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Il est une légende vivante. Un comédien instinctif, génial, et peu loquace sur son art, tel un mille-pattes incapable de dire quelle patte il lève en premier lorsqu’il se déplace. Mais son charme agit au moindre mot et son humour est redoutable. Elle est une comédienne délicieuse, une femme sensible et cultivée. Rien n’échappe à sa curiosité : la musique, la danse, la littérature. L’art sous toutes ses facettes est son milieu naturel. Elle en parle avec passion et intelligence.
Bref, un couple idéal. En une heure, nous avions l’impression de partager leur intimité lors d’un repas de famille.

Voici leur programme :

- Chopin : Lento de la Sonate n°3
- Beethoven : Sonate n°32 op.111, 1er mvt (par Ivo Pogorelich)
- Scarlatti : Sonates (par Ivo Pogorelich)
- Haendel : Rinaldo, ‘Lascia chio pianga’ (par Patricia Petibon, album Rosso)

Madeleines :

- Billie Holiday : “Anita O’Day”
- Barbara : “Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous”
- Musique de Zamphir (flûte folklorique roumaine)

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Mis à part quelques extrémistes, personne ne conteste le fait qu’il vaut mieux vivre dans un pays laïc que dans un État religieux. Ensuite, il y a quelques pommes de discorde, quelques habitudes culturelles qui peuvent se régler aimablement dans le respect de chacun, en évitant soigneusement d’être tiré vers des dérives radicales qui vont à l’encontre de ce qu’on prétend défendre. Et une nécessaire vigilance collective s’impose pour se prémunir de tout ce qui pourrait attaquer les fondements de la démocratie et de la liberté de penser ou de croire.
Henri Pena-Ruiz est un défenseur acharné du principe de laïcité. Pas de signe religieux ostentatoire dans l’espace public. C’est la loi. Les tribunaux règlent tant bien que mal les cas litigieux. Pas d’huile sur le feu.
En même temps, il a des convictions marxistes clairement affichées. Et il est professeur. Met-il ses convictions au vestiaire, face à ses élèves, selon un principe de neutralité qu’on est en droit d’attendre d’un enseignant de la République ? C’est une question, pas une provocation.
Tout en se défendant d’être un anti-religieux, Henri Pena-Ruiz dans son Dictionnaire amoureux de la laïcité ne fait pas montre d’une réelle objectivité en pointant les passages tendancieux des textes sacrés, dont l’application à la lettre, Dieu merci, tomberait sous le coup de la loi. Les religieux eux-mêmes les discutent sans fin.
Henri Pena-Ruiz prêche pour sa paroisse, si l’on veut bien accepter ce glissement sémantique. Car, comme le disait Freud, l’homme ne peut pas renoncer, il ne peut substituer. Donc en déclarant “Dieu est mort”, nombre d’intellectuels éclairés tombent tout naturellement dans un autre catéchisme.
Je ne suis ni un pilier d’église ni une grenouille de bénitier, mais il n’est jamais inutile pour l’esprit de creuser les dogmes cachés derrière l’absence affichée de dogmes. Pour le reste, entre personnes raisonnables et de bonne volonté, tout finit par s’arranger en accordant ses violons.

Voici son programme :

1) Jose Tellaeche, Reveriano Soutullo et Teresa Berganza : Pasacalle de las mantillas, Zarzuela ‘El ultimo romantico’
2) Erik Satie : Gymnopédie n°1 (par Pascal Rogé ou autre)
3) François Couperin : 3ème Leçon de Ténèbres (extrait choisi dans le CD ‘Tous les matins du monde’ ; je trouve les voix d’enfants très émouvantes, plus à mon sens que dans la belle interprétation d’Arthur Deller)
4) Beethoven : Concerto pour piano et orchestre n°3, 2e mvt (par Alfred Brendel et James Levine)

Madeleines :

1) Addinsell : Concerto de Varsovie pour piano et orchestre (Gabriel Tacchino et l’Orchestre Philharmonique de Montecarlo dirigé par Armin Jordan)
2) Jean Ferrat : “Ma France”
3) Jean Baptiste Clément : “Le temps des cerises”
4) Pierre Perret : “La femme grillagée”

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C’est un musicien intègre, un violoncelliste habité par son art. Intense, concentré et épris d’harmonie entre tous les paradoxes de la musique.
C’est aussi un homme de coeur qui sait rappeler ce qu’il doit à son mentor, Slava Rostropovitch, qui rend hommage à son père, et qui défend la musique d’un ami, le compositeur Olivier Calmel.
Bref, un grand bonhomme.

Voici son programme :

Madeleines :

- Dvorak : 1er mvt du concerto pour violoncelle (avec Karajan et le Philharmonique de Berlin)
- Chostakovitch : Scherzo du concerto pour violon n°1 (avec David Oïstrakh et l’Orchestre de Leningrad)
- Debussy : Préludes (par Walter Gieseking)

Morceaux :

- Dutilleux : 2e mvt de la 1ère symphonie
- Prokofiev : 1er mvt du 2e concerto pour piano (par Evgeni Kissin, avec l’Orchestre Philharmonia et Ashkenazy)
- Olivier Calmel : Concerto
- Musiques de son père compositeur

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Joli moment passé avec une délicieuse actrice.

