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Nathalie Krafft, la cuisine des compositeurs

Le 24 octobre 2014 à 10:54 par Olivier Bellamy

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Beethoven raffolait des huitres, Mozart avait toujours faim, Schubert mangeait rarement à la sienne, Bach avait un penchant pour la dive bouteille, Dutilleux n’était pas sectaire à la table comme à table. Ces dix portraits de grands compositeurs nous en disent beaucoup sur les hommes qu’ils étaient sans écorner les dieux qu’ils demeurent. Beethoven avait beau être “soupe au lait”, c’est dans les vieux pots qu’il faisait ses meilleures fugues. En un petit livre bien senti, Nathalie Krafft et Michel Portos escaladent les marches du palais et ravissent nos yeux et nos oreilles.
Voici son programme :
•O Amor Jesu
Musiques célestes à la Chapelle Royale
Ensemble Athénaïs (CD distribué par Bayard Musique)
Plage n°8 Salve Regina (Nivers) OU plage n°9 Salve Regina (Lully)

•Tchaïkovsky Trio en la mineur A la mémoire d’un grand artiste

•Prélude de l’acte III Tristan/Wagner
Furtwängler 1953

•Variations Goldberg, 30ème variation
Piano : Nicholas Angelich (Erato)

MADELEINES

-Bach
Gloria de la Messe en si
par Michel Corboz et l’ensemble vocal de Lausanne

-Dans le port d’Amsterdam, Brel, création Olympia 1964

-Beethoven. sonate n°7 op. 10 n°3 en ré majeur : début du Largo (2ème mouvement)
Pianiste : Claudio Arrau (c’est lui, la madeleine) (in intégrale des 32 sonates :Philips)

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Il y a 7 commentaires pour cet article :

1 Lily, le 24 octobre 2014 à 17:33 :

Joli menu et gammes réussies pour Nathalie Krafft.
Ce magnifique Trio que Tchaikovsky a écrit à la mémoire de son ami pianiste et compositeur Nikolai Rubinstein, il me donne des frissons quand je l’écoute.
La version que j’ai réunit Ashkenazy/Perlman/Harrell).
Et aussi à propos d’huitres, voici ce que dit le dépliant du CD :
« depuis des mois Nikolai se savait condamné, atteint de tuberculose intestinale. Alors il eut un jour un geste de défi – un geste de condottiere : en dépit de l’interdiction formelle du medecin et tandis qu’il se trouvait dans un état de fatigue extrême, ne pouvant même plus soulever le bras, il se fit apporter – ultime bravade de gourmet ou dérision suprême – un plat d’huîtres qu’il dégusta amoureusement. Trois heures plus tard il succombait … ».
Une belle « fin » si l’on peut dire ….

2 Erica Roche, le 26 octobre 2014 à 14:52 :

Il était beaucoup question d’huîtres dans cette émission et il me vient à l’esprit qu’il y avait un autre compositeur féru d’huîtres - il s’agit de Frédéric Chopin. Il semblerait qu’un de ses plats préférés était le “poulet à la jeune fille” - une recette de George Sand. On prend donc un poulet, qui est farci d’huitres et nappé d’une réduction de: jus d’huitres, bouillon de volaille, crème fraîche et lait d’amandes, que l’on monte ensuite au beurre. De mémoire, (je n’ai plus trouvé la recette) je pense qu’il y a également dans cette sauce des petits morceaux d’abricots secs et en tous les cas, on y ajoute de l’œuf dur émietté juste avant de servir. Vous avez dit bizarre? Bizarre en effet - et c’est justement pour ça que j’avais très envie d’expérimenter moi-même la recette. Lorsque j’en ai parlé à mon mari, il m’a interdit formellement de la faire. Je dois vous avouer qu’il est allergique aux huîtres et moi aux œufs, alors….

3 C.HOLDRINET, le 26 octobre 2014 à 16:35 :

Je pense Erica que j’aurais eu le même succés… mon mari étant gravement allergique aux huîtres, chaudes ou froides.
Je l’ai vu tellement malade que je ne peux plus en manger non plus.

Je n’ai pas encore écouté Nathalie Krafft. Il est très juste que l’on apprend ou que l’on confirme des traits de personnalités autour des plaisirs ou non de la table. Un lieu privilégié d’échanges et d’observation.
Convaincante ou non le”poulet à la jeune fille” reste bien romantique.

4 C.HOLDRINET, le 01 novembre 2014 à 16:07 :

J’ai eu une pensée pour certaines d’entre nous hier soir …(Sophie, Sandrine qui peut être passe de temps à autres sur le blog, subrepticement hélas car on ne vous oublie pas), en écoutant Bibliothèque Médicis de J.P.Elkabbach sur public Senat. les invités tous scientifiques, chercheurs sur notre cerveau. Passionnant. J.P.Elkabbach les a chaleureusement remerciés en fin d’émission.Et peut être que certains sont mélomanes?

5 Erica Roche, le 02 novembre 2014 à 10:51 :

Claudette - en parlant d’amis scientifiques, il ne faut surtout pas oublier Samuel et Mohammed qui nous ont régalés pendant longtemps dans ce blog. Peu habituée à me plaindre, je touche un point bas en ce moment. En travaux depuis 2 semaines, et sans internet en semaine, je vis dans le bruit et la poussière, et en plus je me prépare à une journée de clinique en ambulatoire mercredi! Je me réjouis cependant à la perspective de 2 concerts qui me mettront, je l’espère, du baume au cœur, au corps et à l’esprit - le jeune Daniil Trifonov samedi et puis Boris Berezovsky et Vadim Repin le 22.

6 C.HOLDRINET, le 02 novembre 2014 à 14:33 :

Chère Erica, cette sensibilité à la musique que nous partageons est notre refuge, notre réconfort. Elle est une force intérieure si précieuse dans les moments perturbés que nous traversons.
Je viens de découvrir ,sur France Musique, Anita Cerquetti.Une émission lui est consacrée ce jour. la connaissiez-vous? Moi non,et c’est une révélation.
Grande interprète de Verdi et Bellini.
Une voix extraordinaire. En 1958 elle a remplacé M.Callas (au pied levé) à Rome dans Norma . Ce fut un triomphe qui marqua sa courte carrière de dix années.
Dans l’air de “Casta Diva”, l’émouvante plainte de Norma, elle est juste sublime.
Si vous pouvez podcaster l’émission Erica, “LIRICO SPINTO” à 12H07, c’est passionnant.
Je n’oublie bien sûr pas Mohammed et Samuel qui nous ont effectivement “régalés”.
Pensées pour vous Erica.

7 Erica Roche, le 02 novembre 2014 à 16:26 :

Je suis comme vous, chère Claudette, et je n’ai découvert l’existence de cette grande cantatrice qu’au moment de son décès il y a quelques semaines. Dans “Casta Diva” elle est effectivement sublime, mais à titre personnel je préfère les voix avec une fragilité, voire une fêlure, qui dénotent pour moi toute la vulnérabilité humaine, et je trouve que cette pureté immaculée convient plutôt aux œuvres sacrées, même si Norma était une prêtresse..et au fait, merci pour vos pensées réconfortantes.


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