous appartenez au Diable et vous votez Mélenchon. Ah il a mis Mozart sur votre route, eh bien vous qui portez le nom de la femme de Mozart, Constance Weber, eh bien vous lui survivrez, vous hériterez de tout, et vous vous même paierez le luxe de réciter son panégyrique à son enterrement. La vengeance est un plat qui se mange froid. Et Monte-Cristo, ce jour-là, ce sera vous et rien que vous.

Programme :
1) quatuor à corde Beethoven n° 1
2) trio divertimento K 563 Mozart (1er mvt)

Madeleines :
1) orphelin à trente ans de Brassens par Maxime leForestier
2) île aux mimosas Barbara par Depardieu

Air du Toréador

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Lettre à Alex Vizorek

Le 15 mars 2019 à 23:21 par Olivier Bellamy

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Cher Alex Vizorek,
Pardonnez la liberté que je prends de vous écrire, alors que je ne sais pas parler le belge. Déjà que les Français ont une réputation d’arrogance, et que votre susceptibilité est très chatouilleuse, à juste titre, je tremble à l’idée que vous pensiez, en votre for intérieur : « Il aurait quand même pu faire l’effort d’apprendre le belge. » Je reconnais, c’est très mal élevé. Je ne sais que fumer du belge, mais je n’ai pas appris la langue. C’était en option à l’école. Et j’ai préféré apprendre le suisse. Honte à moi.
Je ne sais dire que : « encore des frites, une fois », mais sans l’accent, je ne suis pas sûr que vous me compreniez. Je dirais même plus, que vous me compreniez. Je connais aussi une contrepèterie belge : « Il fait beau et chaud », mais la traduction n’est pas bonne.
Alors je sens que cette lettre va vite tourner court. Mais pour ne pas ajouter l’impolitesse à l’arrogance, je vais quand même vous écrire une lettre…
La lettre A.
A comme Alex, A comme Art, parce que je sais que vous en connaissez un rayon, et puis A parce que c’est une lettre qui ressemble à la tour Eiffel, et si on ne fait un peu d’ethno-centrisme, vous allez être déçu. Vous allez penser que nous sommes devenus gentils, les Français, modestes, et presque fréquentables. Et du coup, qu’est-ce que vous allez bien pouvoir dire sur nous.
Pour vous venger d’être né dans un pays où les enfants apprennent la couleur bleue en regardant un ciel gris, un pays où on leur dit qu’une pipe n’est pas une pipe, et que si les Français viennent s’installer chez vous à cause de la qualité de vie.
Et puis je vais arrêter d’essayer d’être drôle, parce que vous êtes en train de vous dire : pour supporter une vie de m…, nous n’avons que l’humour, et même ça ils essaient de nous le piquer. Alors promis, j’arrête.

Programme :
Classique :
Pierre et le Loup Prokofiev
Suites de Bach au violoncelle

Madeleines
Vincent Delerm L’heure du thé
Hervé Vilard Nous

Hoffnung : Surprise Haydn

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ombre