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Isolde de légende, fascinante Kundry, sublime Leonore, Clytemnestre de chair et de sang (courez l’entendre dans l’Elektra de Richard Strauss à l’Opéra de Paris), Waltraud Meier est l’une des pierres angulaires du théâtre chanté d’aujourd’hui. Muse de Patrice Chéreau, elle fut l’instrument parfait de ce metteur en scène de génie. Fidèle interprète de Daniel Barenboïm, elle l’a entendu lui dire un jour : “Nous sommes comme la main et le gant, mais je ne sais pas qui est quoi.” Il n’y a pas meilleur compliment pour une chanteuse dévouée corps et âme au personnage et à l’oeuvre, pas à son ego ou à sa carrière. Une magnifique rencontre.

Voici son programme :

Pour le choix des madeleines :
- Beethoven : Triple concerto
- Miles Davies
- Bach : Passion selon Saint Mathieu

En illustration : Liebestod de Wagner, Parsifal et 9e Symphonie de Beethoven (Divan Orchestra/Barenboïm).

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… mais le “charme” au sens magique du terme, pas seulement comme on dit que la pharmacienne de son quartier n’en manque pas parce qu’on est pris d’une bouffée de chaleur qui n’a rien de météorologique dans son officine.
La voix de Claire Keim ressemble aux accords suspendus d’une mélopée de Debussy. Elle s’excuse de ne pas trouver les mots justes, mais comment lui dire qu’elle pourrait lire le Vidal, si elle était médecin, qu’on serait immédiatement guéri, sans même passer chez la pharmacienne justement.Mystère d’un timbre enveloppant et doux, beauté d’un léger voile que Salomé n’aurait nul besoin d’ôter pour rendre sa danse inoubliable. Sacha Guitry lui-même en aurait été tout tourneboulé et il l’aurait mise à l’affiche si Éric-Emmanuel Schmitt ne lui avait pas grillé la politesse dans sa dernière pièce.

Voici son programme :
- Mozart : Symphonie 40, 1er mvt
- Rachmaninov : Concerto n°1
- Beethoven : Sonate n°8 “Pathétique”, 2e mvt
- Satie : Gnossienne n°1

Mes madeleines :
- “La chanson d’Hélène”, extrait du film ‘Les choses de la vie’
- Bernstein : West Side Story, “Tonight”
- Pink Floyd : “Good bye blue sky”

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Elle a l’air de vivre comme tout le monde. C’est son destin et son métier qui sont extraordinaires.
En interview, Sylvie Vartan dégage une sorte de neutralité bienveillante, de nonchalance absente, une sorte de pilotage automatique. Il faut creuser pour chercher la vraie Sylvie. Elle a répondu dix mille fois aux mêmes questions, elle l’accepte avec discipline et simplicité, sans chercher à être originale. Sa vie a été étalée dans les journaux, on sait presque tout d’elle. Sauf ce qu’elle doit réserver à son cercle d’intimes. Au fond, c’est la scène qui la fait se sentir vivante, qui la pousse à se dépasser. Pour le reste, son élégance naturelle lui permet de franchir les aléas d’une vie qui comporte son lot de joies et de drames, comme tout un chacun.

Voici son programme :

- Tchaikowski : Concerto n°1 pour piano
- Mozart : Requiem
- Maria Callas
- Pavarotti

Madeleines :
- Gaston Ouvrard : “Je ne suis pas bien portant”
- Georges Brassens : “L’auvergnat”
- John Lennon : “Imagine”

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Il est vif, sûr de lui, brillant dans le travail, mais avec quelque chose d’effacé, de mélancolique, de timide dans la vie, quand il ne connaît personne ou qu’il ne se sent pas à sa place. Bref : sensible, écorché. Regard inquiet, débit à la mitraillette, sincérité.
Pierre Palmade a commencé très jeune et il est toujours là, quand tant d’humoristes à succès ont disparu de la circulation.
Il aime les garçons, son diable au corps, sa vie de patachon, mais il a surtout écrit pour des femmes, aimé des femmes, admiré des femmes : Muriel Robin, Jacqueline Maillan, Michèle Laroque, Véronique Sanson. Il vieillit bien, se renouvelle avec talent, continue à nous faire rire, commence à nous émouvoir. Il va finir par dompter ses démons et s’accepter tel qu’il est.

