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On dit “dormir comme un loir”, mais au bord de la Loire, pas question de piquer un roupillon. Tout y est invitation au plaisir, malgré les dangers, à l’harmonie, malgré une histoire tourmentée, et à la beauté. Comme nous le rappelle Danièle Sallenave, son cours ressemble à une vie entière : gazouillant à la source, turbulent et accidenté ensuite, puis majestueux dans sa maturité et indolent, sablonneux à la fin du jour. De Rabelais à la boule de fort, des châteaux aux abbayes, du sandre au muscadet, c’est deux siècles de civilisations qui s’écoulent sans fin.

Voici son programme :

1. Josquin des Prés : Mille regretz de vous abandonner ou Miserere mei deus

2. Berlioz : Nuits d’été op.7, Sur les lagunes (par Régine Crespin)

3. Poulenc : Les Ponts de Cé (par Hugues Cuenod)

4. Dutilleux : Trois strophes sur le nom de Sacher (par Yvan Chiffoleau)

Madeleines :

1. BO du film Les Choristes : Compère Guilleri

2. Rameau : La nuit

3. Jeanne Moreau chante “J’ai la mémoire qui flanche…”

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Autrefois, les antisémites avaient leur juif. Aujourd’hui, c’est le contraire. Ainsi Elie Semoun nourrit une passion pour Wagner et a partagé l’affiche avec Dieudonné-reprendre-c’est-voler.
Plus sérieusement, c’est au contact de son oncle et de sa tante, après la mort de sa mère, qu’il a découvert “l’incandescente fournaise” chère à Baudelaire. Walkyrie (et qui pleure), Tristan (suspends ton vol) ont accompagné ses jeunes années et continuent de l’émerveiller puisque, selon son propre aveu, il grandira plus tard. Chopin est sa nouvelle passion. Peut-être par goût d’envahir la Pologne pour répondre à l’injonction de Woody Allen découvrant la Tétralogie.
Drôle, attachant, la langue bien pendue, l’oeil qui frise, Elie Semoun est un cadeau du ciel. Qu’est-ce qu’on s’ennuierait sans les Juifs et les Arabes dans ce pays !

Voici son programme :

- Wagner : Fin du premier acte de la Walkyrie

- Wagner : Tristan et Isolde, Mort d’Isolde

- Chopin : Nocturne op.48 n°1

- Ravel : Pavane pour une infante défunte

Madeleines :

- Léo Ferré : “La nuit”

- Bill Evans : “You must believe in spring”, joué par Michel Legrand au piano

- Les Demoiselles de Rochefort : “Adolescent”, Gene Kelly, toujours par Michel Legrand

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Jean Tulard, impérial

Le 28 mars 2014 à 10:00 par Olivier Bellamy

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C’est un sémillant octogénaire, vif, enthousiaste et un puits de science. Rien de ce qui touche l’empereur ne lui est étranger. Les hauts faits de Napoléon comme ce qui pointait déjà chez Bonaparte. Le cinéma est sa passion, sa récréation. Il connaît les chefs-d’oeuvre, mais aussi les obscures séries B et il en parle avec la ferveur d’un grognard de la Grande Armée.
Cette escapade aux Invalides s’est révélée un moment de joie et d’émotion grâce aux auditeurs qui s’étaient rendus sur les lieux pour nous témoigner leur affection.

Voici son programme :

- La Marche Consulaire
- Mozart : La Flûte Enchantée, air de la Reine de la Nuit (chanté sous Bonaparte et massacré paraît-il. Mozart n’était pas considéré à ce moment-là !)
- Spontini : La Vestale
- Prokofiev : L’ouverture de Guerre et Paix

Madeleines :

- Rossini : L’ouverture de Guillaume Tell (la partie qui s’emballe. Dans Les Justiciers du Far West)
- Frankie Laine : “Ok Coral”
- Offenbach, Les Contes d’Hoffmann, “Scintille diamant” ou Gounod, Faust, “Gloire immortelle de nos aïeux” ou Honegger, “Les mendiants de la gloire” (BO du film Bonaparte d’Abel Gance)

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Il connaît chaque coup de crayon du grand Ingres, chaque ridule d’une pomme de Cézanne, chaque pan des séries londoniennes, vénitiennes ou rouennaise de Monet. Il pleure devant un beau Renoir, s’indigne devant le vandalisme officiel qui oublie la culture du passé pour suivre l’air du temps, mais il aime surtout partager ses connaissances profondes avec le plus grand nombre tout en racontant des histoires. Cet historien d’art qui enseigne à la Sorbonne s’est aussi fait romancier pour percer des mystères, soulever des interrogations, relier des sensibilités.

