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Lettre à Elie Semoun

Le 07 novembre 2018 à 10:54 par Olivier Bellamy

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Cher Elie Semoun,
Nous nous sommes croisés récemment à une représentation du Crépuscule des Vieux, pardon, du Crépuscule des dieux de Wagner, à la Philharmonie de Paris.
Vous aviez l’air heureux comme un enfant devant un jeu video, je me sentais, moi, fatigué et perdu comme un vieillard devant le même jeu video en version japonaise sous-titré en serbo-croate.
C’est quand même un comble. Moi le connaisseur, l’amateur : largué. Vous l’amuseur, vous délectant d’un chef-d’œuvre en face duquel, je le confesse, j’ai toujours trouvé porte close.
Tout ce qui m’apparait comme un salmigondis baroque de divinités antédiluviennes résonne en vous de manière aussi familière que des répliques des Tontons Flingueurs pour un président la république en exercice. Et en un mot comme en cent, ça m’agace, ça m’horripile, ça m’exaspère.
Il faut dire que vous étiez accompagné d’une présence féminine auprès de qui vous pouviez aisément confondre l’exaltation de la musique avec la passion de la chair. Et j’étais moi, seul, désespéré de ne pouvoir attraper ne serait-ce que des miettes du sublime dont vous vous goinfriez avec une ostentation proche de l’indécence, car vous étiez vautré dans le divin, affalé dans l’extase, avachi de béatitude, repus, ventru, landru. Alors dites-moi, Elie Semoun, qu’avez-vous fait, à part vendre du beurre aux Allemands, pour aimer ce que Yehudi Menuhin nommait un caoutchouc.
Programme :
Je te veux ( Erik satie)
Pavane pour une infante défunte (Ravel )

You must believe in spring ( Bill Evans)
Lettera ( Camelia Jordana)

Portrait :
Saint-Saëns : « Fossiles »

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