Voici son programme :

Pour les Madeleines :
- Pierre Perret : “Le bonheur c’est toujours pour demain”
- Yves Montand : “A bicyclette”
- Chantal Goya : “Voulez vous danser Grand-mère”

- Bach : Toccata et fugue (générique de “L’histoire de l’homme”, le dessin animé)
- Vivaldi : Les Quatre Saisons, “L’été”
- Mozart : Requiem
- Chopin : Etude op. 10 n° 3

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À contre-courant de la sinistrose ambiante, des révoltes qui grondent, du cynisme qui rampe et des tentations haineuses qui nous menacent, Alexandre Jardin se dresse tel un joyeux farfadet et nous rappelle que la France a été inventée par des esprits libres et frondeurs qui savaient se placer au-dessus du réel. Guitry, De Gaulle et Casanova sont les modèles qu’il brandit pour nous rappeler qui nous sommes. Au lieu d’attendre vainement que tout vienne d’en haut en croupissant davantage vers le bas, il nous invite à prendre notre destin en main et à relever la tête avec un “charlisme sachatesque”. Ni des loups ni des moutons, mais des zèbres ! Il ne se contente pas de danser sur les tables puisqu’il est lui-même en train de construire une nation de lecteurs par le biais de son association. Et qu’il applaudit des deux mains telle maire d’un village qui vient d’obtenir une mutuelle de santé pour les plus pauvres de ses administrés en traitant directement avec les différentes sociétés concernées. Le courage et l’imagination sont plus forts que la fatalité.

Voici son programme :

- Bach : “Jésus que ma Joie demeure”… écouté tous les jours !

- Musique de film de George Delerue : “Chère Louise”

- René Aubry : “Steppe”

- Maurice André : Ave Maria

- Barry White : “You’re The First, The Last, My Everything”, musique enzébrante

- N’importe quoi de Brel ; tout Brel m’enzèbre

- La valse du film “Fanfan” par Nicolas Jorelle ; scène zébrée !

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Vu de Rome, le bouddhisme apparaît comme une sagesse folklorique et inoffensive. Un peu comme un professeur de littérature comparée au Collège de France jaugerait Le Petit Prince de Saint-Exupéry : un florilège de sympathiques lieux communs pour enfants sages et stars hollywoodiennes.
Matthieu Ricard donne chair à des pensées universelles plus profondes qu’on ne le croit superficiellement et dont l’existence au jour le jour comporte sa part de tragédie dans un monde dominé par la matière et par la force. Sa vie est partagée entre la contemplation et l’action pour des oeuvres humanitaires, sans oublier de dispenser au monde un message d’amour sans dogme, sans batailles et sans frontières. Il réunit la sagesse ancienne des épicuriens au sourire de Bouddha avec le naturel bonhomme d’un moine médiéval. Une goutte d’eau, certes, mais sans quoi l’existence serait un peu moins humaine.
Son programme musical est d’une richesse à faire pâlir un grand dignitaire de l’Église et que ne désavouerait pas le pape François :

- Handel : Concerto pour orgue op.7 n°5, Andante (par Trevor Pinnock)
- Bach : Oratorio de Noël BWV 248, “Nun Moegt Ihr Stolzen Feinde Schrecken” (dirigé par Kurt Thomas, ténor : Josef Traxel)
- Galuppi : Sonate pour piano n°5 en Do, Andante (par Arturo Benedetti Michelangeli)
- Scarlatti : Sonate pour clavecin L 23 en Mi majeur (par Luciano Sgrizzi)

Madeleines :

- Bach : Le Clavier bien tempéré, Livre 1, Prélude n°3 en Do dièse BWV 848 (par Helmut Walcha)
- Liona Boyd : “Fantasy” (Mudarra)
- Tara Mantra-Chokyi : “Where the Heart Blossoms”

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Est-ce parce que Mozart était amoureux d’une Weber et qu’il en a épousé une autre que Jacques Weber l’aime tant ?
À l’instar du compositeur du Freischütz, Carl Maria von Weber, qui est resté dans l’ombre de Beethoven sans avoir le génie de Schubert et connaître son éclatante revanche posthume, Jacques Weber semble demeurer un grand second. Le nom serait-il prédestiné au clair obscur ? Sa culture est vaste, son autorité indéniable, son talent certain, mais c’est comme si sa voix se brisait sur la première marche du podium (Cyrano) et qu’il s’est finalement résolu à se planter solidement sur la deuxième avec un regard d’aigle (ou d’Aiglon) et un air d’empereur romain. L’orgueil est son moteur - “contrairement à ce qu’on peut penser, je ne suis pas un virtuose” - auquel l’âge apporte la superbe d’un coq Chanteclerc (Rostand encore) revenu de tout sauf de lui-même : contrairement à ce qu’on peut penser, je ne fais pas se lever le soleil chaque matin… L’émouvante et magnifique illusion de l’acteur de théâtre qui croit que l’esprit souffle à l’endroit où il se trouve et qui parvient à nous le faire croire chaque soir à notre tour, sans quoi il n’y aurait plus de grandeur ni de folie dans cet art sublime que la vie peine à imiter.

