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Recevoir Charles Aznavour est toujours un grand honneur. Surtout en direct. À 89 ans, il dégage une énergie concentrée, une volonté de fer, un feu intérieur qu’on a parfois pris pour de la dureté. C’est vrai qu’il peut être cassant, mais seulement quand il ne trouve pas en face de lui un professionnalisme sinon égal au sien du moins pas dans les choux.
Comme il est devenu dur d’oreille, il faut lui parler distinctement et près de lui, comme le fait son fils, un vigoureux garçon, doux et cultivé qui s’occupe de lui. Quand j’ai fait remarquer à Charles Aznavour combien il était jeune et beau, il m’a répondu, narquois et faussement blessé : “Et alors ?” Nous avons bien ri.
Charles Aznavour est taillé d’une pièce. Pas de salamalecs et de finasseries avec lui, pas de bla-bla et de chichis. Ce qui n’empêche pas une vive sensibilité et une tendresse dans l’oeil. Mais c’est un roc !

Voici son programme :

- Chopin : Préludes (par Alfred Cortot)

- Bach : Concerto pour deux violons

- Aram Khatchaturian : Gayaneh

- Bizet : Carmen, l’air du toréador (par Ruggiero Raimond)

Madeleines :

- Charles Trenet : “Y’a d’la joie”

- Maurice Chevalier : “Donnez-moi la main Mam’zelle”

- Edith Piaf : “Le Fanion de la Légion”

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Elle était toute contente de faire l’émission et même un peu surprise d’être invitée. Elle est très gentille. Avant l’émission, je lui dis que j’aimerais qu’elle me parle de Balachova et ma langue fourche ; je dis : Bachalova. Quelqu’un d’autre m’aurait jeté un regard perçant et courroucé d’aigle fondant sur sa proie, elle m’a doucement corrigé. Je me suis excusé, confus, et elle m’a dit : “Non, non, ce n’est pas grave.” Ça n’a l’air de rien, mais pour moi ça en dit beaucoup sur une personnalité.
Elle ne ressemble en rien à ces acteurs de théâtre (avec trois accents circonflexes sur le a) qui sont comme la reine dans Blanche-Neige : “Miroir, miroir, dis-moi qui est la plus belle.” D’ailleurs elle s’habille un peu n’importe comment, ce qui ne l’empêche pas de dégager quelque chose de racé, de singulier, de raffiné. Et puis il y a la voix de Josiane Stoléru. Une voix très musicale, qui ne chantonne pas, qui ne déclame pas, mais qui fait qu’on a tout de suite envie d’être ami avec elle.

Voici son programme :

- Brahms : Danses Hongroises

- Mozart: Dom Juan, ‘La ci darem la mano’

- Bach : Prélude n° 1

- Verdi : Requiem, Dies irae

Madeleines :

- Nina Simone : “Ne me quitte pas”

- Charles Trenet : “Boum”

- Leonard Cohen : “Take this waltz”

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Qu’on ne s’y trompe pas, Françoise Bourdin n’écrit pas des romans de gare ni des bluettes à l’eau de rose. Elle sait raconter des histoires. De sombres histoires de luttes familiales, de tensions amoureuses… “de tromperies, de voleries, de duperies” comme dit Carmen. Ses parents étaient du reste des vedettes de l’opéra : Roger Bourdin et Géori Boué ont connu leurs heures de gloire, et leurs drames. Voilà qui a sans doute initié très tôt Françoise Bourdin à mêler le rêve et la réalité pour la plus grande joie de ses nombreux lecteurs.

Voici son programme :
- Massenet : Manon, acte 3, ‘Je marche sur tous les chemins’ (par Geori Boué)
- Rachmaninov : Concerto n°3 opus 30, Allegro
- Messager : “Véronique”, acte 2, Duo de l’âne (par Geori Boué et Roger Bourdin)
- Schubert : Trio opus 100, Andante

Madeleines :
- Barbara Streisand : “Memory”
- Stromae : “Formidable”
- Edith Piaf : “Mon Dieu”

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Marianne James, du nougat au bagou

Le 25 novembre 2013 à 10:43 par Olivier Bellamy

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Le chant mène à tout. Le nougat aussi. Née à Montélimar, de parents pâtissiers, Marianne James est montée à Paris pour étudier l’art lyrique au Conservatoire de Paris. On connaît la suite. Ulrika von Glott a fait connaître l’artiste, la Nouvelle Star a fixé un visage, un tempérament. Aujourd’hui, Miss Carpenter triomphe sur les planches. De l’humour à revendre, de l’énergie sans compter, Marianne James est devenu un personnage incontournable.

