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Lettre à Catherine Cusset

Le 11 janvier 2019 à 15:09 par Olivier Bellamy

Chère Catherine Cusset,
Pour un écrivain, avoir le sens du titre, c’est comme pour un ténor, d’avoir un contre-ut.
Et vous avez le sens du titre. Vous avez le contre-ut.
Par exemple, l’un de vos premiers livres s’intitulait « Jouir ». Quelle promesse pour un lecteur ! Et puis c’est quand même plus attirant dans une librairie que « Phénoménologie herméneutique ».
Ensuite il y a eu « La haine de la famille ». Bien sûr, on pense au célèbre « Famille je vous hais », d’André Gide, mais avec quelque chose de plus définitif, donc de plus inquiétant. Excellent titre.
Je pense aussi à « Confessions d’une radine ». Alors là chapeau. Même Molière paraît étriqué avec son Avare. Alors que tout le monde se croit généreux en accusant les autres de pingrerie, voici quelqu’un qui avoue le contraire. Très fort.
Enfin il y a « L’autre qu’on adorait ». Là vous avez pioché chez Léo Ferré une de ces expressions mystérieuses qui attirent l’œil et l’oreille en même temps. Aussitôt résonne dans nos têtes « L’autre qu’on devinait au détour d’un regard / Entre les mots, entre les lignes et sous le fard… » Et votre livre devient aussi entêtant qu’un chef-d’œuvre de la chanson française. Bravo !
Mais alors le dernier : « Vie de David Hockney ». Tout d’un coup, c’est d’un plat. Je me suis dit : aurait-elle perdu son contre-ut. Et puis je me suis rendu compte qu’avec votre nom, Catherine Cusset, ça formait un alexandrin qui rimait à l’hémistiche. Vous n’évoquiez plus une chanson, vous en commenciez une. Là on réclame un bis.

Programme :
I’m your man de Leonard Cohen et
Take a Walk on the Wild Side de Lou Reed pour les madeleines.

Concerto Brandebourgeois no 5 de JS Bach et
Nocturne OP. 9 no 2 de Chopin.

Mendelssohn : Romances sans paroles op. 19 n° 1 « Doux souvenirs »

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