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J’ai toujours aimé les sportifs, même quand on croit (bêtement) qu’ils ne sont pas très intelligents. Il est une forme d’intelligence qui peut être un poison de l’âme. Les sportifs sont comme les militaires, les pêcheurs de haute mer ou les paysans, ils agissent en silence. Leur intelligence se confond avec le courage. Ils ne sont pas comme ces intellectuels qui hésitent devant l’obstacle. Ou pire : ces intellectuels va-t’en-guerre qui nous donnent des leçons d’action avec un art du faire-savoir.
Les grands sportifs sont souvent de grands sages. Ils ont pris des coups, ils savent encaisser et ils y vont quand même. Ils savent perdre et sentent bien qu’il y a quelque chose de plus grand que la victoire, c’est l’équipe, le sens du collectif qui s’oppose à l’individualisme sans aller à l’encontre de l’individu. Car le respect est le maître-mot. Pas ce respect qui se confond avec l’indifférence, mais ce respect qui est une forme d’amour. En courant après un ballon et surtout pendant les périodes où, blessé, il ne pouvait plus courir, Jonny Wilkinson a tout appris de la vie. Comme d’autres apprennent en courant après des rêves, des mots, des notes ou des châteaux en Espagne. Une belle heure de partage qui a passé en un éclair et qui pourtant avait la saveur d’une vie entière.

Voici son programme :

“Adagio” (Quatuor n°1, op. 11) de Barber
Clair de Lune de Debussy
“Aria” (Suite n° 3) de Bach

Madeleines :

“That’s Life” / Sinatra
“Black Treach” / Arctic Monkeys
“I’m Outta Time” / Oasis

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Attachée à des valeurs traditionnelles, mais pas bourgeoise pour un sou et moins réac qu’on pourrait le supposer, Geneviève de Fontenay dit ce qu’elle pense telle Madame Sans Gêne sous l’Empire. Elle était ravie d’être invitée dans Passion Classique, ayant pu s’exprimer en liberté sans avoir été piégée. Quant aux auditeurs, plusieurs ont trouvé l’émission “rigolote et touchante”.

Voici son programme :

Haydn, Concerto pour trompette par Maurice André
Bellini, “Casta Diva” (Norma) par Maria Callas
Mozart, Concerto pour piano n°23
“Les Yeux noirs” par André Rieu

Madeleines :

Frank Michael, “Toutes les femmes sont belles”
Serge Lama, “Ma Polonaise”
Jean Ferrat, “Ma France”

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Christophe Barbier possède une intelligence souple et vive. Une belle machine animée d’un enthousiasme, d’une sensibilité, d’une ferveur. Un art de l’écoute, de la présence et du rebond en radio (essentiel au théâtre aussi, comme en musique). Son Dictionnaire amoureux du Théâtre est passionnant. Il aime et donne à aimer. Il dit ce qu’il pense, sans faux-fuyants, et l’écrit avec humour, élégance. “On dira bientôt le Barbier comme on dit le Grévisse”, s’enflamme un admirateur. Puisse-t-il rester aussi longtemps au répertoire que celui de Rossini.

Voici son programme :

Madeleines :

- “Chanson sans paroles”, Jacques Brel
- “Les Chemins de l’amour”, Francis Poulenc
- “Chère Inconnue”, dans l’album Négatif, Benjamin Biolay

Musiques :

- Camille Saint-Saëns, Concerto pour piano n°2, 3e mouvement (Presto), par Brigitte Engerer
- Vivaldi, Gloria, RV 589, 2e mouvement, “Et in Terra pax” (Andante)
- Michel Becquet avec l’ensemble Octobone, œuvre au choix
- Popper, “Danse des Elfes”

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Jean-Michel Ribes : retrouvailles

