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Lettre à Geneviève Brisac

Le 27 février 2019 à 23:47 par Olivier Bellamy

Chère Geneviève Brisac
Vous êtes un maître des mots, mais je pense qu’en l’occurrence, et sans obéissance à quelque injonction que ce soit, il serait plus juste de dire que vous êtes leur maîtresse.
Non dans l’acception scolaire du terme, car vous n’avez rien d’une maîtresse d’école armée d’un stylo rouge, mais dans le sens d’une amante qui respire une rose de son jardin. Mais une rose qui serait croisée avec d’autres fleurs sauvages sans rien perdre de sa noblesse.
Les mots sont chargés de sens. Ils transportent avec eux l’âme des écrivains qui les ont aimés et honorés avant vous.
Les notes sont différentes. Un do est un do. Il n’y a rien de plus bête qu’un do. On dit « bête comme ses pieds », on devrait dire « bête comme son do ».
Un sol reste un sol. Tout seul, un sol a peu de chance de rejoindre le ciel.
Les notes ont besoin d’autres notes pour vivre. Un fa a l’air vraiment fat, mais si vous lui adjoignez un la, voilà que vous êtes touché, là.
Parfois les mots et les notes se retrouvent. Les « si » que l’on met en bouteille peuvent chanter dans les verres, surtout si c’est un poète qui les dit ces vers.
Mais je dis « sévère » et je vous vois sourire. Je dis « c’est vert » et je me sens rougir. Les mots sont bien aussi coquins que les notes.
Ce qui est sûr, c’est que, amante des mots ou amoureuse des lettres, vous en êtes l’amie. Et la mi, c’est le début d’une symphonie.

Programme :
Orfeo ed Euridice  de  Gluck
Concerto pour flüte et harpe in C major , K 29, andantino, de  Mozart.

 Deux ou trois petites madeleines :

Ne me quitte pas de   Nina Simone
Here is to you Nicola and Bart  de Joan Baez

Portrait
Bruch : Romance pour alto et orchestra / Caussé (début)

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Lettre à Idil Biret

Le 26 février 2019 à 19:38 par Olivier Bellamy

Chère Idil Biret,
Dès qu’un grand talent musical vient au monde, on se dit immédiatement : voici un nouveau Mozart. David Oïstrakh aimait dire en souriant : je n’ai jamais croisé Mozart, mais j’ai rencontré beaucoup de parents de petits Mozart.
Quoi qu’il en soit, lorsque vous êtes arrivée à Paris à l’âge de 7 ans, les plus hautes autorités ont décrété que vous étiez un génie musical. Lazare Lévy, Lucette Descaves, Alfred Cortot et Nadia Boulanger dont vous êtes devenue l’élève préférée. Ainsi vous aviez une deuxième mère.
Il vous fallait un deuxième père, ce fut Wilhelm Kempff qui vous prit sous son aile d’aigle royal et que vous avez accompagné, à 11 ans, dans le Concerto pour deux pianos de Mozart au Théâtre des Champs-Elysées. Peut-on imaginer une scène aussi touchante.
Le moins qu’on puisse dire, Idil Biret, c’est que vous avez tenu vos promesses en jouant sur tous les continents et en enregistrant tout Chopin, tout Rachmaninov, tout Brahms, les 32 sonates de Beethoven, Ligeti ou les trois sonates de Boulez.
On ne sait si l’expression « nouveau Mozart » est appropriée pour parler d’un enfant surdoué, mais on peut imaginer que Mozart vous a rendu un bel hommage par anticipation avec sa « Marche turque ». Et je me demande même si Richard Wagner n’a pas aussi pensé secrètement à vous au moment il a offert à Cosima sa fameuse « Siegfried Idyll ».
Alors chère Idil Biret, continuer longtemps à nous étonner.

