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À propos des patrons de gauche me revient en mémoire ce trait de Michel Audiard dans la bouche de Jean Gabin (Le Président) : “Il y a aussi des poissons volants, mais ça ne constitue pas la majorité du genre.”
Proche de DSK qui a payé cher sa singularité, Matthieu Pigasse a écrit un éloge de l’anormalité qui enfonce quelques portes ouvertes dans un pays désespérément immobile, refusant obstinément l’évidence de la mondialisation et la nécessité de réformes.
Le personnage est complexe derrière ses airs de jeune loup de la finance, rock’n roll et cordial, attiré par la lumière médiatique comme pour mieux cacher ses zones d’ombres. Atypique, belle machine intellectuelle, moins cool qu’il ne veut le laisser paraître, Matthieu Pigasse est aussi un fou de musique où il perçoit peut-être la possibilité de réconcilier la part de logique et de liberté, d’ordre et de désordre, de pulsions et de raison, d’individualisme et de collectivisme qui semblent déchirer son âme, comme celle de notre temps.

Voici son programme :

- Strauss : Vier letze lieder, Im abendrot (par Elizabeth Schwartzkopf)
- Haendel : Sarabande (BO du film Barry Lindon)
- Philip Glass : Metamorphosis Two
- Grieg : La marche des trolls

Madeleines :

- Sex Pistols : “Anarchy in the UK”
- The Cure : “A reflection”
- Antony and the Johnsons : “You are my sister”

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Trente-cinq ans au service de la musique et révélateur au Conservatoire de Paris de personnalités aussi fortes et originales que Anne Gastinel, Henri Demarquette, Emmanuelle Bertrand, Edgar Moreau, Xavier Phillips ou Edgar Moreau. Philippe Muller est un grand honnête homme et un faiseur de miracles qui a poursuivi avec passion, rigueur et discrétion le rayonnement de l’école française de violoncelle. Sans exigence, l’imagination s’effrite, et sans imagination l’exigence assèche. Il faut les deux, il les a et, mieux, les a insufflées et transmises. Un hommage s’imposait. Dans le respect du passé et en direction de l’avenir.

Voici son programme :

- Une sonate de Domenico Scarlatti, de préférence par Marcelle Meyer
- J. S. Bach, un mouvement d’une suite pour violoncelle
- Schubert : La Belle Meunière, n°5, ‘Am Feierabend’ (par Dietrich Fischer-Dieskau et Gerald Moore)
- Jacques Castérède : Trois Paysages d’Automne, 1er mvt, Calme et mélancolique

Madeleines :

- Mozart : Quatuor à cordes K387
- Les Frères Jacques chantent Prévert : “Barbara”
- Chostakovitch : Concertino pour deux pianos op.94

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Avec Réparer les vivants, Maylis de Kerangal s’affirme comme un écrivain de premier plan. Son histoire de transplantation cardiaque est à la fois polyphonique et audacieuse sur le plan du rythme. Mieux qu’une “petite musique”, son style palpitant possède une veine qui élargit les artères de la fiction.

Voici son programme :

- Offenbach : Les contes d’Hoffmann, Acte II, ‘Belle nuit, ô nuit d’amour’ (par Patricia Petitbon)
- Benjamin Britten : A ceremony of carols, Op. 28, This Little Thing (par la New London Children’s Choir and Ronald Corp)
- Chopin : Etudes, Op.10 n°3 en mi Majeur, Tristesse
- Liszt : 3 Liebesträume S. 541, III. O Lieb, So Lang Du Lieben Kannst

Madeleines :

- Triggerfinger : “I follow rivers” (album Faders Up 2, live in Amsterdam)
- Ludéal : “Chevaux Sauvages” (album Paon d’or)
- Macy Gray : “Beauty in the world” (album The Sellout)

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Écrivain publié sur le tard, Bernard Minier est un exemple de constance, de courage et d’obstination qui n’a jamais rien demandé à personne avant de connaître le succès et de porter haut les couleurs de l’édition française. Rappelant le mot de Milan Kundera pour qui le roman est affaire de complexité dans un monde où la tentation du simplisme s’affirme toujours plus brutalement, il a créé un héros récurrent habité par la musique de Gustav Mahler. Lui-même est un érudit en la matière et connaît son Chant de la terre comme sa poche. Mais le thriller impose son propre rythme, sa propre mécanique auxquels on ne peut se soustraire. Dans ce cadre moins rigide qu’il n’y paraît, mais rigoureux, il est encore possible d’inventer avec passion et intelligence. La preuve !

