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Les retards de la SNCF ont parfois du bon. Ainsi Alexandre Damnianovitch qui était prévu en direct à 18 h a été bloqué à la gare de Saint-Malo. Ce qui nous a permis de rendre hommage à une autre “Micheline” du temps où les trains étaient plus lents mais l’esprit plus vif.
Micheline Dax était venue du temps de “Musique de Star” (l’horrible titre) qui avait lieu le vendredi matin, préfiguration de Passion Classique qui n’était pas encore quotidienne. J’avais pu la joindre grâce à la complicité de mon ami Jean-Noël Mirande qui conserve la grâce spirituelle d’un Chazot et la culture d’un Brialy contre vents et marées télévisuels. Elle était ravie. Le passage avec Henri Dutilleux est un moment de grâce radiophonique et une bonne claque à ceux qui s’obstinent à séparer artificiellement le “grand art” de la fantaisie. Personnellement, cela m’est pénible d’entendre mes “mmh” et “aah” et autres ponctuations parasites. Défauts de jeunesse heureusement corrigés et qui s’effacent devant l’éternelle fraîcheur d’une grande dame pour laquelle nous nous devions d’effectuer une ultime révérence émue.

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Anne Roumanoff, telle quelle

Le 29 avril 2014 à 10:49 par Olivier Bellamy

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Son sourire facile dissimule des yeux déterminés qui ne laissent rien au hasard. Elle entrevoit immédiatement le défaut de la cuirasse. Anne Roumanoff possède un tempérament tranchant qu’elle applique d’abord à elle-même. Pas forcément sympathique dans la vie, elle dit ce qu’elle pense avec une sincérité désarmante ou ne dit rien plutôt que de parler pour ne rien dire. Elle est à prendre ou à laisser. Le public “prend” puisqu’il l’apprécie depuis de nombreuses années et la place parmi ses humoristes préférés.

Voici son programme :

- Mozart : Schlafe meine prinzchen schlaf
- Mozart : Les Noces de Figaro, air de Suzanne, Un moto di gioia
- Offenbach : La Belle Hélène, On me nomme Hélène la blonde (chanté par Jessye Norman)
- Julia Migenes dans Carmen

Madeleines :

- Charles Aznavour : “Viens voir les comédiens”
- Laurent Voulzy : “Rock collection”
- Brigitte Bardot : “C’est rigolo”

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À première vue, cette belle actrice pourrait passer pour une enfant gâtée habituée à recevoir tout ce qu’elle désire. On oublie toujours quand on juge superficiellement une personne de penser “axe” et d’observer autant la pointe que le talon d’un caractère, pour utiliser la métaphore de l’archet d’un violoniste. Ainsi, si quelqu’un semble réservé et froid, c’est peut-être qu’il est tellement émotif qu’il se protège derrière une façade pour ne pas fondre en larmes à la première contrariété.
Elisa Tovati voulait sauver le monde, secourir la veuve, l’orphelin et toute leur famille. Perfectionniste et déterminée, elle a commencé très tôt. Après quelques années de psychanalyse, elle s’est rendu compte que ce n’était pas si simple. L’art étant plus parfait que la vie, comme disait François Truffaut, son énergie a pu se canaliser dans un domaine plus facile à maîtriser que le chaos de l’existence. Ce qui ne doit pas l’empêcher de vouloir à tout prix arranger les bidons de ses proches à la première occasion, car on n’arrive pas tout à fait à soigner son naturel qui comme chacun sait revient vite au galop.

Voici son programme :

Madeleines :

- Bésame Mucho
- The Eagles : “Hotel California”
- Véronique Sanson : “Ma révérence”

Titres Classiques :

- Ma préférée : Symphonie pathétique de Tchaïkovski n°6. Qui correspond si bien à mon âme slave. C’est une œuvre très tourmentée qui a beaucoup fait pleurer Tchaïkovski quand il l’a composée.
- Le thème de la Tosca de Puccini que chante Mario avant d’être fusillé. C’est beau à pleurer.
- Les Quatre Saisons de Vivaldi car c’est l’image de la vie.
- Pierre et le Loup de Prokofiev.