Le 11 septembre 2015 à 10:34 par Olivier Bellamy

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J’ai un souvenir épouvantable du premier passage de Jean-Michel Ribes dans Passion Classique. Il m’avait semblé imbu de lui-même, grossier, mal élevé (laissant son portable sonner pendant l’émission, alors qu’il faut l’éteindre dans son théâtre : bonjour le respect, monsieur le donneur-de-leçons-de-la-gauche-de-résistance). Je m’étais juré de ne plus le recevoir. Plus jamais ça, comme on dit ici et là. Et puis, comme beaucoup de gens, tout en étant admiratif de son talent et de sa programmation au Rond-Point, apercevoir son chapeau et entendre sa voix tonitruante au milieu d’une manifestation d’intermitteux (comme dit Anne Sylvestre) à la télévision me hérissait le poil.
En ouvrant son livre “Mille et un morceaux”, réflexe de Pavlov oblige, mes nerfs ont d’abord tiré la sonnette d’alarme. Mais très vite je n’ai plus pu m’en détacher, dévorant chaque page et la suivante. Au diable les promesses : qu’il vienne. Je ne l’ai pas regretté, il a été charmant, intéressant, émouvant. Je lui ai quand même signalé en off que la femme de Milan Kundera s’appelle Vera et non Olga, pour qu’au prochain retirage, il puisse corriger ce passage où il les présente comme de vieux amis.

Voici son programme :

- Offenbach, La Vie parisienne, acte III, scène 10, « Votre habit a craqué dans le dos »
- Verdi, La Traviata, Prélude (Valse lente)
- un air de Philippe Glass
- un extrait du Requiem de Fauré

Les 3 madeleines :

- “La marche du colonel Bogey” dans le film Le Pont de la Rivière Kwaï
- “What did I say” de Ray Charles
- un Nocturne de Chopin

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… les têtes aussi. What did you expect ? Les têtes des animateurs et journalistes de Radio Classique sur les pas de Carole Martinez qui est une belle femme, vive, spontanée, nature et enjouée. Et pourtant, elle crevait de trouille, m’a-t-elle dit à la fin. Le trac la rongeait depuis la veille. Mais ça ne s’est pas senti. C’est Alain Duault qui, lors des Masters de Monaco où nous nous sommes retrouvés, m’a parlé de son livre avec enthousiasme. De retour à Paris, je me suis plongé dans le flot de sa prose poétique et j’ai profité d’une case qui se libérait pour l’inviter à chaud.

Voici son programme :

Classiques :

- “Puisqu’en oubli” de Guillaume de Machaut (dans Le vray remède d’amour), par Dominique Vellard
- “Nunc aperuit nobis” de Hildegard von Bingen, chanté par Barbara Thornton
- “Dôme épais le jasmin à la rose s’assemble” ou “Duo des fleurs” de Delibes (dans Lakmé), par Natalie Dessay
- 3ème mouvement (Allegro) du Concerto pour trompette et orchestre n°2 en ré mineur d’Albinoni

Les madeleines :

- Jacques Higelin, “Tête en l’air”
- Janis Joplin, “Summertime”
- Claire Diterzi, “Renaissance” (dans Le Salon des Refusées)

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Juste avant l’émission, j’ai demandé à Philippe Etchebest de me préciser le lieu de son nouveau restaurant, pour l’annoncer à l’antenne. Sa nouvelle affectation ne m’avait pas frappée à la lecture de son bouquin. Lecture certes rapide, pas une dégustation mot à mot, c’est pas du Stendhal non plus. J’avais touché un point sensible sans le vouloir, car on lui a reproché d’être plus souvent sur les plateaux de télé que dans sa cuisine. Il m’a répondu : “La preuve que vous n’avez pas lu mon livre.” Ça commençait bien. Me considérait-il comme un marmiton qui allait devoir faire ses preuves ? Etait-ce le début d’un tournage de “Cauchemar en radio” ? Allait-il juger chaque question d’une moue dubitative et me dire que ça manquait d’acidité, de moelleux ou d’invention ? Vu le gabarit du bonhomme, inutile de l’énerver davantage : d’une pichenette, il pouvait m’envoyer valdinguer à l’autre bout du studio. Pas de vannes à deux balles non plus, du genre : “Et che best is…” Non, pro-fes-sion-nel. Et puis l’émission a dû bien se passer, puisque j’avais le même nombre de dents en sortant qu’en entrant.