Voici son programme :

- Mozart : Don Giovanni, “Il mio tesoro” (par Luigi Alva)

- Mozart : Trio Divertimento K 563

- Verdi : La Traviata, “Un di felice” (par Pavarotti)

- Bizet : Carmen, “Les tringles des sistres tintaient” (par Teresa Berganza)

Madeleines :

- Edith Piaf : “Non je ne regrette rien”

- Jacques Brel : “Madeleine”

- The Beatles : “Michele”

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Elle n’aime pas sa voix, mais c’est une bosseuse. Quand elle aime et qu’elle admire, elle se dépense sans compter et elle soulève des montagnes. Natalie Dessay s’est entichée de Michel Legrand et c’est hautement réciproque. Entre ces deux-là, non seulement le courant passe, mais il fait des étincelles. Entre la “fontaine à musique” et la “gorge aux miracles”, c’est un feu d’artifice permanent.

Voici son programme :

Madeleines :

- Musique du film Jacques Demy, ‘Peau d’Ane’ : “Mon enfant” (La Fée des Lilas)

- “La Petite Sirène” (sur Concerto de Grieg) : vieil enregistrement de son enfance

- Tchaikovsky : Casse-Noisette, “La Fée Dragée”

Autres :

- Frederic d’Oria Nicolas joue Rachmaminov (CD Heritage)
- Cécile McLorin Salvant
- Youn Sun Nah
- Schubert : Impromptu (par Philippe Cassard)
- Haendel : Aci, Galatea e Polifemo, Le grand air de Polifemo (par Emmanuelle Haim)

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Alain Rey, un diable d’homme

Le 23 octobre 2013 à 10:35 par Olivier Bellamy

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Mais pas un homme du Diable !
Alain Rey est un savant de la langue, un érudit et un honnête homme. Vous ne trouverez pas plus simple et moins orgueilleux dans la sphère littéraire. Dévoué corps et âme au mystère de la langue, à l’histoire des mots et aux carrefours des civilisations, il partage son savoir avec joie. Son Dictionnaire du Diable est de très bonne compagnie.

Voici son programme :
- Weber : Der Freischütz, Scène de la Gorge aux Loups (par Kleiber)
- Berlioz : Damnation de Faust, “Une puce gentille”
- Liszt : Mephisto-Valse (par Horowitz)
- Hildegarde von Bingen : Ordo Virtutem

Madeleines :
- Mireille : http://www.youtube.com/watch?v=6-O3sJ0Y0N0
- Charles Trénet : “La java du diable”
- Ravel : Scarbo (par Samson François)

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Philippe Djian est sourd d’une oreille. Cela s’entend : le timbre de sa voix manque d’harmoniques. Sa plume non. D’un handicap, il a fait une force, car sa langue écrite est riche de sons induits, cachés, de résonances impalpables. Il cherche, mais ça ne se voit pas. C’est la noblesse du style de ne pas rouler des mécaniques et d’éviter d’attirer l’attention du lecteur sur le travail de chien de l’écrivain. Mais, entre les lignes, si l’on tend l’oreille, on se régale autant que si l’on suit benoîtement le déroulement d’une intrigue, la politesse de l’écrivain envers son lecteur. Cette politesse de base n’exclut pas le jeu, la complicité secrète avec l’amateur éclairé qui veut plus qu’une bonne histoire bien racontée. Et aussi le jeu avec la narration, sans se priver de l’improbable et en se défaisant du harnais de la vraisemblance. Car, depuis la préface de Pierre et Jean de Maupassant, on sait que le vrai n’est pas toujours vraisemblable. Philippe Djian a partagé avec générosité sa vision du roman durant cette émission. Selon ses mots, il a tenté d’offrir quelque chose à l’auditeur pour rendre ce qu’il a reçu à travers cette invitation. Là encore, c’est la classe, comme on dit familièrement.

Voici son programme :
- Bellini : Les Puritains (par Maria Callas)
- Steve Reich : Different trains, “Before the war”
- Hilary Hahn Silfra : “North Atlantic”
- Une pièce pou violoncelle de Bach (par Paul Tortelier)

Madeleines :

- The Kinks : “A Well respected man”
- Lou Red : “Perfect Day”
- Talking Heads : “Psycho Killer”

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ombre