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Lettre à Paul Greveillac

Le 12 décembre 2018 à 10:19 par Olivier Bellamy

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Cher Paul Greveillac,
Le grand art est toujours modeste. Et il faut être modeste pour se documenter sérieusement quand on entraîne son lecteur en Union soviétique ou dans la Chine communiste.
Le grand art est aussi orgueilleux. Il faut l’être un peu pour s’attaquer à de grands sujets comme l’art, l’histoire, la liberté, la beauté.
Le grand art est toujours musical. Et l’on sent bien que vous composez vos livres autant que vous les écrivez. Un accent comme un dièse et tout bouge.
Le grand art est pictural. Et vos descriptions sont saisissantes. J’en prends une au hasard : « Le tramway rouge et blanc tintinnabulait gaiement sur la voie dégelée. » Ça n’a l’air de rien. C’est une image qu’on entend et qu’on voit, qui nous bringuebale, qui ressemble à un haïku.
Le grand art est toujours poétique. Vous faites sonner la langue d’une manière neuve, avec des mots simples et des idées fortes.
Le grand art est d’abord classique. Vous ne connaissez pas l’esbroufe. Chaque phrase conduit à la suivante. C’est à la fin que le tableau existe.
Le grand art est vivant. Voilà le secret. Derrière tant de contraintes, de coups de ciseau, de coups de burin, de métronome, ou de glacis, un oiseau construit son nid et chante. Des airs qui se ressemblent et ne sont plus les mêmes.

Programme
Madeleines :

Prince - Still would stand all time
La danse du bonheur - Shakti

Autres :

D. Buxtehude // Concerto Vocale, dir. René Jacobs : Ad genua (Membra Jesu nostri)
L. Boccherini // Agnès Mellon, Ensemble 415, dir. Chiara Banchini : Quando corpus morietur (Stabat mater)

Portrait : Monteverdi – Lamento de la Ninfa

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Il y a un commentaire pour cet article :

1 Jacynthe Brochard, le 12 décembre 2018 à 20:00 :

Je voulais vous remercier pour cette émission.. et surtout pour une petite phrase au tout début qui m’a bien détendue ! Vous parliez de Schnittke et vous avez sorti une tirade contre la “boulezerie” et les musicologues Français. Je suis étudiante en 3e année de licence en musico et c’est tellement vrai ! On nous fait surtout étudier les compositeurs les plus invraisemblables en oubliant totalement certains des plus grands. Pas de mention de Rachmaninoff dans le cours “histoire de la musique début XXe”. Et pas de Schnittke non plus quelques décennies après. Boulez partout, Boulez omniprésent…
Merci Olivier Bellamy !


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