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Lettre à Maxime Chattam

Le 04 janvier 2019 à 10:06 par Olivier Bellamy

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Cher Maxime Chattam,
Vous avez le chic pour transformer nos petites vies réglées en cauchemar. Par exemple ce matin, j’ai trouvé dans l’autobus que tout le monde avait un air bizarre. Il faut dire que j’étais plongé dans votre dernier thriller. Le chauffeur avait des petits yeux cruels. Le monsieur devant moi n’était-il pas un agent secret qui aspirait le contenu de nos puces téléphoniques ? Je suis descendu à temps, les joues en feu, le cœur battant. Un cycliste a failli me renverser. Pour sûr, c’était un soldat de Poutine qui voulait m’assassiner. J’ai voulu prendre un café, mais le bistrotier me fuyait du regard. Je l’ai pris sans sucre, c’était sûrement du cyanure.
Je suis arrivé à Radio Classique, les yeux fous, la sueur au front. J’ai senti comme une odeur de complot. Franck Ferrand avait des airs d’Henri III, et m’a regardé comme si j’étais le duc de Guise. Eve Ruggieri ressemblait à Charlotte Corday. Pas question que je prenne un bain en sa compagnie. Christian Morin préparait son petit déjeuner. J’ai cru voir dans son bol un œil de serpent, de la bave d’araignée, et un cheveu de nouveau-né. Ça y est, il était passé lui aussi du côté obscur. Et à vous voir, je ne sais pas, j’ai l’impression que vous épiez tous mes mouvements et vous répondez de manière trop polie à mes questions. C’est bizarre, je vais bientôt parler une langue étrangère, proférer des insanités en me roulant par terre. Stop !
C’est décidé, dès demain, je me remets à lire le journal. Et naturellement le monde m’apparaîtra plus calme et rempli d’amour. Non ?
Cher Maxime Chattam,
Vous avez le chic pour transformer nos petites vies réglées en cauchemar. Par exemple ce matin, j’ai trouvé dans l’autobus que tout le monde avait un air bizarre. Il faut dire que j’étais plongé dans votre dernier thriller. Le chauffeur avait des petits yeux cruels. Le monsieur devant moi n’était-il pas un agent secret qui aspirait le contenu de nos puces téléphoniques ? Je suis descendu à temps, les joues en feu, le cœur battant. Un cycliste a failli me renverser. Pour sûr, c’était un soldat de Poutine qui voulait m’assassiner. J’ai voulu prendre un café, mais le bistrotier me fuyait du regard. Je l’ai pris sans sucre, c’était sûrement du cyanure.
Je suis arrivé à Radio Classique, les yeux fous, la sueur au front. J’ai senti comme une odeur de complot. Franck Ferrand avait des airs d’Henri III, et m’a regardé comme si j’étais le duc de Guise. Eve Ruggieri ressemblait à Charlotte Corday. Pas question que je prenne un bain en sa compagnie. Christian Morin préparait son petit déjeuner. J’ai cru voir dans son bol un œil de serpent, de la bave d’araignée, et un cheveu de nouveau-né. Ça y est, il était passé lui aussi du côté obscur. Et à vous voir, je ne sais pas, j’ai l’impression que vous épiez tous mes mouvements et vous répondez de manière trop polie à mes questions. C’est bizarre, je vais bientôt parler une langue étrangère, proférer des insanités en me roulant par terre. Stop !
C’est décidé, dès demain, je me remets à lire le journal. Et naturellement le monde m’apparaîtra plus calme et rempli d’amour. Non ?

Programme :
Pour les morceaux :
Classique (opera) :
- Les pêcheurs de perles de Bizet, le titre “Je crois entendre” par Placido Domingo de préférence !
- Turandot de Puccini, le titre “Nessun Dorma”.

Madeleine :
- Le morceau “I Cannot see his color” de James Newton Howard dans la Bande Originale du film The Village (Hilary Hahn au violon).
- Girls just want to have fun de Cindy Lauper,

Portrait : Morton Gould , générique des Dossiers de l’écran et du film L’armée des ombres de Melville

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