Voici son programme :

- Scarlatti : Sonate K239, F minor (par Alexandre Tharaud)
- Rameau : Dardanus, air du monstre, dans la version du nouveau disque des Arts florissants, à paraître en avril sous le titre Le jardin de M. Rameau (avec une nouvelle inédite d’Adrien Goetz)
- Gluck : Iphigénie en Aulide, ouverture (Sir John Eliot Gardiner dirige l’Orchestre de l’Opéra de Lyon)
- Offenbach : La Grande-duchesse de Gérolstein, Air de la Gazette de Hollande (direction Marc Minkowski, 2005)

Madeleines :

- Benabar : “Les râteaux” (album Les bénéfices du doute, 2011)
- Barbara : “Drouot” (version pour le disque)
- Thomas Fersen : “Louise” (1995)

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Dans la Fable de La Fontaine, le financier compte et le savetier chante. Gilles Étrillard n’a pas permis que l’un étouffe la voix de l’autre. Il les a accueillis harmonieusement sans les mettre en concurrence déloyale. Capable de parler musique jusqu’à point d’heure, il sait avant tout partager sa passion et mettre en valeur les talents qui oeuvrent pour la beauté.

Voici son programme :

Madeleines :

- Gounod : Faust, “Ah , je ris de me voir” (par Dame Joan Sutherland)
- Verdi : Il Trovatore, “Vivrà !” (par Leontyne Price et Sheryll Milnes)
- Schumann : Papillons op.2 n°8 (par Sviatoslav Richter)


- Antonio Lotti : Requiem, Miserere (dirigé par Thomas Hengelbrock)
- Monteverdi : L’incoronazione di Poppea, “Pur ti miro” (par Philippe Jaroussky et Christina Pluhar, album Teatro d’amore chez Virgin)
- Debussy : Prélude à l’après-midi d’un faune (Charles Münch dirige le Boston Symphony Orchestra)
- Vivaldi : Kyrie RV 587

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Peu de chanteurs de variétés possèdent son bagage musical solide. Émilie Simon a étudié la musique au Conservatoire de Montpellier, puis elle a poursuivi ses recherches à Paris. Elle est aujourd’hui capable de se frotter à tous les styles tout en restant à l’écoute de ses désirs d’aventures. Elle compose, arrange, orchestre, chante et joue de la musique dans un même élan créateur. Avec une originalité qui n’a rien de fabriqué.

Voici son programme :

- Purcell : Didon et Enée, When I am laid in Earth
- Haendel : Serse, Ombra Mai Fu
- Fauré : Un Rêve
- Saint-Saëns : Le carnaval des animaux, Aquarium

Madeleines :

- Kate Bush : “This woman’s work”
- Joni Mitchell : “All I want”
- Peter Gabriel : “Mercy Street”

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De sa famille protestante alsacienne, il a hérité le goût du travail bien fait, le sens des valeurs et de sa mission. Louis Schweitzer est un homme de convictions et de dialogue. La musique n’a pas voulu de lui lorsqu’il s’est s’est penché enfant sur le piano familial. Peu rancunier, il lui voue toujours un culte amoureux quand il s’agit d’aller à l’opéra ou de se laisser entraîner au creux de ses harmonies troublantes.

Voici son programme :

- Bach : Le clavecin bien tempéré (par Wanda Landowska)
- Verdi : Un extrait de Falstaff
- Mozart : Quatuor dissonances, 1er mvt
- John Adams : Un extrait de Nixon in China

Madeleines :

- Count Basie : “One O’clock Jump”
- Peggy Lee : “Fever”
- Billie Holiday : “Strange fruit”

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Prix d’interprétation à Cannes pour La double vie de Véronique, Irène Jacob a fait le choix du cinéma d’auteur. Ou disons qu’elle a fait confiance à son instinct pour se lancer dans des aventures sans se préoccuper de la conduite d’une carrière. Ces coups de coeur n’ayant pas toujours été des coups au box office, elle en a gardé une sorte d’indépendance, de distance et d’intégrité avec un métier qui peut vous bouffer tout cru. Sa voix lumineuse, sa présence pleine de bienveillance laissent transparaître une âme libre et légère. Elle a répondu présent quand le pianiste Piotr Anderszewski l’a contactée pour un projet à La Roque d’Anthéron. Elle est toujours là dès qu’il s’agit de porter un beau texte avec de vrais artistes. Elle prête sa flamme intérieure au CD Baudelaire le musicien. Elle aime ceux que leurs ailes de géant empêchent de marcher.