Voici son programme :
- Khatchatourian : le final de Spartacus
- Rossini : Le barbier de Séville, ‘Una Voce poco fa’ (par la Callas)
- Mozart : Le sextuor de Cosi Fan Tutte
- Strauss : Morgen (lied, par Kiri te Kanawa)

Madeleines :
- Purcell : Didon et Enée, ‘When I am laid’
- Tina Turner : “Proud Mary”
- The Verve : “Bitter sweet symphony”

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Son émission “Des racines et des ailes” passionne des millions de téléspectateurs depuis quinze ans. On y célèbre la mémoire des lieux, le travail des hommes et la beauté des paysages de ce pays. Sa nouvelle trouvaille, “Le grand tour”, élargit géographiquement la focale et les artistes y sont toujours présents : Valery Gergiev à Saint-Pétersbourg, Cecilia Bartoli à Naples… La plus grande fierté de Patrick de Carolis lors de son passage au sommet de France Télévisions reste la place de la culture qu’il a su défendre au sein du vaisseau.

Voici son programme :
Madeleines :

- Stacey Kent : “Samba Saravah” (en français, album : Dreamer in concert)

- Ottmar Liebert : “Barcelona Nights” (album : Nouveau Flamenco)

- Harry Belafonte : “Merci Bon Dieu” (album : Best of)

Classiques :

- Donizetti : Lucrezia Borgia, ‘Il segreto per esser felici’ (par Vivica Genaux, album : Canto Arias)

- Hasse : La clemenza di Tito, ‘Se mai senti’ (par Philippe Jaroussky)

- Chopin : mouvement lent du Concerto n°2 (par Brigitte Engerer)

- Beethoven : Concerto pour piano, violon et violoncelle, Triple-3, Rondo alla Polacca (par Slava Rostropovich)

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Il y a ceux qui s’indignent sur l’air de “y’a qu’à” et “faut qu’on” et qui oublient. Et puis il y a ceux qui sont tellement choqués par une injustice qu’ils retroussent leurs manches. Cela fait soixante ans que Gilbert Cotteau s’est ému de la douleur des fratries d’orphelins séparés et qu’il a créé SOS Villages d’enfants dans son bled natal de Busigny (Nord). L’association laïque et apolitique est devenue internationale. Tonton Gilbert, comme l’appellent les orphelins qu’il a suivis d’année en année, reste aussi simple, amical, chaleureux et ne cesse d’avoir des idées nouvelles pour bâtir des bouts d’humanité sans juger quiconque, sans dénoncer et sans jamais se plaindre de quoi que ce soit.

Voici son programme :

- Giuseppe Verdi : Nabucco, ‘Chœur des prisonniers’ (par exemple par le chœur et l’orchestre de l’Opéra de Rome, sous la direction de Riccardo Muti)

- Georg Fr. Haendel : Rinaldo, ‘Lascia ch’io pianga’ (de préférence extrait du film ‘Farinelli’, en raison des choix vocaux du réalisateur Gérard Corbia)

- Franz Schubert : Impromptu op. 90 n° 1 (par Alfred Brendel)

- Musique classique arabo-andalouse : album ‘Alcantara’ (par exemple Chant 1 : ‘Ode d’Ibn Arabi’, chantée par Amina Alaoui, artiste marocaine)

Madeleines :

- Mozart : Concerto pour clarinette, Adagio, 2e partie

- Chanson des blés d’or (chantée par Armand Mestral)

- Brahms : Pièce pour piano op. 119 n°1 (par exemple interprété par Murray Perahia)

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Sympathique Thomas Hugues

Le 20 novembre 2013 à 15:21 par Olivier Bellamy

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Regard clair, sourire cordial, poignée de mains franche, Thomas Hugues est bien à la ville comme à l’écran. Il est aussi le parrain d’une association visant à protéger les enfants orphelins de sapeurs pompiers.

Voici son programme :
- Chopin : Sonate pour piano n°2 (par Hélène Grimaud). Souvenir d’un concert à Pleyel en 2005.
- Mozart : Requiem, en référence au film ‘Amadeus’ de Milos Forman.
- Bach : Jésus que ma joie demeure. Souvenir du spectacle d’Alexandre Astier.
- “L’invitation au voyage” de Béatrice Thiriet (ma cousine ! qui a travaillé pour Radio Classique et signe également beaucoup de musiques de film…).

