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Amanda Lear, reine de la répartie

Le 30 septembre 2013 à 15:36 par Olivier Bellamy

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Elle est vive, drôle, intelligente, Amanda Lear. Pratique l’auto-dérision comme une sorte d’hygiène de vie, a fréquenté assidûment un génie (Salvador Dali), une icône (David Bowie) et a rencontré les plus grandes célébrités de son temps (Slava Rostropovitch, Montserrat Caballé, etc.)
À propos du génie, elle a cette définition frappée au coin du bon sens : une aberration génétique qui possède des antennes et qui s’intéresse à tout.
À propos des hommes nus qu’elle peint, elle a l’humour de préciser : “de mémoire”.
Une femme de bonne compagnie et une artiste épatante.

Voici son programme :

- Wagner : Tristan & Isolde
- Verdi : Aïda
- Puccini : Tosca
- Vivaldi : Les Quatre Saisons

Trois madeleines :
- Gloria Gaynor : “I Will survive”
- Barbara : “Les insomnies”
- Piaf : “L’hymne à l’amour”

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Franck Ferrari, viva l’opéra !

Le 27 septembre 2013 à 10:37 par Olivier Bellamy

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Il prend la défense des chanteurs français et il a raison, mais les choses ont quand même changé dans le bon sens depuis le temps où les artistes hexagonaux avaient l’impression d’être considérés comme des parias dans leur propre pays. Avec l’arrivée d’une nouvelle génération de stars, le développement du répertoire baroque, l’excellence de l’Atelier lyrique, le travail de fond de l’Opéra-Comique, les chanteurs français ont troqué leur clochette de lépreux contre celles de Lakmé.
L’opéra reste cher et élitiste ? Peut-être, mais on trouve des places à 5 €, le succès de Dix mois d’école et d’opéra prépare un nouveau public et essaime dans toute la France ; sans oublier qu’une place à 150 € coûterait beaucoup plus sans le soutien des subventions et du mécénat. Et l’Opéra de Paris a retrouvé son rang aux côtés de Vienne, Londres, Milan New York et Munich, comme le rappelle Ivan Alexandre dans son article du TéléObs de cette semaine. Ajoutez à cela la programmation du Théâtre des Champs-Élysées, du Châtelet et le dynamisme de l’Athénée, de la Péniche Opéra, des Bouffes du Nord, la splendide affiche de Versailles, les réussites de Massy… L’opéra brille de tous ses feux dans l’Ile-de-France.
À ceux qui penseraient que l’art lyrique n’est pas pour eux, Franck Ferrari ajoute cette note indispensable d’enthousiasme populaire et de générosité bon enfant. Il prépare même un projet sur M6 afin d’appuyer les incontestables efforts de France Télévision et d’Arte pour démocratiser l’opéra.

Voici son programme :

Trois Madeleines :
- Elvis Presley : “Love me tender”
- Michael Jackson : “Smile”
- Bee Gees

Classique :
- Wagner : Ouverture de Tannhäuser (par Lorin Maazel)
- Verdi : ‘Celeste Aïda’ (par Mario del Monaco)
- Debussy : Prélude à l’après-midi d’un faune (par Philippe Jordan)
- Jacques Ibert : ‘Chanson d’un rien’ (par Franck Ferrari et Dalton Baldwin au piano)

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Il n’est pas dépressif. Son teint hâlé, sa mise soignée et ses bonnes manières le démentent.
Les pessimistes sont toujours polis et de bonne compagnie. Ce sont les optimistes qui sont odieux, envahissants, vantards et hâbleurs.
Frédéric Schiffter se définit comme un “philosophe sans qualités”, avec un rien de coquetterie discrète. Entendez qu’il aime les moralistes, pas les penseurs à pensum, les ogres de la philosophie à système. Encore que l’ironie peut aussi devenir un système, mais au moins elle ne pèse pas, ni dans le sac de plage ni dans la tête. Mais elle trouve sa place chez les êtres sensibles dotés de l’esprit de finesse cher à Pascal. La légèreté, c’est le tragique pour happy few.
On pense à Mozart dont le chef d’orchestre Bruno Walter disait : “Il faut que ce soit si gai, si gai, que l’on ait envie de fondre en larmes.”

