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Lettre à André Dussollier

Le 02 février 2019 à 10:21 par Olivier Bellamy

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Cher André Dussollier,
La première fois que je vous ai vu, vous portiez un violoncelle. C’était dans un film de Nina Companeez. Mais dans votre voix, on entend plutôt un alto. Disons que le violoncelle, c’était Philippe Noiret, le violon Gérard Philipe, vous êtes juste entre les deux. Et aussi juste que ces deux.
Dans Un cœur en hiver de Claude Sautet, vous auriez pu fabriquer tous ces instruments, puisque vous incarniez un luthier. D’ailleurs, c’est un métier qui vous va bien, luthier. Il y a la précision, la sensibilité. Artisan et inquiet. Sûr de son métier et intranquille. La passion aussi, mais feutrée, sans excès.
Comme dans votre nom. Dussollier. On sent l’élégance, la distinction, et quelque chose d’instable aussi. Il vous a fallu du temps, j’imagine, pour arriver à être banal, ce qu’on demande aux acteurs d’aujourd’hui, parce que vous dégagez quelque chose d’original. De discrètement original. Quelqu’un voudrait se fondre dans la foule, mais qui n’y arriverait pas. Un aristocrate qui voudrait se mêler au peuple, sans y parvenir tout à fait.
Si vous étiez un instrument de l’orchestre, je pense que vous seriez un cor anglais. C’est à dire un hautbois, mais en plus velouté. Pas loin d’une une clarinette, en plus acidulé. Un peu pincé dans le sourire, mais pas nasillard.
Si vous étiez un vin, plutôt un bourgogne. Spirituel, sur le fruit. Gouleyant, avec du mystère. Alors bienvenue, et comme on dit : “bonne dégustation”.

Programme :
Mes 2 choix classiques:
1/ concerto pour piano numéro 23 de Mozart
2/ Variations Énigma- adagio(nimrod) de Edward Elgar

Et Mes 2 madeleines :
1/ Adagio de Samuel Barber
2/prélude de Bach en jazz par Jacques Loussier

Ravel : Laideronette impératrice des pagodes (orchestre) PORTRAIT

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