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Emmanuel Krivine, un esprit libre

Le 29 juin 2014 à 11:45 par Olivier Bellamy

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Ce n’est pas seulement un musicien d’exception, c’est un esprit libre, sans préjugés, drôle, fin, sensible, qui a tellement réfléchi sur la vie, les rapports humains et sur lui-même qu’il peut sembler brutal, piquant. Personnalité complexe, Emmanuel Krivine est toujours surprenant parce que les paradoxes de la musique ont façonné son être de telle façon qu’il relie brillamment ce qui peut sembler apparemment disjoint. Mais la musique n’est pas son seul champ de curiosité. Il s’intéresse à tout avec un regard aigu, un mélange d’engagement et de distance qui est la marque des intelligences souples. Avec le temps, il s’est bonifié comme un grand vin sans rien perdre de son âpreté en bouche. On ne s’ennuie jamais avec lui. Sa femme, la violoniste Anne Maury, s’est orientée vers une sorte de musicothérapie qui fait des miracles : http://www.neurofeedback-paris.com/neurofeedbackneurofeedback.html. Cobaye consentant de cette invention canadienne, il a réussi à adoucir son caractère, à apaiser ses tensions internes. Tout en domptant les démons qui demeurent nécessaires à l’exercice de son art.

Voici son programme :

Quatre titres classiques :

- Beethoven : Final de la Symphonie n°4, par La Chambre Philharmonique
- Schumann, par Martha Argerich
- Bach : ‘Ich habe genug’, enregistrement avec Ton Koopman

Madeleines :

- Berlioz : Air du ténor dans l’Enfance du Christ
- Chucho Valdes
- Comedian harmonists dans Veronika

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Il y a 3 commentaires pour cet article :

1 Erica Roche, le 07 juillet 2014 à 10:26 :

Je relisais le texte que j’avais écrit lors d’une émission consacrée à EK en 2011 que je n’avais pas appréciée à l’époque, dans laquelle il disait soigner son égocentrisme. Cette fois-ci je l’ai trouvé drôle, intéressant et pertinent- on dirait que le NeuroFeedback fait ses preuves. Je devrais peut-être essayer cette technique pour soigner mes insomnies, mais j’hésite…qu’en pensez-vous?

2 Erica Roche, le 07 juillet 2014 à 18:42 :

Il y a un sujet qui me tient à coeur, et pourtant j’ai loupé les occasions données par Olivier à plusieurs reprises depuis quelque temps pour en parler. Comment se fait-il que Berlioz soit plus apprécié en Angleterre qu’en France? Pour les amateurs de musique de ma génération tout à commencé en 1969 lors du centenaire de la mort de Berlioz quand Colin Davis a dirigé une série mémorable de concerts et d’opéras avec les chanteurs les plus prestigieux de l’époque. Pour beaucoup c’était une relecture inspirée, mais pour moi, jeune étudiante à l’époque, c’était une vraie découverte, et j’en avais beaucoup écouté sur mon petit transistor! Par la suite, bien entendu, tout ce cycle est paru en disques. Depuis, j’ai entendu “La Symphonie Fantastique” dans bien d’autres versions que celle de Colin Davis - en dernier c’était Valery Gergiev cette année en concert - mais à chaque fois c’était la déception pour moi par rapport à cette version de référence. Ce qui se sait beaucoup moins c’est qu’il y avait aussi une exposition à Londres à l’époque qui s’intitulait “Berlioz and the Romantic Imagination” qui avait connu un grand succès. Pour la première fois de ma vie, j’assistais à une expo avec une scénographie et des illustrations musicales - une salle pour chaque époque de la vie du compositeur - c’est chose fréquente aujourd’hui mais pas à l’époque. Toutes ces années après, je garde en mémoire toutes ces images. Je dois dire qu’aujourd’hui je n’écoute guère Berlioz, hormis la Symphonie Fantastique (dans la version Davis) et cet enregistrement de Roberto Alagna, mais ça reste un souvenir éblouissant de ma jeunesse.

3 Lucie Gardot, le 08 juillet 2014 à 13:02 :

Et aussi ses opéras comme cette “Damnation de Faust” avec une affiche de choix http://youtu.be/yrJUyo_Xb7o


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