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Lettre à Fanny Ardant

Le 30 novembre 2018 à 23:52 par Olivier Bellamy

Chère Fanny Ardant,
C’était un soir de décembre, il y a presque quarante ans. La pluie battait au carreau, la télévision ronronnait, toute seule. Soudain une voix me tira de ma torpeur. Elle disait : « Je vous aime » et la phrase traînait comme une longue robe de mousseline aux branches d’un palétuvier.
Il me semblait que depuis Sacha Guitry, personne n’avait plus jamais parlé ainsi. La mode était au réalisme quotidien, et ce phrasé tout droit sorti d’un poème d’Anna de Noailles, chantant l’âpreté du monde et la douceur du jour, cette voix étrange a enflammé tous mes sens.
C’était la vôtre. Chère Fanny Ardant.
Ainsi il existait encore des princesses. Ainsi la fièvre et la démesure n’avaient pas disparu. Ainsi Réjane, Rachel et la Berma revivaient.
J’ai tremblé, ce soir-là, je crois, car ces mots simples et beaux, je les ai pris pour moi. J’ai compris cette nuit-là la force convulsive de l’art mêlée au goût du pêché. J’ai compris, comme disait Maurice Ravel quand on lui reprochait de manquer de naturel, qu’on pouvait être naturellement artificiel, autrement dit : divinement humain.
Et j’ai compris qu’il fallait être soi, de toute son âme, sans crainte d’être jugé si l’on fait de mal à personne.
Alors, pour ce soir de décembre où vous étiez venue m’attendre, chère Fanny, permettez-moi de prononcer à mon tour ces mots suprêmes qui ont ravi mon cœur : « Je vous aime. »

Programme :
« - CE QUE J’AIME INCROYABLEMENT :
1°The fiel of dead - Alexandre Nevsky de Prokofiev, joué par Sonia Wieder
Atherton dans “Chant d’est” et personne d’autre que Elle.
2° La mort de Butterlfly de Puccini par Maria Callas et personne d’autre
qu’elle

- MADELEINES : 
1°la valse sentimentale de Schubert OP.50D79, la numéro 1
2° Please don’t smoke in bed de Nina Simone.

Portrait : Songe d’une nuit d’été (Mendelssohn)

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Lettre à Jean-Louis Fournier

Le 29 novembre 2018 à 23:20 par Olivier Bellamy

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Cher Jean-Louis Fournier,
Vous nous avez aidé à aimer la grammaire comme on embrasse sa grand-mère. Et même l’arithmétique qui nous donnait des tics. Vous nous avez appris la politesse quand on préférait s’occuper de nos fesses.
Et puis on est devenu un peu plus proches. Forcément. Alors vous nous avez parlé de vos enfants, handicapés tous les deux. Vous ne vouliez pas nous faire pleurer alors vous nous avez fait rire… aux larmes. Avec infiniment de tendresse. Et c’était sacrément gonflé. Et courageux. Et généreux de votre part. Ils ont rejoint le bon dieu, mais pour nous ils sont toujours là, Mathieu et Thomas, grâce à votre livre « Où on va papa ? »
Et puis comme on est devenus comme qui dirait intimes, vous nous avez raconté la mort de votre femme, qui, ne le prenez pas mal, est devenue un peu la nôtre. Aujourd’hui nous nous sentons un peu veufs, tout comme vous.
Et puis vous nous avez présenté votre mère. Pensiez-vous à nous mettre la bague au doigt ? J’avoue que cette pensée cocasse m’a traversé l’esprit. On voit tellement de choses de nos jours.
Mais vous n’avez pas perdu le Nord. Vous lui avez même consacré un Dictionnaire amoureux. Du coup, on a oublié les gondoles à Venise pour rejoindre les clairs de lune à Maubeuge. Et si la Provence rime avec vacances, on comprend mieux pourquoi dans chaque beffroi du Nord on entend battre tous ces cœurs en or.

Programme :
Madeleines :
Prosper yop la boum Maurice Chevalier
La belle de Cadix Luis Mariano.