Mes Madeleines :
- Gainsbourg : “La javanaise”, interprétée par les Gevrey Chambertin, groupe génial qui joue en ce moment au Dejazet
- Queen : “Another one bite the dust”
- U2 : “Sunday bloody Sunday”

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France Brel : “Jacques a dit”

Le 19 novembre 2013 à 10:23 par Olivier Bellamy

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D’abord, il y a l’accent. Le chaleureux accent belge, une fois. Et puis ce mélange d’honnêteté, de simplicité, de passion, d’humour. Pas de posture. France Brel dit les choses comme elles sont, avec franchise mais non sans nuances, et comme elle a beaucoup travaillé sur la mémoire et l’héritage de Jacques Brel, elle a beaucoup à dire. Depuis trente ans qu’elle a créé la Fondation Jacques-Brel, pas une journée ne se passe sans que des demandes affluent du monde entier, auxquelles il faut bien répondre et du mieux qu’on peut. L’homme n’est plus, mais le poète est toujours vivant.

Voici son programme :
- Ravel : Concerto pour la main gauche
- Ravel : Concerto en Sol pour piano et orchestre
- “Les désespérés” :  paroles de Jacques Brel, musique de Gérard Jouannest © 1965, Editions Jacques-Brel

- Beethoven : 1er mouvement de la symphonie n°5 en Ut mineur
- Prokofiev : un extrait de “Pierre et le loup” par Jacques Brel
- Liszt : 1er mouvement du concerto n°1 en Mi bémol majeur

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Serge Moati, la part d’ombre

Le 16 novembre 2013 à 12:03 par Olivier Bellamy

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Dans Le vieil orphelin, Serge Moati fait entendre la voix d’Henry, le prénom que lui ont donné ses parents, avant qu’il ne choisisse celui de son père disparu quand il n’avait que onze ans, la voix du petit garçon qui s’est longtemps tu, l’artiste caché derrière le réalisateur compulsif, le producteur tout-puissant, le bateleur médiatique, mais aussi l’homme de convictions, celui qui donne la parole aux faibles et aux humiliés de la terre, sans être dupe qu’il s’agit tout de même d’un (honorable) fonds de commerce. Ce sont toutes ces contradictions qu’il nous livre avec sincérité, charme et émotion, sans oublier la ruse du conteur qui sait qu’il jongle avec le vrai et le faux, tâchant d’être, selon le mot de Cocteau “un mensonge qui dit la vérité”.

Voici son programme :
- Ravel : Pavane pour une infante défunte
- Ravel : Concerto pour la main gauche
- Debussy : La Mer
- Mozart : La Flûte enchantée

Madeleines :
- Léo Ferré : “Est-ce ainsi que les hommes vivent?”
- Charles Aznavour : “Je m’voyais déjà”
- BO du film ‘Chantons sous la pluie’

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Ibrahim Maalouf, musicien complet

Le 16 novembre 2013 à 10:19 par Olivier Bellamy

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À l’heure où l’hyper-spécialisation est devenue la règle, le trompettiste franco-libanais renoue avec une tradition ancienne qui consiste à jouer, improviser, composer, enseigner. Moderne, il l’est par sa culture éclatée et son mélange des genres : répertoires baroque et classique, jazz, musique orientale, musique de film, métissage… C’est une belle idée de la part de l’Association des orchestres français de l’avoir choisi comme parrain d’Orchestres en Fête, car il incarne bien cette ouverture d’esprit qui prévaut dans les phalanges hexagonales et cette recherche active de nouveaux publics. Marqué par le travail de son père, Amine Maalouf, sorte de grand-prêtre de la trompette qui n’a jamais sacrifié l’essentiel de sa mission face aux sirènes de la notoriété, Ibrahim Maalouf poursuit son chemin singulier tout en restant attentif à l’éclosion des jeunes talents. Virtuose de son instrument, il pourrait paraphraser Yves Nat en décrétant : “Tout pour la musique, rien pour la trompette.” Quand on veut décrocher la lune, nul besoin de regarder ses doigts.

Voici son programme :

- Grieg : Peer Gynt
- Dany Elfman : Batman (Returns suite)
- Rachmaninov : Concerto pour piano
- Ernest Bloch : Shlomo

Madeleines :

- Stevie Wonder : “Superstition”
- Isabel Sorling : “Heading up nort”
- Oxmo Puccino : “L’enfant Seul”

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