Programme :
Brahms : Concerto n° 2
Couperin : Tic Toc Choc
Chopin : Mazurka n° 41
Brahms/Biret : Sy n° 3
Stravinsky : Danse russe

Scriabine Etude
Menuet de Haendel

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Lettre à Olivier Merle

Le 26 février 2019 à 19:25 par Olivier Bellamy

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Cher Olivier Merle,
Vous êtes vulcanologue et naturellement vous êtes le fils de Vulcain, autant que d’un écrivain ?
Mais vous avez découvert peu à peu qu’il existait des menaces plus fortes que le cratère du Vésuve, des dangers plus mortels que les pents du Mont Fuji, des feux plus ardents que ceux du Piton de la Fournaise. Ce sont les passions humaines qui embrase l’existence des plus humbles aux plus puissants d’entre nous.
Cet ébranlement de l’âme qui échappe à la raison et se nourrit d’imagination vous fascine à peu près autant que l’éruption du magma fumant et rougeoyant.
Et vous êtes à bonne école, car fils de l’auteur de « La mort est mon métier » vous avez eu l’exemple d’un homme dont le métier était la vie.
Alors vous, de ces deux maîtresses, la littérature et l’étude des plaques tectoniques, laquelle est la plus exigeante, la plus jalouse, celle qui vous procure les plus doux plaisirs ?
Après tout, vous êtes libre d’aimer qui vous voulez. Mais souffrez que l’on vous dise qu’en matière de chaînes qui torturent et emprisonnent mieux vaut encore la chaîne des Puys de vos chers et bienveillants volcans d’Auvergne.

Programme :
Classique
3. Stabat Mater de Vivaldi (1er mouvement) chanté par James Bowman
4. Ô Solitude de Purcell chanté par Alfred Deller.

Les “Madeleines”
1. Bécassine par Georges Brassens.
2. Le soir venu - Les héritiers dans Musiques traditionnelles en Auvergne : la musique du paysage - Editeur : AMT

L’Orage (Symphonie pastorale de Beethoven)

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Lettre à Tugan Sokhiev

Le 23 février 2019 à 15:16 par Olivier Bellamy

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Saint-Pétersbourg, 1881

Cher Tugan Sokhiev

Je vous écris, quoi d’autre à dire ? J’ai tout dit si vous écris. Au début, j’ai voulu me taire…
Ah les mots ! Jamais ils ne parviennent à dire ce qu’on a sur le cœur. Tandis que la musique. Celle qui glisse entre vos doigts, celle qui embrase vos musiciens, et qui fait pleurer le cœur du public, elle dit tout. Et bien plus profondément que je ne saurais le faire.
Voulez-vous savoir ? J’aurais dû aimer Lenski et pas Onéguine. Mais j’étais romanesque, il était poète, nous étions trop assortis. La vie ne marche pas comme ça. Et puis j’étais si jeune.
Dans ce pays, vous semblez un exilé. Et pourtant on vous sent chez vous. C’est qu’un musicien est toujours un prince dans une ville où la musique est reine. Et il y a de l’amour autour de vous. On sent que si vous voir est une fête, vous entendre nous fait toucher le ciel. Là où justement je suis, et où votre musique m’a touché. Ah, si vous pouviez comprendre mon triste destin, mais vous êtes russe, vous savez cela…
Il faut que je vous quitte. Pour rejoindre mes deux papas. Oui, vous savez : Pouchkine et Tchaïkovski. Ils vous aiment beaucoup. Tchaïkovski surtout. Il ne rate pas un de vos concerts. Il vous est reconnaissant d’avoir compris toutes les subtilités de sa musique et de la rendre avec… comment dit-il déjà, oui : avec « grâce », voilà, c’est le mot.
Vous qui gardez un cœur qui bat, j’espère que vous ne m’en voudrez pas. Je serai avec vous ce soir. Comme tous les soirs.
Tatiana

(NB Tatiana est l’héroïne de l’opéra Eugène Oneguine de Tchaïkovski. Son air de la lettre dont s’inspire modestement ce texte est l’un des sommets de l’opéra russe)

Programme :
Jardin féerique de Ravel
5ème symphonie de Tchaïkovski (finale)

Madeleines :
Pierre et le Loup
l’ouverture des Noces de Figaro.

