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Lettre à Joann Sfar

Le 27 septembre 2018 à 09:22 par Olivier Bellamy

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Cher Joann Sfar,
Vous savez exactement mettre le doigt sur l’absurdité des fictions qui nous font vivre. Mais aussi sur l’absurdité des nouvelles fictions censées remplacer les fictions sur lesquelles nos parents ont vécu et dont on ne veut plus.
Par exemple la représentation. Le ferment de l’histoire de l’art. Si la femme ne veut être représentée par l’homme, si un blanc ne peut plus dessiner un noir, si un acteur non juif ne peut plus jouer un juif, si le juif et le musulman ne veulent plus être représentés, si les enfants refusent qu’on parle en leur nom. Si l’on s’acharne à faire parler les animaux alors qu’on traque toute trace d’animalité inappropriée chez l’homme.
Si le modèle veut devenir le peintre, si le personnage fait un procès à l’auteur, si l’élève refuse au professeur le droit de le juger, surtout si le professeur est blanc, masculin, chrétien, etc.
Alors brûlons Picasso qui fait pleurer les femmes. Interdisons Brahms qui fait pleurer les violons qui ne lui ont rien fait. Crachons sur Gauguin, sur Manet, déchirons Voltaire, emprisonnons Woody Allen.
Et retournons à l’âge des cavernes. Mais alors a-t-on le droit de peindre Lascaux ? Et la pierre, lui a-t-on demandé quelque chose, elle a un peut-être un cœur, la pierre, un cœur de pierre mais un cœur tout de même. Et Pierre avait-il le droit de bâtir son église ?
Encore « la faute des juifs » ! et retour à la case départ.
On a eu beaucoup d’embêtements après avoir mangé la pomme, on n’a pas fini d’avoir des pépins à vouloir la croquer. N’est-ce pas ?
Programme :
“Viens Malika sous le dôme” de l’Opéra Lakmé, par Howard Blake pour le film True Romance.
Fellini, musique du Casanova par Nino Rota.

Madeleines :
Pierre et le loup.
Fiddler on the Roof « To Life »

Portrait
Gershwin : Rhapsodie in Blue
Mystère
Duo des chats

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