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Lettre à Michel Onfray

Le 25 janvier 2019 à 19:50 par Olivier Bellamy

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Cher Michel Onfray,
On pourrait croire que vous êtes à la philosophie ce qu’un Mélenchon est à la politique. Comme si le contraire du système était la réalité, le contraire de l’illusion la vérité.
Il y a de l’Antéchrist en vous. Qui nous démontrerait brillamment que le christianisme est mauvais et nous proposerait à la place un évangile calqué sur la morale chrétienne mais qui ne serait pas comptable des crimes passés. Comme si ne plus croire à la vie éternelle était la solution qui allait tout arranger.
Dans Sagesse, vous décrétez que les Romains sont exemplaires. Certes ils étaient brutaux, mais que pèse le sang face à la pédophilie des Grecs… Vous pourriez défendre le contraire avec le même talent. Si l’Université avait élevé les Romains au-dessus des Grecs, vous défendriez les Grecs. Vous avez le tranchant des mots de Luther pour défendre un relativisme jésuite, ce qui est le comble.
Vous êtes Diogène hurlant dans son tonneau et se battant comme un lion pour être enterré comme un chien. Vous criez « Le monde est fou » avec la logique et la conviction… d’un fou.
Vous nous faites bondir. Et pourtant, on vous aime.
Parce que l’essentiel n’est pas que vous ayez raison ou tort, mais que vous soyez prêt à mourir pour une idée. D’ailleurs vous vous tuez à la tâche. Vous mettez votre peau sur la table, comme disait Céline, avec un courage qui force l’admiration.
Vous êtes Hercule nettoyant les écuries d’Augias, Atlas portant le monde sur ses épaules, et Saint-François parlant aux oiseaux. Et vous ne feriez pas de mal à une mouche. Vous êtes bon comme la romaine.
Vous êtes le héros d’une cause perdue et le moine d’une civilisation mourante qui mourra avec son panache comme Cyrano, et c’est pour cela que vous êtes déjà entré dans la légende.

Programme :
Bashung : en amont
Christophe : les vestiges du chaos

Bach : Prélude en mi bémol mineur BWV 853
Philip Glass : Quatuor

Beethoven : Grande Fugue

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Il y a un commentaire pour cet article :

1 Monique MARIANI, le 25 janvier 2019 à 20:32 :

Bonsoir
Fidèle admiratrice , je comprends que vous alliez quasiment toujours dans le sens de votre invité mais en écoutant Michel Onfray parler du réchauffement climatique , je ne peux qu’approuver Cioran ” la chose la plus bête qu’on puisse faire, c’est d’étudier la philosophie”!!!!
Avec tous mon respect


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