Fee dragee

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Lettre à Véronique Ovaldé

Le 22 février 2019 à 09:58 par Olivier Bellamy

Chère Véronique Ovaldé,
« Personne n’a peur des gens qui sourient » dites-vous.
Si, moi. J’ai très peur des gens qui sourient. J’ai toujours peur qu’ils en sachent plus que moi sur la vie. Et j’ai aussi peur qu’ils en sachent un peu trop sur moi, si vous voulez tout savoir.
Et puis il y a sourire et sourire. D’ailleurs sourire, ce ne serait pas en-dessous du rire ? Donc un rire par en-dessous. Et ça ne vous fait pas peur ça ? Moi si.
Et le sourire du chat de Cheschire dans Alice au pays des merveilles ? Il ne vous a jamais effrayé ? Surtout quand le visage du chat disparaît et qu’il ne reste plus que le sourire.
Et le sourire de l’ange de la cathédrale de Reims ? Vous croyez que ça l’a protégé des bombardements de sourire ? Et puis sourire pendant la guerre, excusez-moi, mais il n’y avait vraiment pas de quoi !
Et Sœur Sourire ? Vous vous souvenez de Sœur Sourire ? Eh bien, elle s’est suicidé ! Ah, ça lui a servi de sourire.
Et le sourire de l’écrivain qui joue avec nos nerfs, et qui semble dire : « Vous ne savez pas jusqu’où je peux vous emmener pour vous faire peur ». Mais voilà que je vous ai fait sourire. Eh bien continuez ! C’est si bon d’avoir peur en votre compagnie.

Programme :
Classiques :
Sarabande Bach (suite pour orchestre n°3)
Gymnopédie 1 de Satie
 
Madeleines
Générique de La Pierre blanche (feuilleton suédois pour enfants)
Bella Ciao

Le rappel des oiseaux (Rameau) Scott Ross

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Lettre à Michel de Grèce

Le 21 février 2019 à 01:07 par Olivier Bellamy

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Delphes, le …

Monseigneur, cher prince, Mihail
Je vous remercie de m’avoir envoyé votre livre qui m’a beaucoup intéressé. Après tout, les histoires des rois ressemblent à celles des dieux, les splendeurs succèdent aux malheurs, et il faut bien faire avec en essayant de s’ennuyer le moins possible.
Votre attachement à la Grèce me touche, même si, ayant lu Homère, vous savez que je me suis rangé du côté des Troyens, mais comme vous savez, on ne décide pas de tout. Le hasard de la vie est notre talon d’Achille, si j’ose dire.
Vous avez une femme artiste, vous aimez les arts, ça me plaît car j’en suis un peu le saint patron si vous me passez cet anachronisme. Mon fils Orphée a beaucoup fréquenté Maria Callas dont vous parlez très bien. Elle était plutôt du côté de mon rival Dionysos, mais Bellini, qu’elle a chanté, m’est toujours resté fidèle.
Au fond, vous avez eu une belle vie. Et comme la beauté entre dans mes attributions, nous sommes un peu cousins.
Encore bravo pour votre livre où je n’ai trouvé qu’une erreur : mon serviteur Challiapine était basse et non ténor. Une peccadille qui ne vous vaudra pas les oreilles d’âne dont j’ai déjà affublé Midas, mais votre talent de conteur mérite une couronne de laurier. Ça ne vaut pas de l’or, mais ça ne mange pas de pain, comme dit ma sœur Artémis. Quand vous passez à Delphes, n’hésitez pas à venir me dire un petit bonjour. Et puis j’arrête là pour rester fidèle à ma devise : « Rien de trop ». Meilleurs sentiments.
Apollon