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À ceux qui prétendent que la critique ne sert à rien, Benoît Jacquot répond que sans son soutien il aurait peut-être cessé de faire des films. Il s’est attelé à Tosca parce que Toscan du Plantier avait besoin d’un “dompteur pour ces deux fauves” que sont Alagna et Gheorghiu. Il a ensuite monté Werther à Londres et à Paris avant de commencer bientôt les répétitions de Traviata à Bastille. Un opéra dans lequel Jonas Kaufmann a su nous tirer des larmes. Benoît Jacquot prouve qu’on peut être personnel tout en respectant l’oeuvre et la musique qu’on est censé servir sans se contenter de l’illustrer. Il a été à bonne école avec Marcel Carné et Marguerite Duras.

Voici son programme :

- Deux versions de ‘Vissi d’arte’, l’une par Maria Callas, l’autre par Angela Gheorghiu
- Massenet : Werther, Air des larmes (par Sophie Koch)
- Verdi : La Traviata, Aria de la fin de l’acte I (par Diana Damrau)
- Un extrait de Pelléas, ou bien du Rake’s progress, ou bien de Lulu

Madeleines :

- John Coltrane : Le début d’ “India”
- Ray Charles : “I got a woman”
- Paul Anka : “You are my destiny”

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Impossible de résister à cette voix étrange. Anna Mouglalis possède un timbre issu des profondeurs. Elle était légèrement souffrante au moment de l’émission et a pourtant tenu à honorer ce rendez-vous pris. Elle est donc aussi une femme de parole.

Voici son programme :

- Bach : Variations Goldberg
- Vivaldi : Stabat Mater
- Schubert : Trio pour piano et cordes n°2
- Arvo Part : Tabula rasa et De profundis

- Nino Rota : musique du film Amarcord
- Musique d’Epire
- Moustaki : “Ma liberté” (par Reggiani)

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Le monde a changé. Le pianiste le plus célèbre du monde est à la tête d’un empire. Il est influent dans la sphère économique, bénéficie de soutiens puissants et de sponsors. À l’image des grandes firmes américaines, il initie des programmes dans les écoles publiques. Sauf que la pratique du piano ne provoque pas d’obésité précoce comme le soda et l’instrument n’est pas fabriqué par des enfants de douze ans pour un salaire de misère. Sur le plan moral, rien de répréhensible, au contraire. La musique participe à l’équilibre de l’être humain et la démocratisation du répertoire classique élève les masses quand la télévision les abrutit.
La carrière de Lang Lang se calque astucieusement sur le modèle d’une entreprise de luxe dont le concert serait la vitrine, le défilé de haute couture qui génèrerait de juteux produits dérivés sans que personne ne trouve rien à redire puisqu’il vaut mieux s’habiller avec goût, sentir bon, être bien dans sa peau et bien jouer du piano que le contraire. Et tout cela en créant des emplois, du lien social, des activités culturelles. Défendre l’excellence, dans la bonne humeur.
Rien de cynique dans la démarche de Lang Lang qui est un artiste accompli, formé par les meilleurs professeurs, et aussi un homme d’affaires avisé doublé d’un philanthrope sincère avec la tête sur les épaules.
Quand je l’ai rencontré à Toulouse, il n’était pas entouré d’une cour ou d’un staff impressionnant, mais seul dans son hôtel, disponible, cordial, chaleureux. Après son concert, nous avons dîné dans un bon petit resto traditionnel. Il est arrivé rapidement, sans faire attendre les organisateurs, accompagné de sa mère et de sa petite amie. La conversation était animée, détendue. Il est on ne peut plus normal, mangeant de tout et buvant sans excès.
En donnant des concerts en Europe, il lui est souvent arrivé de proposer de venir donner gratuitement une master class au Conservatoire de la ville. Quand on a eu l’intelligence d’accepter, élèves et professeurs ont tous été charmés par sa simplicité, son humour, sa générosité. Il aime vraiment la rencontre, le partage. C’est un communicateur hors-pair. Cela fait évidemment partie d’une stratégie de conquête, mais qui ne retire rien à personne. Ensuite, chacun est libre d’aimer ou pas son jeu, comme pour n’importe quel artiste qui se produit sur une scène. À condition d’avoir l’honnêteté de venir l’entendre pour émettre un avis personnel.

