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Christine Angot, gymnopédie

Le 12 septembre 2018 à 14:10 par Olivier Bellamy

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Chère Christine Angot,
Rarement écrivain fut autant attaqué. Depuis le succès de L’Inceste, il y a à peu près vingt ans, à chacun de vos douze ou treize livres suivants, on n’a cessé de vous dénier le titre de littérateur.
Et depuis vingt ans, vous continuez votre chemin, à écrire comme on parle, ou plutôt à dire la chose, jusqu’à ce dernier livre qui raconte un amour à trois, thème rebattu, dans un dialogue d’une sécheresse absolue.
Si être un écrivain, c’est avoir le courage d’être ce qu’on est contre vents et marées, alors oui vous en êtes un.
On peut détester votre image publique, haïr votre style, mais on ne peut pas dire : c’est rien.
Parce que derrière ce rien, il y a quelque chose qu’on distingue à l’oreille plus qu’avec les yeux. Dans cette nudité pudique, il y a une vibration cachée. La vôtre. Et puis une pulsation, organique, réelle, la pulsation de l’œuvre qui bat. Réussi ou raté, beau ou laid, c’est un autre problème. Mais c’est un être osseux, décharné, laconique, mais vivant.
Au fond, c’est un poème d’amour dont l’originalité ne doit pas se confondre avec un extérieur résolument banal, unique et banal à pleurer, comme l’est toute histoire d’amour.
Ce poème commence par un alexandrin rogné à l’hémistiche, comme un cœur coupé en deux : « Je traversais la rue », et il rime avec la dernière phrase, un autre alexandrin complet cette fois : « Et j’ai constaté que mon cœur ne battait plus. »
Tout le roman, cette histoire à deux, à trois, se trouve dans ces quelques vers, à six ou douze pieds, qui sont autant des multiples de deux que de trois. Pour ça, chapeau l’artiste.
Voici son programme :
Classique :
- Purcell, le morceau “Cold song” dans King Arthur, par Andreas Scholl, ou Klaus Nomi j’hésite encore.
- Ravel, Pavane pour une infante défunte

Pas classique :
- Jean Ferrat, La Montagne
- Marionnettiste

Portrait : Morceau en forme de poire
Mystère : Jules et Jim (Delerue)

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