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Lettre à Idil Biret

Le 26 février 2019 à 19:38 par Olivier Bellamy

Chère Idil Biret,
Dès qu’un grand talent musical vient au monde, on se dit immédiatement : voici un nouveau Mozart. David Oïstrakh aimait dire en souriant : je n’ai jamais croisé Mozart, mais j’ai rencontré beaucoup de parents de petits Mozart.
Quoi qu’il en soit, lorsque vous êtes arrivée à Paris à l’âge de 7 ans, les plus hautes autorités ont décrété que vous étiez un génie musical. Lazare Lévy, Lucette Descaves, Alfred Cortot et Nadia Boulanger dont vous êtes devenue l’élève préférée. Ainsi vous aviez une deuxième mère.
Il vous fallait un deuxième père, ce fut Wilhelm Kempff qui vous prit sous son aile d’aigle royal et que vous avez accompagné, à 11 ans, dans le Concerto pour deux pianos de Mozart au Théâtre des Champs-Elysées. Peut-on imaginer une scène aussi touchante.
Le moins qu’on puisse dire, Idil Biret, c’est que vous avez tenu vos promesses en jouant sur tous les continents et en enregistrant tout Chopin, tout Rachmaninov, tout Brahms, les 32 sonates de Beethoven, Ligeti ou les trois sonates de Boulez.
On ne sait si l’expression « nouveau Mozart » est appropriée pour parler d’un enfant surdoué, mais on peut imaginer que Mozart vous a rendu un bel hommage par anticipation avec sa « Marche turque ». Et je me demande même si Richard Wagner n’a pas aussi pensé secrètement à vous au moment il a offert à Cosima sa fameuse « Siegfried Idyll ».
Alors chère Idil Biret, continuer longtemps à nous étonner.

Programme :
Brahms : Concerto n° 2
Couperin : Tic Toc Choc
Chopin : Mazurka n° 41
Brahms/Biret : Sy n° 3
Stravinsky : Danse russe

Scriabine Etude
Menuet de Haendel

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