Voici son programme :

- Mahler : Symphonie n°5, adagietto

http://www.youtube.com/watch?v=Ata-b2QSU4o

- Ravel : Pantoum, trio

http://www.youtube.com/watch?v=wkweCvBj0Pg

- Mahler : Symphonie n° 9, adagio, Leonard Bernstein (citée dans N’éteins pas la lumière)

http://www.youtube.com/watch?v=8F6fyITjrAQ

- Giordano : Andrea Chénier, La Mamma morta (par Maria Callas)

Madeleines :

- Charles Aznavour : “Il faut savoir” (Live 1972)

http://www.youtube.com/watch?v=0NiXoTOr49w

- Bruce Springsteen : “New York City Serenade”

http://www.youtube.com/watch?v=8EooiBaW1BA&feature=kp

- Etienne Daho : “Sur mon cou” (musique d’Hélène Martin, paroles extraites du Condamné à mort de Jean Genet)

http://www.youtube.com/watch?v=edtHA3pLKy4

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“Je préfère les mensonges qui élèvent aux vérités qui abaissent”, disait Charles de Gaulle. Tout le paradoxe de la Résistance est là. Mais le courage, l’honneur, le refus de se coucher, la peur, la fraternité ne sont pas des légendes. Cette page essentielle de l’Histoire de France s’est écrite en lettres de sang et ne se mesure pas de façon comptable. Gilles Perrault lui a consacré une grande partie de sa vie, recueillant des témoignages, rappelant les heures sombres de l’armée des ombres, mais chantant aussi sa beauté, sa grandeur, son indicible nécessité. Tout est magnifiquement vivant dans son Dictionnaire amoureux de la Résistance, en mémoire de ceux qui ont su dire “Non !”
NB. C’est Benjamin Péret qui a écrit Le déshonneur des poètes au Mexique.

Voici son programme :

- Carl Orff : Carmina Burana
- Haendel : Water music
- Ravel : Sonates pour violon et piano
- Bach par Anne Queffélec

Madeleines :

- Yves Montand : “Giroflée, Girofla”
- Yves Montand : “Barbara”
- Léo Ferré : “L’affiche rouge”

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Quand Ghislaine Thesmar parle de la danse, on comprend tout de l’art, de la transcendance et du bonheur qui sont le fruit d’une longue patience, mais aussi d’imagination, d’un dialogue entre l’intime et le cosmos. Elle ne sépare pas l’animal de l’intellect, à condition que cela élève, que cela porte et emporte.
Née en Extrême-Orient, elle en a gardé le raffinement, le parfum d’une époque, une tenue et une liberté. Et aussi la passion de ceux qui vont à l’extrême d’eux-mêmes. Pour inventer quelque chose qui apporte de la beauté à l’humanité. Jasha Heifetz, Janis Joplin, Balanchine sont ses héros. Noureev était son ami. Pierre Lacotte son mari qui l’a rêvé en Sylphide. Mickaël Denard son partenaire d’élection. Ensemble, ils ont franchi les barrières de l’impossible. Un moment d’exception avec une grande dame.

Voici son programme :

- Bach : Concerto pour deux violons (si possible enregistrement Jascha Heifetz)
- Prokofiev : Concerto n°2 pour violon, andante (avec Vengerov)
- Tchaikovsky : L’Elégie dans la Sérénade (Balanchine)
- Haendel : Rinaldo, ‘Lascia ch’io pianga’ (soit par Maryline Horne soit par Philippe Jaroussky)
- Ravel : Quatuor

Madeleines :

- Du gamlong indonésien
- Janis Joplin ou Elvis Presley : “Rock around the clock”
- “What happens now” que Stéphane Lerouge a fait avec Ray Brown

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Il s’est mis au piano tout seul. Avant d’entrer au Conservatoire. Puis à faire son miel de tout. Tout en baignant dans la musique romantique, il s’est intéressé à ces musiciens hyper-doués qui ont fait de la pop ou du cinéma pour vivre, mais qui cherchaient le son d’une époque en liaison avec des compositeurs savants : les François de Roubaix, les Michel Magne, les Polnareff, les Morricone…
Puis il est entré en studio pour prendre la relève. S’autorisant des balades dans son Berry natal, en pleine nature, tout près de l’âme de Chopin et George Sand. Et devenant un autre sur scène, prenant feu. Florent Marchet est de son temps. Il traduit ce qu’il sent en mots et en sons. Il vit la musique comme on creuse son terrier en rêvant d’apercevoir enfin la lumière.

