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Lettre à Jean-François Kahn

Le 20 décembre 2018 à 01:19 par Olivier Bellamy

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Cher Jean-François Kahn,
Certains hommes furent sauvés par l’angélus, d’autres par le son du canon, vous, ce fut la chanson.
Sans ce trésor qui vous a appris la concision, vous auriez la phrase interminablement proustienne le dimanche et le discours castriste les jours de la semaine.
Mais c’est l’opérette qui vous a donné la touche ultime. Autrement dit : tout dire avec esprit, sans vous prendre la tête.
Vu sous un certain angle, le journalisme est un peu l’opérette de la littérature. C’est pourquoi les journalistes qui détestent l’opérette devraient aller planter des choux.
Pour écrire une bonne opérette, il faut connaître l’opéra et faire un pas de côté ; y croire, sans s’y croire. De même, le journaliste doit connaître la littérature, mais préférer les bons petits bistrots aux restaurants prétentieux. Les infos n’y sont pas plus fiables, mais les mots bien plus savoureux.
Quand l’écrivain mondain intrigue pour avoir un prix, le journaliste sait jouer les malappris. L’un soigne ses métaphores, l’autre écluse les alcools forts.
Le feuilletoniste jongle avec ses fins de mois, alors que l’académicien a toujours grand-faim de son « Moi ».
Entre un écrivain racontant l’orpheline et un journaliste toujours prêt à sonner les matines, vous en conclurez peut-être : « Tout ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine ».

Programme :
CLASSIQUES :
“O Paradiso” (l’Africaine de Meyerbeer) par Pavarotti -
“Adieu notre petite table” (Manon de Massenet)

MADELEINES :
“Oh Magalie ma bienaimée” (Mireille de Gounod) -
“6ème Brandebourgeois” de Bach - ”

Le général boum boum (Offenbach)

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