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Frédéric Lenoir, ode à la joie

Le 27 février 2016 à 19:37 par Olivier Bellamy

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“Joie, joie, pleurs de joie.”

Blaise Pascal

Voici son programme (à Frédéric Lenoir, pas à Blaise Pascal…) :

Classiques :

- Bach, Goldberg variations, Glenn Gould, piano, 1981
- Villa-Lobos, Bachianas brasileiras n°5
- Tchaïkovski, Concerto pour violon en ré majeur, op. 35, Anne-Sophie Mutter, violon
- Fauré, Cantique de Jean Racine, op. 11

Madeleines de Proust :

- Ekception, ‘The 5th”
- Goldman, “Il suffira d’un signe”
- Genesis, “The lamb lies down on Broadway”

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Michel Tirouflet, quelle époque !

Le 26 février 2016 à 11:44 par Olivier Bellamy

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1. D’abord une réponse à C. Holdrinet qui trouve que mon petit poème sur Alain Duault “clopine” (voir commentaires au billet précédent). Comment ça “clopine” ? En matière de versification, ça s’appelle un “rejet” (entendu dans l’émission), on “rejette” un mot ou un groupe de mots au vers suivant pour le mettre en valeur et créer précisément un déséquilibre, une arythmie ou une syncope qui interpelle le lecteur. C’est moi qui vais en faire une de syncope ! Tout plein de cette merveilleuse science nouvellement acquise, j’ai voulu m’essayer au rejet dans mes vers de mirliton et voilà qu’on les rejette, mes vers !!! J’en suis …. de rage !
Cela me rappelle (toutes proportions gardées évidemment) Régine Crespin enregistrant son célèbre “Spectre de la rose” avec Ernest Ansermet. Le chef d’orchestre lui fait refaire cinq ou six fois la fin, et elle lui dit : “Qu’y a-t-il maestro ? Ça ne va pas ?” - Si si, répond-il, mais il y a un souffle à chaque fois sur “Ci-gît une rose”. Et la grande Régine de rétorquer : “Mais justement, maestro, c’est le dernier souffle de la rose qui meurt. Je le fais exprès”. Lueur de bon-sang-mais-c’est-bien-sûr dans les yeux du chef d’orchestre : “Ah très bien. On garde la première prise”. Dur d’être un artiste incompris dans ce monde de brutes.

2. Livre formidable de Michel Tirouflet sur notre monde qui s’améliore, vaille que vaille, et en dépit du qu’en-dira-t-on de nos vociférateurs cathodiques. Et constat amer sur cette France qui patine parce que ses élites croient que le mal est conjoncturel quand il est structurel.

Voici son programme :

1/ Schubert, La Jeune Fille et la Mort, 2ème mouvement
2/ Liszt, Années de pélerinage, “Les Jeux d’eaux à la Villa d’Este”, par France Clidat
3/ Delibes, Lakmé, “Air des Clochettes”, par Maria Callas
4/ Glass, A Descent into the Maelström, 2ème mouvement

3 Madeleines musicales :

1/ Mozart, Sonate pour piano n°11 “Marche turque”
2/ Chopin, Grande Polonaise brillante op. 22, par Rubinstein
3/ Borodine, Dans les steppes de l’Asie centrale

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Tout habillé de vert
Pour défier l’hiver
Plus joyeux que sévère
En lunettes de verre
Alain Duault vient vers
Nous. Et il persévère
Eh oui il perd ses verres
Et nous offre ses vers
Comme un prince le vair
Pour lui levons nos verres.

Voici son programme (qui ne manque pas d’airs) :

➢ MOZART, Cosi fan tutte, Trio “Soave sia il vento”, par Elisabeth Schwarzkopf, Nan Merriman, Sesto Bruscantini, dirigés par Herbert von Karajan
➢ SCHUMANN, Kinderszenen, I. “Gens et pays étrangers”, par Clara Haskil (ou Catherine Collard)
➢ RICHARD STRAUSS, Morgen (version orchestrée), par Elisabeth Schwarzkopf, dirigée par George Szell
➢ VERDI, La Forza del Destino, “La Vergine degli angeli”, par Leontyne Price, dirigée par James Levine

Madeleines :

➢ ARAGON / FERRE, “Est-ce ainsi que les hommes vivent”, par Catherine Sauvage
➢ MUSSET / DELIBES, “Les Filles de Cadix”, par Natalie Dessay
➢ BARBARA, “Pierre”

