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Superbe Traviata à Marseille

Le 08 janvier 2019 à 10:40 par Olivier Bellamy

Pour parler d’un spectacle, comme pour parler d’une personne, le plus difficile est d’oublier l’impression extérieure, les décors pour l’un, l’habit pour l’autre, et d’étudier ce qu’il y a à l’intérieur. Est-ce juste, vivant, nécessaire ?
L’important dans La Traviata de Marseille, ce n’est pas que nous soyons en costumes et décors d’époque. L’important c’est que l’oeuvre vive et que ce soit pour nous évident de comprendre les passions des personnages même s’ils nous semblent d’un autre temps. Que nous pleurions avec Violetta tout en comprenant parfaitement les raisons des personnages et de l’époque. Que nous soyons au coeur de la tragédie sans travestir la pensée de Verdi de frous-frous ou de haillons.
Très grande connaisseuse de l’oeuvre, Renée Auphan (mise en scène) a recherché le naturel. C’est-à-dire le plus difficile, le plus profond et le plus rare. L’Orchestre de Marseille a fait des merveilles sous la direction raffinée, passionnée, attentive de Nader Abbassi. L’Australienne Nicole Car est une Violetta qui possède la (les) voix du rôle, une réelle présence et un engagement scénique. Le ténor sicilien Enea Scala ne démérite pas et campe un Alfredo humain. Le baryton Etienne Dupuis est la révélation de la soirée. Son Germont de première classe nous donne le grand frisson, et quelle école de chant !
Mais l’important, au-delà des talents respectifs, c’est qu’une oeuvre aussi rebattue nous apparaisse dans la pure clarté de sa beauté comme si nous la découvrions avec une émotion intacte. Le génie de Verdi a donc été servi par une équipe exceptionnelle dirigée par des gens qui savent et qui aiment.

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