Musique classique :
Hummel concerto pour trompette
Maria Callas dans I Pirata de Bellini

 Madeleines
Musique de Hatzidakis chanté par Nana Mouskouri
Musique de Xarhakos

Theodorakis

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Lettre à Lambert Wilson

Le 19 février 2019 à 07:39 par Olivier Bellamy

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Cher Lambert Wilson,
Je vous ai vu hier et si j’étais Philinte
Je dirais que m’éclaire un grand bonheur sans feinte.
Mais pardonnez si j’ai, ce soir, l’âme d’Alceste
Obligé d’avouer d’avoir vécu la peste.
D’abord je vous voyais dans un accoutrement
Et j’ai été touché de votre sentiment.
J’ai tremblé, j’ai souffert pour vous cent mille maux
Avant de découvrir que tout çà était faux.
Comment parler si franc et sans aucune gêne
Et devant tant de gens que l’on connaît à peine.
Je vous ai vu prostré aux genoux d’une dame
A qui vous prétendiez délivrer votre flamme,
Or, car on me l’a dit, je sais qu’elle n’est pour vous
Ni femme, ni amie, ni sœur, ni rien du tout.
Vous avez menti et joué un personnage
Dupant la société et trichant sur votre âge.
Je vous ai vu, monsieur, pleurer à chaudes larmes
A vous fendre les yeux sans l’ombre d’une alarme.
Enfin, j’ai détesté qu’après tous ces tourments
Vous eûtes vanité et applaudissements
Pourquoi avec talent êtes-vous si sincère
Sur un fait qui, pourtant, au fond, vous indiffère
Cher ami, je vous dis : Qu’avez-vous dans le cœur
Pour gagner votre vie dans ce métier d’acteur ?

Programme :
« Et incarnatus est » Messe en ut de Mozart / Herreweghe
« Jardin féerique » de Ma mère l’Oye

Madeleines
West Side Story « A boy like that » (BO)
“Je crois entendre encore” N. Gedda

Portrait
Papillons de Schumann

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Lettre à Raphaël Pidoux

Le 15 février 2019 à 20:33 par Olivier Bellamy

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Cher Raphaël Pidoux,
Vous êtes violoncelliste comme votre père, Roland Pidoux, qui a été un grand professeur et un membre du célèbre Trio Pennetier-Pasquier-Pidoux.
A priori on pourrait se dire : il a fait comme papa, il n’a fait que cueillir des fruits qui étaient déjà dans son jardin. Sauf que le talent n’est pas forcément héréditaire et que la réalité est toujours plus complexe.
Votre père avait quitté le foyer familial. C’est donc vers le violon et le piano que vous vous êtes tourné. Le violoncelle n’était pour vous la représentation de la voix humaine, mais celle de l’absence.
Et puis alors que vous auriez pu grandir avec cet arbre mort dans votre cœur, vous l’avez replanté. Et vous vous êtes mis au violoncelle pour vous rapprocher de votre père.
La greffe a dépassé toutes les espérances puisqu’il est devenu un tuteur attentif, passionné. Et vous avez grandi entouré d’amour.
Et puis vous vous êtes créé une nouvelle famille avec le Trio Wanderer, vous avez parcouru le monde avec vos deux frères de son.
Etre trois dans la vie, ce n’est jamais bon dit-on. Dans Huis-Clos de Sartre, ils sont trois en enfer. Mais preuve que la musique est plus grande que la vie, c’est qu’à trois vous avez créé un paradis.