Classiques :
Danse macabre Franz Liszt par Georges Cziffra
L’andante de la symphonie concertante de Mozart

Portrait
Satie : Gnossienne

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Lettre à Sylvie Rocard

Le 29 novembre 2018 à 01:07 par Olivier Bellamy

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Chère Sylvie Rocard,

Vous portez un nom qui ne vous vient ni du sang ni du sol, mais de l’amour. C’est un nom glorieux, un nom sérieux, mais surtout un nom propre, très propre. Car Michel Rocard fut l’honneur de la gauche et servit la France de toute son intelligence, avec honnêteté et cœur. Des qualités qui l’empêchèrent sans doute de briguer la magistrature suprême, car notre Marianne préfère souvent le talent et la ruse à l’excellence et la vertu.
Honneur de la gauche, il le fut par ses valeurs héritées d’un père scientifique et d’une mère institutrice, des valeurs protestantes et humanistes. Serviteur de la France et d’une vision civilisée du monde, il le fut jusqu’à son dernier souffle.
Vous avez eu la chance de connaître un tel homme. Mais lui aussi après été si souvent trahi, blessé, oublié a eu la chance de trouver sérénité et chaleur parmi vos chiens perdus et vos chats recueillis dont il disait avec humour être l’un d’entre eux.
Vous nous faites découvrir un être sensible, secret, en nous donnant l’occasion ce soir de lui exprimer gratitude et fidélité à sa mémoire.

Programme :
Minkus : La Bayadère
- Rhapsodie sur un thème de Paganini, Rachmaninov
- Je reviens de te chercher de Gilbert Bécaud
- Chants du peule Couse de Feli
http://arritti.corsica/cultura/canta-u-populu-corsu-e-feli-single-et-tournee-commune/

Portrait : Carnaval de Schumann

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Lettre à Régine

Le 28 novembre 2018 à 09:59 par Olivier Bellamy

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Chère Régine,
« Heureux soient les fêlés, disait Michel Audiard, car ils laissent passer la lumière. »
Vous appartenez, chère Régine, à la race des cabossés de la vie qui ont en eux un soleil. Indestructible et infiniment tendre.
A travers vous, on voit la lumière. Celle du cœur d’abord. Et puis de l’esprit, à l’écoute. D’un nouveau concept ou d’une graine de star. Vos antennes sont en action permanente. Elles frémissent dès qu’un talent passe à proximité.
Vous êtes généreuse, car vous vous nourrissez des conversations jusqu’au bout de la nuit. On dit que tous les chats y sont gris, surtout après plusieurs coupes de champagne, mais pour vous c’est un jeu de vérité.
Les triomphes et les tragédies que vous avez traversés n’ont pas altéré votre passion de l’échange ni diminué votre sens infaillible de ce que l’autre a dans le ventre. Et quand vous aimez quelqu’un ou que vous croyez en lui, ce n’est pas la boule au plafond, c’est la lune que vous décrochez.
Vous avez connu toutes les célébrités de la terre, souvent avant qu’elles soient connues, mais pour vous c’étaient des enfants perdus que vous avez recueillis et réchauffés. Car derrière les paillettes, les bulles et les plumes du boa, il y a une lumière dans vos yeux qui ne vacille pas, qui empêche les âmes égarées de sombrer et qui s’appelle l’espoir.

Programme :
Casse Noisettes, La valse des fleurs, Tchaïkovski

- Casta Diva par la Callas

- L’Aigle Noir, Barbara

- Un américain à Paris, Gershwin

Portrait : Concerto pour violon de Tchaïkovski (Gitlis)

