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Lettre à Olivia de Lamberterie

Le 27 octobre 2018 à 10:06 par Olivier Bellamy

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Chère Olivia de Lamberterie,
Faire son deuil. Quelle drôle d’expression inventée par un psychologue de cellule psychologique et reprise comme un axiome qu’on n’aurait nul besoin de démontrer.
D’abord le verbe faire. Faire son deuil comme on fait la Grèce au lieu de la visiter. Comme on fait ses devoirs, pour être débarrassé. Comme on fait ses prières, avant d’aller se coucher.
Et puis le deuil qui sonne comme une sorte de service militaire. Comme une peine de prison. Combien de mois pour un frère, combien d’années pour une mère. Et pour un enfant, prend-on « perpète » ? Peut-on bénéficier d’un sursis de chagrin, d’une remise de peine.
Tournant le dos à ce dogme pavé de bonnes intentions, vous avez construit à votre manière un tombeau pour votre frère. Un tombeau de mots, de rires et de larmes, au lieu des croix de bois et croix de fer pour échapper à l’enfer. On vous proposait de l’enterrer pour mieux l’oublier, vous avez préféré le rendre éternel, ainsi votre frère continue de vivre en vous, et c’est devenu le nôtre.
Et grâce à la littérature, il est aussi devenu l’ami d’Anna Karénine, du Petit Prince, l’enfant de Roméo et Juliette. Car dans ce tombeau il y a une famille, celle des livres et celle qui nous délivre.
Programme :
Classiques :
Les scènes d’enfants de Schumann
L’hiver de Vivaldi interprété par le chœur Accentus de Laurence Equilbey

Madeleines :
La chanson de Sarah de Serge Reggiani
Life on Mars de David Bowie.

Portrait
Impromptu D 935 n° 3 de Schubert

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