Voici son programme :

- Saint-Saëns : Rondo Capriccioso
- Poulenc : Un extrait de L’histoire de Babar
- Bizet : Sur les remparts de Séville

- Schubert : Sonate Arpeggione
- Un extrait d’une suite de Bach
- Mozart : Requiem, Lacrimosa
- Un morceau du disque ‘Charles Baudelaire le musicien’ (Wagner)

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Il dégage un tel mélange de force et de sensibilité qu’on ne sait pas s’il va vous fusiller du regard ou fondre en larmes. Ses yeux sont pleins de rêves et de voyages, d’harmonies du beau pays de France et de rythmes tropicaux, de combats singuliers, d’amours perdus et de chants retrouvés. Bleus à force d’avoir scruté l’horizon, rouges d’avoir trop veillé la nuit dans l’attente d’une vision ou d’une chute pour sa chanson, noirs à force de boire l’encre de Cendrars et d’Aragon ou d’avoir trop gueulé. Sa voix est un soleil couchant qui réchauffe et qui saigne. Sa main est ferme et solide. C’est une main de travailleur, une main de boxeur avec des doigts de poète, pour compter les pieds de ses vers, avant de prendre le dernier pour la route. On n’est jamais sérieux quand on a dix-sept ans, ni quarante, ni soixante et qu’on est le funambule de ses passions hallucinées, entre Rimbaud, Cocteau et Picasso, hisse et oh. Mais l’on est debout, face au vent, pour embrasser le monde entier.

Voici son programme :

- Ravel : Quatuor à cordes (par le Quatuor Ébène)

- Bach : Toccata et Fugue

- Debussy : La mer

- Gabriel Fauré : Nocturne n°4

Madeleines :

- Bonga : “Sodade”

- Joao Gilberto : “Desafinado”

- Léo Ferré : “La mémoire et la mer”

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1. Si c’était à refaire, je commencerais par la culture, disait Jean Monet, l’un des pères de la construction européenne.
La chaîne Arte a rectifié l’erreur originelle. Voulue par François Mitterrand et Helmut Kohl, c’est une belle aventure culturelle, une utopie identitaire qui n’est pas un repli sur soi mais une ouverture au monde. Jérôme Clément en a été le tuteur jusqu’à sa majorité. Il la laisse poursuivre sa route sans la perdre de vue.
2. Je suis allé entendre le pianiste autrichien Ingolf Wunder au théâtre du Palais Royal hier soir. Il est arrivé deuxième au dernier Concours Chopin de Varsovie, mais il était le premier dans mon coeur. C’est l’anti Lang Lang. Pianiste à l’ancienne (robustesse, culture, goût, raffinement, pudeur, frac !), programme à l’ancienne (Variations Eroïca de Beethoven, Andante spianato et Grande Polonaise de Chopin…). Émotion d’un style en voie de disparition et nostalgie d’une époque ravivée par les dimensions humaines de ce petit théâtre à l’italienne. Une merveille. Lui aussi a placé la culture au centre.

Voici le programme de Jérôme Clément :

Madeleines :

- Strauss : Till Eulenspiegel
- Massive Attack : “Karmacoma” (musique diffusée lors du spectacle de Chéreau “Dans la Solitude des Champs de Coton”. En souvenir de Chéreau)
- Beethoven : Sonate n°2 (interprétée par Daniel Barenboim)

Musiques classiques :

- Schubert : Sonate (interprétée par Alfred Brendel)
- Bach joué par Anne Queffelec, tiré de son album Contemplation : sarabande ou un des préludes ou “Ich ruf’ zu dir, Herr Jesu Christ” BWV 639
- Debussy : Pelléas et Mélisande, Acte 3, “Que font-ils ?” (Golaud/ Yniold)
- Philip Glass : Einstein on the beach, opéra donné au Châtelet, 3e partie

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