Voici son programme :

- Vivaldi : Stabat mater  (interprété par James Bowman)
- Chopin : Valse n°17
- Claude Debussy : Rêveries
- Ravel : Daphnis et Chloé (extrait)

Les trois madeleines :

- The Platters : “Only you”
- Franz Waxman : “A place in the sun” (BO du film de George Stevens, générique de l’émission TV ‘Cinema Cinema’)
- La chanson d’Hélène (musique de Philippe Sarde, BO du film ‘Les choses de la vie’)

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Marthe Villalonga me fait penser à ma grand-mère, née en Algérie comme elle. Des manières brusques et un rire chaleureux, une pudeur méditerranéenne et un goût pour la conversation. Un courage et un sens de l’honneur qui ne se paient pas de mots.
La concierge est peut-être dans l’escalier, mais son coeur reste auprès de Debussy et Ravel.

Voici son programme :

- Liszt : Chapelle de Guillaume Tell
- Debussy : Prélude « Danseuses de Delphes »
- Ravel : Concerto en sol, 2e mvt (Argerich)
- Rachmaninov : Moment musical n° 4 (Lugansky)

Madeleines :
- Jacques Brel : “Les vieux”,
- Serge Lama : “L’Algérie”,
- Michel Sardou : “France”

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Quand elle a rencontré sa compatriote Maria Callas, Nana Mouskouri chantait dans des clubs de jazz d’Athènes et venait de se faire renvoyer du Conservatoire pour cette raison. La Divine l’a écoutée, lui a demandé des chansons populaires que sa mère lui fredonnait enfant et lui a posé mille questions. À la fin, elle a eu ce judicieux conseil : “Continue ta route. Il vaut mieux être une bonne chanteuse de variétés qu’une mauvaise cantatrice. L’essentiel, c’est pourquoi tu le fais et comment tu le fais. On peut tout faire avec grâce et sincérité.” Et puis le succès est arrivé. Nana Mouskouri n’a pas changé, montant toujours sur scène comme si elle s’était trompée de porte, selon le mot taquin de Quincy Jones, rencontrant les plus grands, mais demeurant proche du coeur des plus humbles.

Voici son programme :

- Schubert : Ave Maria, interprété par Montserrat Caballé
- Bellini : Norma, ‘Casta Diva’, interprété par Maria Callas
- Mozart : Symphonie n°40, interprété par Karajan
- Beethoven : Concerto pour piano, interprété par Barenboïm

Madeleines :

- Michel Legrand : “Les Moulins de mon coeur”, interprété par Barbra Streisand
- Edith Piaf : “L’hymne à l’amour”
- Serge Lama : “Les ballons rouges”

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Être invité par Alain Veinstein, c’est quelque chose. J’en avais fait l’expérience lors de la sortie de mon livre sur Martha Argerich. On se sent autorisé à tout lui dire, on ne veut pas le décevoir, on se sent choisi, compris, on ouvre son coeur.
Cette présence forte et discrète, quotidienne et rituelle, j’avais envie qu’elle résonne plus largement, qu’elle s’épanouisse, qu’elle se livre à son tour. D’abord c’est une voix comme on le dit d’un acteur, d’un chanteur. Et il y a quelqu’un derrière, une écriture qui prend le temps de trouver le mot juste, une douleur lointaine, un amour des livres, une solitude qui accompagne la nôtre. Au fond, tout ce qu’il y a de beau et de vrai dans ce monde bruyant et menteur, c’est cela : une voix dans la nuit des êtres.