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On l’a dit moralisateur, cogneur, pis encore : footballer !
Les préjugés ont la vie rude. Lilian Thuram défend une cause honorable avec intelligence et sens de la nuance. Il nous invite à combattre nos propres conditionnements culturels, idéologiques, sans oublier l’humour. Une bien belle émission.

Voici son programme :

- Luciano Pavarotti et James Brown : “It’s a man’s world”
- Chevalier de Saint Georges : Symphony op 11 en D major
- Barbara Hendricks : Ave Maria

- Mozart : La Flûte enchantée, Papageno

Madeleines :

- Miles Davis : “So What”
- Billie Holliday : “Strange fruit”
- Nou Sé Akiyo (feat. Omeka) : “Oméka Alka”

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L’archevêque d’Aix et d’Arles est un grand marcheur, un homme de silence, de prière, mais aussi de dialogue. La preuve!

Voici son programme :

- Sainte Hildegarde : extrait d’un chant pour la fête de Sainte Ursule

- Campra (compositeur aixois) : Requiem

- Morceau grégorien : Victimae pascale laudes

- Haendel : Alléluia

Madeleines :

- Chants mozarabes de Tolède (Organum)

- Chant syriaque de Qaraqosh (Ad vitam records distribution harmonia mundi)

- Chant scout : Chante et danse la bohème

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Moment de grâce avec un pianiste incomparable et un être humain d’une rare sensibilité.

Voici son programme :

Madeleines :

- Bach : Chaconne (par Henryk Szeryng)
- Sarah Vaughan
- Edith Piaf : “Sous le ciel de Paris”

- Mozart : Symphonie n°40, 1er mvt (par Joseph Krips)
- Schubert : Impromptu n°4 op. 90 (par Alfred Brendel)
- Chopin : Barcarolle (par Dinu Lipatti)

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On peut être une claveciniste extraordinaire et avoir du mal à l’expliquer avec des mots. C’est le cas de Céline Frisch. Ce n’est pas grave. Jouer et parler, ce n’est pas la même chose. À chacun son métier, même si aujourd’hui la communication est devenue une obligation pour exister.
On peut être un chef de premier ordre et répugner à s’exprimer. C’est le cas de Myung-Whun Chung qui est néanmoins passé sur le plateau de Radio Classique, entre un raccord avec son orchestre et la Symphonie n° 9 de Mahler qu’il allait donner en concert. Sans doute pour faire plaisir à Annick Noguès, sa directrice de communication, et peut-être aussi parce qu’il m’aime bien. À micro fermé, il m’a demandé : “Vous faites ça chaque jour ?” J’ai dit oui. “Quelle horreur !” a-t-il lâché. J’en ris encore.

Voici le programme :

Bach – Passion selon St Jean – Chœur d’intro – La petite bande - Gustav Leonhardt

Schumann - Dichterliebe - Lieder 7 et 8 - Fritz Wunderlich

CPE Bach – Concerto pour 2 clavecins, début 2ème mouvement – Musika Antiqua Köln

Bach – Concerts avec plusieurs instruments, vol.I - Café Zimmermann– Concerto BWV 1052 3ème mouvement – Alpha 013

Vivaldi - Concerto RV 522 pour deux violons en la mineur, 3ème mouvement - Estro Armonico – Café Zimmermann

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