Voici son programme :

- Mendelssohn : Cello Sonata n°2 in D majeur op.58 (par Anthony Leroy et Sandra Moubarak)

- Ravel : Boléro

- Erik Satie : Gymnopédie n°1

- Bellini : Norma (par Maria Callas)

Madeleines :

- Alain Bashung : “Vertige de l’amour”

- Arthur H : “Cool jazz”

- Benjamin Biolay : “15 septembre”

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Depuis le début de sa carrière, le ténor Rolando Villazon rencontre à la fois l’amour d’un public fidèle et croissant, le parrainage affectueux de géants comme Daniel Barenboïm et les réserves d’une partie de la critique ou des spécialistes de l’art lyrique.
Il poursuit sa route ! Il suit ses envies ! Il aborde les répertoires qui le touchent. Il met en scène, présente des shows télévisés, vient d’écrire un livre, sans se soucier du qu’en-dira-t-on, sans plan de carrière défini. C’est un vrai artiste. Qui l’aime le suive !
Son talent est grand, son enthousiasme communicatif et son étoile généreuse.

Voici son programme :

- Mozart : Air de concert “Con ossequio, con rispetto”
- Mozart : Symphonie Jupiter
- Bernstein : Ouverture de Candide

Madeleines :
- Mozart : Petite Musique de Nuit
- Stravinsky : Pulcinella

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1. Je relis la lettre que m’a envoyée Loïk Le Floch-Prigent, le 7 novembre 2010 de sa cellule 166, 1ère division, à la prison de Fresnes :
“Alors que l’heure de votre émission me trouve en général à l’extérieur, en plein travail, et que j’ai beaucoup de mal à l’écouter en entier, j’ai le plaisir désormais de pouvoir l’écouter tous les jours. Votre horaire, vous ne le savez sans doute pas, est parfaitement adapté à la vie carcérale. Le repas est servi à 17 h 30. À 18 h, les portes se ferment… définitivement, jusqu’à 7 h du matin. C’est la période la plus pesante pour tous les détenus (…) et je me suis aperçu que beaucoup vous écoutaient ici à cette heure douloureuse. Vous nous faites découvrir tous les jours, en profondeur, une facette de personnages connus ou moins connus et c’est toujours passionnant, car votre enthousiasme est communicatif et on en arrive à oublier notre environnement. Soyez-en remercié, par moi, au nom de tous.”

2. Quand j’ai reçu avec joie le Laurier de la meilleure émission de radio 2013, le 17 février 2014, à l’hôtel de ville de Paris, j’ai tenu à dire un mot pour les personnes seules, malades ou incarcérées. Sans cette lettre de Loïk Le Floch-Prigent et sans le travail que nous faisons à Radio Classique avec la Fondation Carla-Bruni-Sarkozy, pour rapprocher la musique vivante de ceux qui en sont privés, je n’y aurais peut-être pas pensé.

Voici son programme :

Madeleines :

- Tri Yann : “La dérobée de Guingamp” (dans le CD ‘La découverte de l’ignorance’)

- John Coltrane : “My favourite things” (1961) avec Mc Coy Tiner, Steve Davis, et Elvin Jones

- Edith Piaf : “Hymne à l’amour”

Quatre morceaux :

- Mozart : Concerto pour clarinette (avec Benny Goodman, enregistrement Charles Munch, 1955)

- Mozart : duo entre Fiordiligi et Dorabella dans Cosi fan tutte, 1er acte, de “Guarda sorella” à “Amore di faccia vivendo penar” (enregistrement 1966, avec Elisabeth Schwarzkof, Christa Ludwig et Karl Boehm)

- Verdi : duo entre Don Carlos et Rodrigo dans Don Carlos, “Dio che nell’alma infondere” (avec Georg Solti)

- Teresa Stritch-Randall : soit le “Vidit suum dulcem natum” dans le Stabat Mater de Pergolese (1955), soit Donna Anna ou la Comtesse au festival d’Aix-en-Provence (1954, 1955, 1956)

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“Tout homme a deux pays, le sien et la France” a dit Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis. Du fond de sa Sibérie natale, l’écrivain Andreï Makine semble l’avoir entendu, d’abord par la voix de sa grand-mère qui lui chantait Aux marches du palais. Prix Goncourt pour Le testament français qui a reçu également le Goncourt des Lycéens et le prix Médicis, il vient de rendre hommage à Jean-Claude Servan Schreiber, bien oublié à 96 ans, alors qu’il a servi la France en 1939-41, avant d’être renvoyé chez lui comme juif, selon les lois de Vichy, puis de s’engager dans la Résistance. Un destin admirable que raconte magnifiquement Andreï Makine.
Je viens de recevoir un mot d’une petite écriture fine et assurée : “Excusez mon retard ! Je tenais à vous remercier de m’avoir cité formellement lors d’une de vos récentes émissions de radio. Bien sincèrement vôtre. Un vieillard. JC Servan-Schreiber.”