Voici son programme :

* Umberto Giordano - Andrea Chénier, “La Mamma Morta” par Maria Callas

* Tchaikovski - Le Lac des Cygnes, Introduction

* Carl Orff - Carmina Burana, “Cour d’Amours”

* Patrick Cassidy - “Vide Cor Meum”

Madeleines :

* Sting - “Shape of my Heart”

* Pink Floyd - “High Hopes”

* Paul McCartney - “Mull of Kintyre”

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Un futur grand, a-t-on l’habitude de lire. Pourquoi pas déjà ? Malgré sa taille napoléonien et son poids chaplinesque, il en impose. Maxime d’Aboville a tout de l’acteur fin et précis, ambigu et inquiétant. Avec des brassées d’enthousiasme dans la vie. On n’a pas fini d’entendre parler de lui.

Voici son programme :

- CHARPENTIER : Motets pour le grand Dauphin, “Supplicatio pro defunctis”
- VIVALDI : L’Eté, “Presto” (3e mouvement)
- MOZART : Les Noces de Figaro, “Cavatine” de Barbarina
- CHOPIN : Ballade n° 4, op. 52

Madeleines :

- BRASSENS : “Le Vin”
- THE CLASH : “London Calling”
- CHAPLIN : “Titine” (Les Temps Modernes).

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A propos d’humain, François Mitterrand repoussait le côté sucré du mot. “C’est très humain aussi de violer ou de tuer”, disait-il. Une réplique que lui avait peut-être soufflée son célèbre nègre (oxymore) Erik Orsenna.
Cela fait longtemps que je l’attendais dans Passion Classique. Lisant sagement ses livres et l’attendant en vain - zaï zaï zaï zaï (air connu).
A tel point que je me suis dit qu’il était peut-être prétentieux ou hautain. Eh bien pas du tout, et même tout le contraire.
Il est venu à l’occasion de la collection “Patrimoine de l’humanité” qui donne envie de voyager. Bonzaï !

Voici son programme :

- Rameau par Alexandre Tharaud
- Handel - Suite n° 1, “Menuet”
- Richard Strauss - « Morgen »
- Mozart - Les Noces de Figaro, Air de la comtesse “Dove Sono” par Margaret Price

Madeleines :

- Léo Ferré - Rutebeuf
- Maxime Le Forestier - La Rouille
- Maria Bethânia - Filosofia Pura

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Marc Veyrat, la transmission enfin

Le 09 septembre 2015 à 16:39 par Olivier Bellamy

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A l’applaudimètre de ce début de saison, Marc Veyrat commence très fort. Une pluie de messages enthousiastes après l’émission sur le site radioclassique.fr. Le goût de l’authentique, des choses bien faites, de la nature et de la transmission, on adore. Comme l’a écrit un auditeur : “Une heure pendant laquelle on a arrêté les aiguilles”.

Voici son programme :

- Vivaldi - Les Quatre Saisons
- Verdi - La Traviata
- Wagner - La Chevauchée des Walkyries
- Ravel - Miroirs

Les Madeleines :

- Berthe Sylva - “Arrêter les aiguilles”
- Barbara - “L’Aigle noir”
- Jacques Brel - “Les Vieux”

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Michel Béroff, le commandeur

Le 09 septembre 2015 à 16:35 par Olivier Bellamy

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Avec le temps, les grands virtuoses deviennent ou des fous ou des sages. Michel Béroff a la chance d’appartenir au second groupe, tout en gardant dans l’oeil une petite lueur de folie qui dit qu’il est toujours prêt pour l’aventure. Peu loquace d’habitude et si disert avec ses doigts, le pianiste s’est surpris à parler en toute liberté.

Voici son programme :

Madeleines :

1. Honegger : Cantate de Noël (2ème mouvement)
2. Bartok : Quatuor n°3 (2ème mouvement)
3. Messiaen : 20 Regards sur l’Enfant-Jésus

Choix musicaux :

Brahms : 6 Klavierstücke op. 118
Berio : Sinfonia (3ème mouvement)
Bartok : Concerto pour piano n° 2, par Maurizio Pollini et Claudio Abbado (1er mouvement)
Debussy : Prélude à l’après midi d’un faune

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