Programme :
Madeleines:
- Bach cantate Bwv 85 Christophe Coin : Jesus ist ein guter irt (air d’alto)
- Bartok concerto pour alto (transcrite au violoncelle) CD RCA avec Janos Starker violoncelle (1er mouvement) (Seulement cette version)
Autres:
- M Qui de nous deux
- musique du film Bajirao mastani : Ab tohe Jane na doongi

Portrait
DUPORT par Raphaël Pidoux

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Lettre à Anne Queffélec

Le 14 février 2019 à 20:33 par Olivier Bellamy

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Chère Anne Queffélec,
Quand on est enfant, cinquante ans, ça paraît très vieux. Et pourtant, à vous entendre, c’est tout le contraire.
C’est aujourd’hui qui souffre de rhumatismes alors que votre art est si jeune. Votre jeu n’a rien perdu de sa fraîcheur et de cet élan vital qui ne courbe jamais devant le poids des accords. Vous avez toujours su vous tenir droite, résistant au fléchissement des valeurs de notes, servant la musique telle une abeille qui pollinise les fleurs de son jardin.
Question de discipline, mais pas militaire. Nulle raideur sous le soleil des grands textes. C’est une discipline de l’âme qui chaque matin marche vers la fontaine pour se plonger dans l’eau la plus claire.
Et quand vous êtes à votre piano, vous demeurez l’enfant sérieuse et passionnée, prête à écouter les histoires que vont lui raconter ses doigts et à suivre les sons de ce grand bateau à voile noire.
Et lorsqu’on vous demande, comme peut-être, par jeu, vous demandait votre frère, autrefois : « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » gageons que vous répondiez encore, les yeux écarquillés : « Hélas, je ne vois que Mozart qui verdoie et Schumann qui poudroie. »
Et dans ce mot « hélas », dit d’une voix vivace, une joie si profonde qu’elle rajeunit le monde.

Programme :

-l’air de Papageno “Der Vogelfänger bin ich ja”avec Fischer Dieskäu,

Sonate de Liszt (début) par Alfred Brendel
Madeleines
l’air de Carmen “Près des remparts de Séville…” chanté par Régine Crespin avec Lombard à la baguette,car j’avais assisté à l’enregistrement de l’opéra de Bizet,à Strasbourg,et air chanté par ma mère.

1 pièce jazz Impro de Martial Solal

Portrait
Sonate de Scarlatti K 27 par A. Queffélec

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Lettre à Metin Arditi

Le 14 février 2019 à 12:34 par Olivier Bellamy

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Cher Metin Arditi,
Au moment où votre livre clame son amour pour l’esprit français, des actes ignobles ont été commis dans notre cher et beau pays. Des symboles profanés, des croix gammées, des églises vandalisées. Je ne peux dire ces mots sans trembler de colère et de honte.
La Bête immonde serait-elle de retour ? Sommes-nous coupables de l’avoir laissée reprendre vie ? Doit-on rester vigilants y compris dans la publicité involontaire que nous accordons à ceux qui nous provoquent.
Votre livre apporte des réponses et nous redonne l’espoir. Il nous rappelle qu’une guerre civile a eu lieu pour sauver l’honneur d’un seul homme. Il cite Emmanuel Levinas qui enjoignait les siens de choisir un pays où on a libéré un juif pour mettre un officier de l’armée en prison à sa place.
Il célèbre Anatole France, Jules Renard, Octave Mirbeau, Charles Péguy, Marcel Proust et bien sûr Zola qui se sont levés.
Il rend hommage à Jean d’Ormesson qui, à votre place, nous a dit que si l’Europe avait un sens, c’était grâce à Jacques Offenbach et Heinrich Heine.
Et votre livre nous rappelle que l’humour est au premier rang de notre culture commune. Par exemple lorsqu’un Belge de génie, Raymond Devos, a dit un jour : « Ce n’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut le garder pour soi ». Ce n’était évidemment pas l’objet de cette lettre, mais si elle a commencé par la tristesse j’aimerais la finir par un sourire. En espérant qu’il soit plus fort que la haine et la bêtise.

Programme :
Musique classique:
Chanson Triste, de Duparc, chanté par Felicity Lott, et
Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy

Musique légère (madeleines):
À Paris, chanté par Yves Montand, et
Les moulins de mon cœur, chanté par Dusty Springfield.

Portrait
Lalo : Symphonie espagnole 1er mvt

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