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Lettre à Sofia Essaïdi

Le 24 novembre 2018 à 10:49 par Olivier Bellamy

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Chère Sofia Essaïdi,
Vous êtes née à Casablanca qui n’est pas une destination de vacances mais la capitale économique du Maroc. Qui sait si votre destin ne s’est pas forgé quarante ans avant votre naissance quand le film Casablanca a reçu un oscar et qui sait si vous ne vous êtes pas identifiée au personnage de Lisa, prise entre ses rêves et la réalité, si belle dans les yeux d’Humphrey Bogart, et s’envolant finalement pour rejoindre la France Libre.
N’avez-vous pas murmuré « Play it again Sam » quand vous avez travaillé d’arrache-pied dans l’ombre puis à la Star Academy pour gagner votre place au soleil.
Ne vous-êtes pas souvenu de la détermination d’Ingrid Bergman exilée à Hollywood quand vous êtes devenue pour la majorité des Français la petite Aïcha rêvant d’échapper à sa cité pour conquérir la ville Lumière.
Vous n’avez ni oublié vos racines orientales ni vos aspirations à la gloire quand vous avez incarné la reine Cléopâtre au palais des sports.
Et tout s’est retrouvé d’un coup d’un seul dans la comédie musicale Chicago, l’un des sommets du genre, où vous avez pu faire résonner toutes les cordes de votre arc : la comédie, le drame, la danse, la musique, le cabaret, le glamour, le charme.
De Casablanca à Chicago, quel chemin parcouru, Sofia Essaidi, mais l’on peut dire comme la formule consacrée que c’est parce que vous le valez bien.

Programme :
Classiques :

https://m.youtube.com/watch?v=XMbvcp480Y4

https://m.youtube.com/watch?v=9E6b3swbnWg

Madeleines :

Léo Ferré : Avec le temps

Diana Krall : Almost Blue

Portrait :
https://www.youtube.com/watch?v=moOamKxW844

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Lettre à Catherine Laborde

Le 23 novembre 2018 à 10:41 par Olivier Bellamy

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Chère Catherine Laborde,
Vous n’êtes plus seule. Désormais il y a quelqu’un en vous qui ne vous lâche pas, qui sort quand vous sortez, qui est là entre nous deux. C’est un certain Parkinson qui joue avec vos nerfs et chatouille vos neurones. Vous l’avez baptisé « Parki », celui par qui le malheur arrive. Ou Parkingsoon qui sonne toujours trop tôt. On pourrait aussi l’appeler Park boom hue les jours de repassage.
Vous n’êtes plus seule. Désormais, il y a des docteurs et des aidants qui vous aident à mieux comprendre et accepter cet étrange locataire.
Vous n’êtes plus seule, car Montaigne vous tient compagnie. S’il s’est relevé de sa chute de cheval, pourquoi ne pourrait-il pas vous apprendre à le faire quand vous tombez à votre tour.
Vous n’êtes plus seule, chère Catherine Laborde, car on ne vous a oubliée. Vous vous êtes si souvent inquiétée que le ciel ne nous tombe pas sur la tête qu’on peut bien vous aider à garder les pieds sur terre. Quant au ciel, avant de s’y retrouver tous un jour, nous pouvons puiser dans ses couleurs le courage de continuer.
Vous n’êtes plus seule, et grâce à votre témoignage, nous le sommes un peu moins. Vous avez mis du soleil dans l’orage de la vie et quelques larmes entre les gouttes de pluie.
Et si vous tremblez, Catherine Laborde, eh bien nous tremblerons avec vous. Ceux qui ne tremblent pas paraîtront moins vivants que nous, et à force de trembler nous finirons bien par danser sur la plus belle des musiques.

Programme :
Mozart acte 1 scène 2 Cosi fan Tutte (soave il vento…) Schwarzkopf
Scarlatti sonate par Horovitz (album favorites encors) K 531 / L 430

