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Lettre à Anne Queffélec

Le 14 février 2019 à 20:33 par Olivier Bellamy

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Chère Anne Queffélec,
Quand on est enfant, cinquante ans, ça paraît très vieux. Et pourtant, à vous entendre, c’est tout le contraire.
C’est aujourd’hui qui souffre de rhumatismes alors que votre art est si jeune. Votre jeu n’a rien perdu de sa fraîcheur et de cet élan vital qui ne courbe jamais devant le poids des accords. Vous avez toujours su vous tenir droite, résistant au fléchissement des valeurs de notes, servant la musique telle une abeille qui pollinise les fleurs de son jardin.
Question de discipline, mais pas militaire. Nulle raideur sous le soleil des grands textes. C’est une discipline de l’âme qui chaque matin marche vers la fontaine pour se plonger dans l’eau la plus claire.
Et quand vous êtes à votre piano, vous demeurez l’enfant sérieuse et passionnée, prête à écouter les histoires que vont lui raconter ses doigts et à suivre les sons de ce grand bateau à voile noire.
Et lorsqu’on vous demande, comme peut-être, par jeu, vous demandait votre frère, autrefois : « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » gageons que vous répondiez encore, les yeux écarquillés : « Hélas, je ne vois que Mozart qui verdoie et Schumann qui poudroie. »
Et dans ce mot « hélas », dit d’une voix vivace, une joie si profonde qu’elle rajeunit le monde.

Programme :

-l’air de Papageno “Der Vogelfänger bin ich ja”avec Fischer Dieskäu,

Sonate de Liszt (début) par Alfred Brendel
Madeleines
l’air de Carmen “Près des remparts de Séville…” chanté par Régine Crespin avec Lombard à la baguette,car j’avais assisté à l’enregistrement de l’opéra de Bizet,à Strasbourg,et air chanté par ma mère.

1 pièce jazz Impro de Martial Solal

Portrait
Sonate de Scarlatti K 27 par A. Queffélec

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