Voici son programme :

- Chopin : Nocturne No. 15 In F Minor, Opus 55 No. 1 (par Milosz Magin)
- Bach : Variations Goldberg BWV 988, Aria (par Glenn Gould, version 1981)
- La Fantaisie impromptu par le Cantus in memory of Benjamin Britten d’Arvo Pärt
- Schubert : Sonate pour arpeggione et piano en La mineur, D 821 Schubert, Allegro moderato (par Benjamin Britten et Mstislav Rostropovitch)

Madeleines :

- François de Roubaix : “L’atelier”
- Michel Polnareff : “Voyage”
- Alain Goraguer : Ten et Tiwa (BO du film La Planète Sauvage)

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Elle triomphe avec modestie sur toutes les scènes internationales. Il était légitime d’inviter l’une de nos plus belles voix, trop discrète et trop rare dans notre pays.

Voici son programme :

- Whitney Houston : “I didn’t know my own strength”

- Giorgia : “Vorrei illuminarti l’anima”

- Barbra Streisand : “Lazy afternoon”

Purement classique :

- Mozart : Concerto pour clarinette en La majeur K 622

- Donizetti : Lucia di Lammermoor, Joan Sutherland, la 1ère partie de la scène de la folie jusqu’à la fin de la cadence, ‘Spargi d’amaro’

- Chopin : Concerto pour piano n°2, Largehtto (par Arthur Rubinstein)

- Renata Tebaldi : La mamma morta (1960)

- Ponchielli : La Gioconda, Suicidio (par Maria Callas)

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De manière incompréhensible, cette émission avec Zizi Jeanmaire était restée dans les cartons. Je n’en étais pas satisfait pour une raison qui m’échappe aujourd’hui. Si je me replonge sept ans en arrière, j’ai le souvenir d’une grande tension provoquée par le fait qu’un ordinateur en panne nous avait empêché d’entendre la musique choisie par Zizi. Bêtement, j’avais estimé que les conditions de l’émission n’étaient pas réunies. C’est à Yann Lauvray, le réalisateur maison de notre rendez-vous quotidien, que revient le mérite de ce sauvetage. Profitant d’un (rare) moment de liberté, il s’est replongé dans les “rushes” de l’interview et m’a assuré que cela constituait un joli moment. Réécoutant à mon tour quelques morceaux choisis, j’ai estimé qu’il y avait là une matière intéressante et le témoignage d’une très grande artiste qui allait fêter justement son 90e anniversaire.
On rend toujours hommage trop tard à ceux qui nous ont éblouis, émus et fait rêver. C’était l’occasion de prendre de l’avance sur “le terrible murmure du sablier”, comme disait Colette, et de célébrer de son vivant un trésor national et l’un des couples les plus fascinants de la scène parisienne, celui qu’elle forma avec Roland Petit, aux côtés d’un Guitry-Printemps ou d’un Cocteau-Marais.

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Promue première dame à Matignon, Anne Gravoin a reçu près de soixante-dix demandes d’interviews. Mais c’est Passion Classique qu’elle a choisi pour parler exclusivement de ce qui la passionne sans passer par la case people : la musique.
Elle s’y exprime avec simplicité et naturel. Sans jouer un rôle. Sans se monter du col ; elle a assez à faire avec la corde de sol. Les auditeurs de longue date se souviennent peut-être que Manuel Valls avait été l’un des rares invités politiques à venir dans ce qui s’appelait alors “Musique de Star” et qui avait lieu le vendredi matin. On avait pu sentir chez lui un goût sincère pour la musique.
Dans un paysage musical souvent trop divisé, sectorisé, Anne Gravoin réussit à emprunter des routes transversales sans se soucier du qu’en-dira-t-on. Le violon est un instrument très difficile, d’essence aristocratique, mais c’est aussi le compagnon des violoneux de villages, des juifs fuyant les pogroms, des tsiganes farouches, du Chevalier de Saint-Georges - le “Nègre des Lumières” né de mère esclave, de Fritz Kreisler “parlant” à des amis, d’Adolph Busch fuyant la tyrannie nazie, d’Ivry Gitlis marchant sous les étoiles du monde “les poings dans ses poches crevées”. Bref, une sorte de symbole de la liberté. Quelle drôle d’idée de lui avoir accolé une image de prison dans le jargon policier. Mais c’est peut-être parce qu’on y fait de drôles de rencontres et qu’on y vit des aventures singulières. Après tout, Jean-Sébastien Bach aussi a tâté la paille du cachot. Cette heure passée avec Anne Gravoin avait un goût d’évasion.

Voici son programme :

- Strauss : Métamorphoses pour 23 cordes
- Schubert : Quintette à 2 violoncelles
- Strauss : Le Chevalier à la Rose, final des trois femmes
- Bach : Passion Saint Mathieu, solo violon avec Ferrier…

Madeleines :

- Cigales (souvenirs de Montauban, vacances d’été)
- Tchaïkovsky : Concerto pour violon (interprété par Jascha Heifetz)
- Son d’un vélo et de pas sur des graviers

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