Loo Reed Walk on the wild side
John Hiatt slow turning seels like rain

Portrait : Arabesque n° 1 de Debussy

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Lettre à Mireille Mathieu

Le 21 novembre 2018 à 23:55 par Olivier Bellamy

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Chère Mireille Mathieu,
Si la tour Eiffel savait chanter, il faudrait l’appeler Mireille. Car toutes deux, elle sur le Champ de Mars et vous sur le mont de Vénus, vous représentez la France dans le monde.
Vous savez qu’on a voulu la détruire après l’exposition universelle. Certains la trouvaient hideuse, squelettique, difforme. Vous aussi, on a voulu vous bâillonner. Certains ont prédit votre chute et vous êtes toujours debout.
Vous êtes deux monuments qu’on ne finit pas de visiter.
Vous devez cependant vous incliner sur un point. Elle a accueilli 300 millions de visiteurs, et vous n’avez vendu que 200 millions de disques. En moins de temps, il est vrai.
Et elle ne bouge pas alors que vous voyagez partout. Elle saute la Seine à pieds joints comme chantait le grand Charles, mais vous enchantez la Volga, la Tamise, le Nil ou le Fleuve jaune.
Elle est de fer et vous êtes de chair, par tous les temps elle brave les airs, et vous vous les chantez bravement, les airs, sans prendre de grands airs et sans rouler les R, vous la fille du tailleur de pierres, mais il faut parfois devant vous se taire, car « Paris se met en colère ».
Alors chère Mireille Mathieu, nous vous adressons une prière :
Vous pouvez chanter sur tous les tons, dans toutes les langues que vous êtes venue pour nous dire adieu, mais pour que nous restions heureux, chante-le les yeux dans les cieux, sans jamais le souffler à Dieu.

Programme :
« Pourquoi me réveiller » de Jules Massenet de l’opéra Werther (Alagna)
De l’opéra CARMEN de Bizet “Près des remparts de Séville” (Jane Rhodes)

Maurice Chevalier ” Ma Pomme”. “
Le chanteur de Mexico ” avec ” Mexico” de Luis Mariano.

Le premier regard d’amour (Mireille Mathieu)

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Lettre à Anny Duperey

Le 21 novembre 2018 à 10:47 par Olivier Bellamy

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Chère Anny Duperey,
Est-ce d’avoir frôlé la mort à neuf ans, quand il semblait écrit que vous deviez disparaître avec vos parents, que la providence, pour se rattraper, vous a offert la chance de mener de front plusieurs vies.
Car en plus d’être actrice, vous écrivez, vous peignez, vous faites des photos. A moins que tous ces talents ne vous ont été octroyés que pour percer plus sûrement le secret de vos origines et en guérir la blessure.
J’oubliais votre talent atavique pour le trapèze volant. Comme si quelque chose de violent vous poussait à risquer votre vie, vous qui l’avez si souvent donnée au figuré et par deux fois dans la vraie vie. Mais peut-être suivez-vous le destin des chats qui vous sont si chers et qui, eux aussi, dit-on, ont plusieurs vies.
De la chambre noire de vos parents qui étaient photographes, du noir du monoxyde de carbone qui les a emportés, du lac noir qui vous a longtemps obsédée, de la dame en noir que vous avez choisi d’écouter ce soir, il a fallu écrire noir sur blanc, à travers un voile noir, pour éclairer ce trou noir dans lequel gisaient vos premières années. Alors vous avez peint clair plutôt que foncé, vous avez joué la comédie au lieu de la tragédie, car il fallait rire, aimer, échapper aux idées noires.
Vous avez choisi la vie, mais vous n’avez pas oublié vos morts. Ils sont là bien vivants sur le mur de votre chambre et au fond de votre cœur, sur le visage de vos enfants, et dans la grâce mystérieuse de vos félins. Cet entre-deux vous permet sans doute, comme dit la chanson, de changer les couleurs du temps, mais aussi de conjuguer le passé dans un temps nouveau, inventé pour vous, et qu’on pourrait appeler le plus-que-présent.

Programme :
Madeleines :
- Il fait beau  (Les Frères Jacques)
- Barbara : « Les amis de monsieur »

Classiques :
- Un Schuman : Quintette (finale)
- Un Schubert : Symphonie Inachevée (1er mvt)

Portrait :
Debussy : Sonate violon piano (1er mvt)