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Il n’aime pas l’expression “travail de deuil”. Comme s’il existait une gymnastique pour réparer l’irréparable. Comme si les farceurs du développement personnel à l’américaine avaient gagné contre la métaphysique. Il aime l’orthographe archaïque du mot “doeil”. Et cite Desnos : deuil pour deuil“. Son oiseau blessé, son petit ange est mort hier, il avait trente-quatre ans.
Il plaide coupable : “Engagé depuis quelque vingt ans, je le sais bien, dans une croisade à la Don Quichotte qui me voit combattre les moulins du bon sens, plaider contre le monde et souvent en dépit de moi-même, en soutenant que toute perte est irréparable, doit le rester, que d’elle procède la part la plus humaine de nous-mêmes.”
Je me souviens de Yann Queffélec, lors des obsèques de Brigitte Engerer, quand s’est élevée sa voix de loup de mer dans les voilures roides de la nef de Saint-Roch contre l’expression “personne n’est irremplaçable”. Le bon sens peut être très con.
Comme Rimbaud, comme Aragon, Philippe Forest croit au vertige. Car l’Homme croît au vertige. “Rien ne compte plus que le vertige” disait Aragon. Rien ne conte plus que le vertige, renchérit l’écrivain courageux qui trouve sa vérité en défiant chaque jour, dès l’aube, sa peur du vide.

Voici son programme :

4 morceaux classiques :

1) Liszt, Dante-Symphonie, “Purgatorio”
2) César Franck, Sonate pour violon et piano en La Majeur, début
3) Ravel, Concerto en Sol, début du 2ème mouvement
4) Britten, Illuminations, IX. “Départ”

3 Madeleines :

1) Franz Lehár, Le Pays du Sourire, “Je t’ai donné mon coeur”
2) Léo Ferré, “Je chante pour passer le temps”
3) Leonard Cohen, “Take this waltz”

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Philippe Claudel, tête d’or

Le 23 février 2016 à 15:38 par Olivier Bellamy

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L’Arbre du pays Toraja est une merveille. L’universel et le particulier y coulent d’une même fluidité, légèreté et profondeur s’y tressent avec virtuosité. Un passage, pris au hasard, sur les idéologies qui ont essaimé le siècle passé : “Censées indiquer un chemin, un usage du monde et un projet social, elles ont la plupart du temps rempli le rôle de ces naufrageurs qui jadis sur les côtes dangereuses allumaient des lanternes qu’ils attachaient aux cornes d’une paire de boeufs pour attirer les navires, les faire se fracasser et les piller.”
Tout y est vivant. La langue surtout.
Et, pour ne rien gâcher, rencontrer l’homme Philippe Claudel ne déçoit pas qui admire l’écrivain.

Voici son programme :

- Mozart, Les Noces de Figaro, “Ouverture”
- “Silenziu d’amuri”, par l’Arpeggiata
- Fauré, Dolly 
- Charles-Marie Widor, Symphonie pour orgue n°5, 5ème mouvement “Toccata”

Madeleines :

- Ana Brun, “These Days”
- Lana del Rey, “Young and Beautiful”
- The Velvet Underground, “Candy says”

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Pascale Gautier, la jeune

Le 22 février 2016 à 12:02 par Olivier Bellamy

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De même que l’argent ne fait pas le bonheur, un gros succès de librairie peut s’avérer le cadeau empoisonné d’un écrivain habitué à la pénombre créatrice. Pascale Gautier ne s’attendait pas aux chiffres vertigineux qui ont accompagné son roman Les Vieilles. La digestion fut lente et silencieuse. Et puis la plume a de nouveau gratté le papier. Pour la plus grande joie de ses admirateurs.

Voici son programme :

Classiques :

- Maria Elena Walsh, Los Pajaros perdidos, The South Amercian Project, “Como la cigarra”, par L’Arpeggiata dirigée par Christina Pluhar
- Bach, Le Clavier bien tempéré, “Prélude et fugue” BWV 846, par Rosalyn Tureck (1953)
- Mozart, L’Enlèvement au Sérail, “Ach Belmonte ! Ach mein Leben !”, dirigé par Harnoncourt
- Couperin, Les Barricades mystérieuses, par Georges Cziffra

Madeleines :

- Brassens, “Quand on est con”
- Mes plus belles chansons grecques, “Les Enfants du Pirée”, par Nana Mouskouri
- Le Meilleur des polyphonies corses, “Requiem aeterna”, par le Trio Soledonna

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Une amie ayant travaillé à l’Opéra de Paris a écrit “Un grand monsieur” sur Facebook lorsqu’elle a su que Jean-Paul Cluzel, son ancien patron, était l’invité de Passion Classique. Et une autre amie, plus tard dans la soirée, m’a transmis un “Merveilleuse émission avec JPC” par texto. C’est dire si l’homme inspire le respect par une forme d’honnêteté foncière qui le pousse à répondre aussi précisément qu’il peut à une question. Jamais langue de bois, fille de menterie et duperie, ne creuse ces rides sur le front et n’accuse ainsi les angles d’un visage.