Voici son programme :

- Tchaïkovski : Juin (Les Saisons)
- Khatchatourian : Danse du sabre
- Saint-Saëns : Introduction et Rondo capriccioso

Madeleines :
- Aux marches du palais
- Les bateliers de la Volga
- Malbrough s’en va-t-en guerre

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Qu’il puisse y avoir encore des chevaliers servants de l’art et de la beauté prêts à engloutir leur fortune acquise à la sueur de leur front pour faire revivre un chef-d’oeuvre d’architecture en péril et l’offrir au monde doit nous émerveiller et nous rendre infiniment reconnaissant. Car, ainsi que nous l’a raconté Jacques Garcia, ce fut long et douloureux. Une entreprise folle ! Vingt ans d’obstination, de doutes, d’avaries en tout genre, mais aussi d’amour et de soin du détail. Le château du Champ-de-Bataille, ses salons, ses cuisines, son cabinet de curiosité, sa bibliothèque, sa chapelle, ses jardins, ses jeux d’eau, rien n’a été laissé au hasard. Il ne survivra désormais que grâce aux visites des curieux et des promeneurs. Courez-y !

Voici son programme :

- Verdi : La Traviata, Addio del passato (par Maria Callas)
- Bizet : Les Pêcheurs de perles, Je crois entendre encore (par Alain Vonzo)
- Lully : Atys, Acte 3, scène 4, Le songe d’Atys, Le sommeil, L’air des songes agréables (par l’ensemble Les Arts florissants dirigé par William Christie)
- Caccini : Ave Maria (par Innessa Galante)

Madeleines :

- Luis Mariano : “L’amour est un bouquet de violettes”
- Grace Jones : “La vie en rose”
- Charles Trenet : “Douce France”

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Il y a une pensée catholique, de grands écrivains catholiques, de grands musiciens catholiques et des saints qui n’ont pas à rougir de leurs actions. Alors pourquoi cette timidité du dedans, cette frilosité, cette culpabilité lancinante ? L’Église a son mot à dire, des valeurs à défendre, une réflexion humaine à partager. Son premier mot est “Amour”, Matthieu Rougé nous le rappelle. Qu’au nom de cet amour, certains hommes aient fait la guerre ne doit pas balayer honteusement d’un revers de la main des siècles d’élévation spirituelle que nous rappellent la splendeur des cathédrales ou les Passions de Jean-Sébastien Bach. “Dieu est Dieu, nom de Dieu”, tonnait le philosophe Maurice Clavel sur le plateau d’Apostrophes. “C’était leur seule litanie / Leur Credo, leur Confiteor / Les copains d’abord” enchaînait Brassens qui pouvait bouffer du calotin ou de la bigote sans renier les racines chrétiennes de sa langue et de son pays.

Voici son programme :

Trois morceaux qui me rappellent des souvenirs forts :

· Schumann : Scènes d’enfant, par Vladimir Horowitz (Le résumé de mon enfance, pleine de joie, de découvertes et de rêveries)
· Puccini : Tosca, Vissi d’Arte, par Maria Callas
· Franck : Prélude pour orgue (Olivier Penin – Hommage aux maîtres de Sainte-Clotilde – Editions Festivo Amersfoort Holland) (Souvent joué durant mes années à Sainte-Clotilde)

Quatre morceaux que j’aime :

· Bach : Final de la Passion selon Saint Jean, Raphaël Pichon
· Mozart : Kyrie de la Messe du couronnement
· Schubert : Le roi des aulnes, par Dietrich Fischer-Dieskau
· Poulenc : Stabat Mater, première section

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Philippe Bouvard, opus posthume

Le 10 février 2014 à 12:42 par Olivier Bellamy

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Dans le tombeau, il continuera d’en rire. Ne comptez pas sur lui pour jouer les cadavres exquis. Philippe Bouvard a trouvé le moyen de couper l’herbe sous les pieds de la Grande Faucheuse. Les racines des pissenlits n’ont qu’à bien se tenir. Quant aux vers, ils continueront de marcher par douze pour agrémenter son voyage vers l’éternité qui, comme le rappelle Woody Allen, est très longue, surtout vers la fin.

Voici son programme :

Madeleines :

- Un morceau de jazz, par Petrucciani

- Chopin, par Arthur Rubinstein

- Jacques Brel : “Rosa”

Morceaux classiques :

- Bach : Concerto brandebourgeois n°3

- Tchaïkovski : L’ouverture du Lac des Cygnes

- Rossini : Le Barbier de Séville, L’air de la calomnie

- Gilbert Bécaud : L’Opéra d’Aran

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