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Lettre à Riad Sattouf

Le 20 novembre 2018 à 16:55 par Olivier Bellamy

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Cher Riad Sattouf,
Bien sûr votre histoire est la vôtre. Mais maintenant que vous l’avez racontée, dessinée et partagée, il va bien falloir accepter qu’elle soit aussi un peu la nôtre.
Vous êtes né de père syrien et de mère française. Que dis-je française ? Bretonne. Autant dire que vous un concentré de toutes les questions qui nous taraudent et nous traversent aujourd’hui. Comme vous nous racontez votre enfance avec une sincérité et une précision stupéfiante, elle a valeur, ne vous en déplaise, d’outil précieux pour comprendre le monde. Vous êtes un résumé du monde.
Si j’ai bien compris : dans les écoles françaises et dans les écoles arabes, les enfants sont aussi cruels avec ceux qui sont un peu différents. Ici on les traite de pédé, là-bas on les traite de juif.
Les adultes sont aussi menteurs ou perturbés ici que là-bas. Ici les hommes sont respectés quand ils ont de l’argent. Là-bas, quand ils sont de bons croyants. Ici, il faut être un mec, là-bas il faut avoir fait La Mecque.
Les femmes se font toujours avoir. Soit parce qu’elles deviennent amoureuses de types qui ne les valent pas, soit parce qu’elles subissent une loi paranoïaque et ancestrale.
Alors quelle solution ? Vous avez trouvé le dessin pour vous en sortir. La création vous permet d’échapper aux pièges imaginés par les autres pour vous construire le vôtre.
Sinon il reste quelque chose de merveilleux et d’accessible à tous : l’humour. Ça ne change pas la vie, mais ça l’allège sacrément.

Programme :
Où sont mes amants de Fréhel
Le Vent de Brassens
Winter 1 par MaxRichter Vivaldi recomposed
String quartet n1 metamorphoses nocturnes Gyorgi Ligeti

Portrait
https://www.youtube.com/watch?v=C2inNYauU1o

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Lettre à Frédéric Mitterrand

Le 17 novembre 2018 à 23:18 par Olivier Bellamy

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Cher Frédéric Mitterrand,
Il y a mille façons de vous aborder. En souvenir du créateur d’Etoiles et toiles, j’ai choisi les astres. Vous êtes né au point d’intersection du Lion et de la Vierge. Position d’équilibriste qui va bien au funambule que vous êtes, coincé entre le Soleil et l’ombre. La Vierge aime servir, avec précision et un sentimentalisme parfois pleurnichard, tandis que le Lion veut bâtir et briller, avec un orgueil teinté de kitsch qui le rend vulnérable.
Votre part de Vierge a défendu Bergman et Kurosawa au cinéma l’Olympic, mais le Lion avait besoin des paillettes de la télévision. Le Lion était fasciné par De Gaulle, quand la Vierge devait fidélité à un oncle promis à la Couronne.
La Vierge a travaillé pour des émissions de qualité, mais le Lion a posé royalement un Sept d’Or à terre, ulcéré qu’on l’ait chassé de la Cour et privé de lumière.
La Vierge sage a écrit, filmé, réalisé quand la Vierge folle est allée s’amuser sur Pink TV.
Le Lion a rugi de bonheur à la Villa Médicis. Mais « Rome, Rome, Rome unique objet de mon ressentiment » a pleuré la Vierge amoureuse.
Encore orphelin d’un vieux roi, l’Etat a eu besoin d’un sémillant marquis du même sang. Pas au château, mais rue de Valois ; pour un acrobate féru de culture, c’était parfait. La Vierge n’a pas démérité, mais le Lion promène encore sa mélancolie blessée dans la solitude des musées qui, sans lui, continuent inexplicablement d’exister.
Finalement le cœur d’un Lion associé à l’esprit d’une Vierge ne doit pas former tous les jours un mariage très gai, mais si l’on ajoute le talent et le sens de l’histoire, nul doute que cela dessine dans le ciel une sorte de comète à multiples facettes.

Programme :
Classiques :

Montserrat Caballe : https://www.youtube.com/watch?v=vzgqVVrcc0Q
Al dolce (en public)
Martha Argerich : https://www.youtube.com/watch?v=trMkgvhuhlA

Madeleines  :
Adriano Celentano preghero
L’amitié de Françoise Hardy

Portrait :
https://www.youtube.com/watch?v=rUuusqy50yk

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