Voici son programme :

• Poulenc, “Les Chemins qui vont à l’amour”, par Jessie Norman et Dalton Baldwin
• Bartok, Musique pour cordes, percussions et célesta, 4ème mouvement, par Pierrre Boulez et l’Orchestre symphonique de Chicago en 1994
• Saint-Saëns, Samson et Dalila, “Mon coeur s’ouvre à ta voix”, par Rita Gorr et John Vickers dirigés par Georges Prêtre
• Richard Strauss, Der Rosenkavalier, Trio et Duo de l’Acte III, par Elisabeth Schwarzkopf

Trois “Madeleines” :

• Yves Montand, “Les Feuilles mortes”
• Serge Gainsbourg, “La femme des uns sous le corps des autres”
• Zaz, “Paris sera toujours Paris”

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Dans son roman Blonde à forte poitrine, Camille de Peretti nous rappelle qu’en littérature il n’y a pas de grands ou de petits sujets, d’histoires scabreuses ou élégantes, mais que tout est dans le regard aigu et la patte du romancier. On peut faire un livre profond avec un personnage apparemment superficiel, du beau avec du laid (sans lait, et pour cause), du saint avec des seins.

Voici son programme :

3 Madeleines :

1. Dolly Parton, “9 to 5″
2. Musique du film Jeux interdits, par Marcel Dadi
3. The Joubert Singers, “Stand on the Word” (Larry Levan Mix)

4 morceaux de classique :

1. Johann Strauss (père), La Marche de Radetzsky, avec le Philharmonique de Vienne dirigé par Karajan au Concert du Nouvel An de 1987
2.  Johann Strauss (fils), La Chauve-Souris, “Ouverture”, avec le Philharmonique de Vienne dirigé par Karajan au Concert du Nouvel An de 1987
3.  Liszt, Rhapsodie hongroise n°2, par Valentina Lisitsa
4. Lalo, Symphonie espagnole, 3ème mouvement, par David Oistrakh

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Bruno Coulais, le son du poète

Le 18 février 2016 à 11:12 par Olivier Bellamy

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On reconnaît immédiatement l’univers de Bruno Coulais. Même s’il s’en va chercher son inspiration ailleurs que dans ses marmites, et qu’il va tremper son pinceau dans des palettes éloignées de son pré carré. C’est probablement ce qui s’appelle avoir un style. Le travail consistant dès lors à épurer plutôt qu’à rajouter, à élaguer plutôt qu’à empiler, car la vérité n’a jamais peur de la nudité et le beau sentiment n’a nul besoin d’adjuvant.

Voici son programme :

- Mahler, Rückert Lieder, ”Ich bin der welt abhanden gekommen”, par Kathleen Ferrier et Bruno Walter
- Debussy, Images, “Reflets dans l’eau”, par Michelangeli
- Bartok, Concerto pour piano n°2, “Allegro Molto”, par Ferenc Fricsay et Géza Anda
- Ligeti, Six Bagatelles pour quintette à vents, “Allegro con spirito”, dirigé par Claudio Abbado

3 Madeleines : 

- Jacques Dutronc, “Paris s’éveille”
- Mozart, Sonate en la mineur, “Presto”, par Dinu Lipatti
- Jeanne Moreau, “J’ai la mémoire qui flanche”

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Et si la littérature était un “talisman” protégeant des parcelles d’humanité menacées de toutes parts, un refuge pour la complexité du monde, un manifeste calme et serein des voix singulières. En plongeant ses yeux dans l’âme d’une femme qui préfère inventer sa vie que la vivre (encore que l’inventer…), Mathieu Terence nous démontre que la sophistication de la langue peut être aussi celle du sentiment et que s’appliquer à bien décrire par petites touches, c’est possiblement aimer d’un seul souffle.

Voici son programme :

- Haendel, Suite pour piano n°3, “Air” ou “Presto”, par Richter
- Bach, Passion selon saint Matthieu, “Erbam dich”, par Kathleen Ferrier
- Vivaldi, Il Gardellino, “Allegro”, par Sébastien Marcq

Madeleines :

- Gérard de Manset, “Et l’or de leur corps”
- Pet Shop Boys, “Vocals”
- Cocteau Twins, “Carolyn’s fingers”

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ombre