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Lettre à Kamel Daoud

Le 18 octobre 2018 à 10:01 par Olivier Bellamy

Cher Kamel Daoud,
Vous êtes un intellectuel libre, attaché à la liberté d’expression, dans un pays qui s’en méfie comme de la peste. Un homme révolté comme dirait l’autre.
Si vous étiez en France, le pays de la liberté qui rayonne dans le monde, etc. il faudrait juste vous soumettre à deux ou trois petits ajustements, car la France d’aujourd’hui n’est plus celle de Camus. D’abord un intellectuel moderne écrit des tweets, un livre c’est trop long, plus personne n’a le temps de les lire, écrivez-en si ça vous amuse, mais ne soignez pas autant le style, on ne vous en demande pas tant. Donnez votre opinion sur tous les sujets, tiens écrivez des lettres ouvertes au président de la République, voilà qui est le fait d’un grand intellectuel.
Ne vous froissez pas mais il faudra changer de nom, par souci d’intégration.
Kamel, ça ne va pas. La loi anti-tabac va vous tomber dessus et même vous passer à tabac si vous me permettez ce trait d’esprit d’un autre âge. Si je me souviens bien il y avait des chameaux sur ces paquets. Très mauvais. Les Vegan ne vont pas vous aimer. Tant qu’on y est, il faudra changer aussi votre nom. Pourquoi pas Meursault. Ah mais non, la loi anti-alcool s’inscrira en faux. Evitez aussi Château Margot.
Ah le titre de votre dernier livre. Le peintre dévorant la femme. Gênant. Etes-vous autorisé à parler des femmes sans en être une ? Et de peinture. Vous ! Peinture en bâtiment, oui, mais de l’art. D’ailleurs méfiez-vous de l’art et du lard, deux sujets brûlants en ce moment. Non, vous avez raison, cher Kamel Daoud, vous êtes bien mieux en Algérie.
Mais au fait, dans votre dernier livre, vous êtes partout, à toutes les pages, et n’êtes jamais représenté, physiquement. Est-ce que vous ne vous prendriez pas pour Dieu, Kamel Daoud ? Je vous pose la question et je passe le dossier à mes collègues oranais.
Programme :
Classique
Le Lac des Cygnes thème le plus connu :
https://www.youtube.com/watch?v=KdelTIVzUL4
Fairouz « zaali tawel »

Madeleines
« Enfin » de Cheb hasni 
« Les vieux amants » de Brel.

Portrait :
Milhaud : Le Bœuf sur le toit (Bernstein ou Milhaud)

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