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Lettre à Cécile Pivot

Le 05 février 2019 à 01:33 par Olivier Bellamy

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Chère Cécile Pivot,
Quand on est la fille d’Apostrophes et qu’on ne s’appelle pas Virgule de Guillemet, que faut-il faire pour être digne de son père ?
D’abord ne pas trop regarder la télévision, ce qui est un comble dans un sens, mais tout est question de mesure. Le poison, c’est la dose, disaient les Anciens.
Ensuite il faut lire. C’est la base. Lire, non par obligation, par devoir, ou comme on fait ses leçons, mais lire passionnément, avec ivresse, avec tendresse, avec qui l’on veut, mais lire.
Ensuite, il ne faut pas trop faire de fautes à sa dictée. Sinon évidemment ça la fiche mal. Enfin il y a faute et faute. Si vous écrivez : « J’ai mangé » : er, c’est rédhibitoire (attention à la place du « h » dans ce mot, ne déterrez pas le « h » de guerre). Mais si vous écrivez « écrivain » VIN au lieu de VAIN, ce n’est pas trop grave, à condition d’ajouter « écrivain de Bourgogne » et non « écrivain de Loire » qui sonne moins bien.
Justement, le sommet quand on est fille d’Apostrophes, c’est de devenir écrivain. « Pas mieux ! » comme disent les joueurs de poker. Et encore, tout le monde écrit un livre aujourd’hui. Non, le paradis, le Walhalla, c’est d’être romancière. Ah, le roman qui est à la littérature ce que la symphonie est à la musique. Entrer soudain dans le salon de Balzac, être assise à la droite de Stendhal, tutoyer Proust. Quelle fierté pour son papa. Après on peut tout faire : se marier avec le diable, divorcer pour le bon dieu, voler, aller en prison. Tout ça n’est que roupie de sansonnet. On peut tout quand on est romancier chez les Pivot. La seule chose qui est interdite, qui vous vaudra l’abdication immédiate, la répudiation sans recours et le dernier cercle de l’Enfer de Dante, c’est d’entrer à l’Académie française. Même par un Goncourt de circonstances.

Programme

CLASSIQUES
- concerto brandebourgeois n. 5 en ré majeur, Allegro, Bach.
- Thaïs, acte II, Méditation, Massenet.
- MADELEINES
- À peine de Barbara
- Chi Mai,  from Maddalena, Ennio Morricone .
- Deborah’s Theme from Once Upon à Time in America, Yo-Yo Ma plays Ennio Morricone.

Générique Peau d’Ane, Michel Legrand.

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