Voici son programme :

Quatre “classiques”:
- Glenn Gould, Ballade n° 1 en D mineur de Brahms
- Tharaud, Sicilienne du Concerto en ré mineur BWV 596 de Bach
- Claire Désert, Einfach (Simple) de Schumann
- György Kurtag, une pièce pour piano
- Un cinquième éventuel: Keith Jarrett, The Melody of Night

Trois “Madeleines”
- Un extrait de l’Auberge du Cheval blanc
- La musique d’Aguirre, la colère de Dieu
- Rather lovely thing de Nick Cave et Warren Ellis

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Yasmina Khadra, un coeur pur

Le 20 septembre 2013 à 09:38 par Olivier Bellamy

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Lire un bon livre, ce n’est pas si courant. Il s’en publie tellement de semblables qui se croient uniques. Mais rencontrer un écrivain, c’est encore plus rare. Je veux dire quelqu’un qui vous entraîne dans un univers tel que si vous l’aviez croisé dans la rue, vous auriez probablement tourné la tête ou vous auriez accéléré le pas. Ainsi Gorki dans Les Bas-Fonds ou Dostoïevski ou le Hugo des Misérables ou le Mark Twain des bayous. Quelqu’un qui, d’une cellule crasseuse, d’un quartier pouilleux, de la cale sordide d’un bateau où grouillent des rats, vous écrit une symphonie. Sans rien édulcorer, sans rien enjoliver, mais en montrant la chose telle qu’elle est, le monde tel qu’il est avec sa violence, son âpreté, sa méchanceté, mais à travers le regard d’un coeur pur. Avec ce qu’il faut d’honnêteté, de courage pour le décrire, mais aussi de distance, d’humour et de hauteur morale pour que le lecteur puisse vivre cette aventure avec empathie et passion. C’est le cas du dernier livre de Yasmina Khadra et je vous prie de me croire que je vais me précipiter sur tous les autres, dussè-je en perdre le sommeil.
Ajoutez à cela que l’homme possède ce mélange de droiture et d’humanité d’un élégant et brave capitaine sorti d’un western de John Ford, celui qui sait que le Bien n’est pas dans un camp et le Diable dans l’autre, et qui se donne beaucoup de mal pour trouver un sens à sa mission, créer de l’harmonie et protéger les faibles.
De mémoire d’animateur de Passion Classique, mes amis, c’est l’une des plus belles émissions que nous avons partagée ensemble.

Voici son programme :

3 madeleines :
- Jacques Brel : “La Fanette”, “Ces gens là”
- Georges Moustaki : “Le métèque”

3 classiques :
- Mozart : La flûte enchantée, « Der Vogelfänger » (Fischer-Dieskau)
- Beethoven : symphonie n° 7, Allegretto (Bernstein)
- Beethoven : concerto pour violon 1er mvt (Ferras)

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… Il est toujours celui que nous avons aimé. Tiens, voilà peut-être un titre pour son prochain album puisque non content d’être la star des contre-ténors, notre Phi-Phi national songe à flirter avec la chanson française. Après Julio et Jacques Villeret (Papy fait de la résistance), il y aura du monde au balcon et des crépitements dans les tisons. Ses “Feuilles mortes” sur France 2 ont mérité un éloge massif. Confidence du maestro : il cherchait quoi chanter et puis, sifflotant ce thème immortel de Prévert et Kosma, un ami lui a dit : “C’est ça que tu devrais choisir !”
Après huit mois de congé sabbatique, Philippe Jaroussky nous revient en pleine forme. Et personne ne l’a oublié (qu’il se rassure) puisque trois de ses disques figurent toujours dans le Top 10 des meilleures ventes classique.

Voici son programme :

- Rameau : Les Indes galantes, Les Sauvages

- Handel : Theodora, Kind Heaven (si possible David Daniels)

- Schubert : 1er mouvement de la Sonate en La Majeur op 120

Madeleines:

- Puccini, Turandot : “Nessun dorma” (Pavarotti, version si possible quand il est jeune)

 - Bach : “Es ist vollbrach” ou “Agnus Dei” de la Messe en Si (Panito Iconomou, garçon alto)

- Leonard Cohen : “Hallelujah”, chanté par Jeff Buckley

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Insaisissable Anne Brochet

Le 18 septembre 2013 à 16:37 par Olivier Bellamy

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Jouer “La Dame de la mer” quand on porte le nom d’un poisson d’eau douce, il fallait le frire, pardon, le faire.
En fait, Anne Brochet ressemble plutôt à une anguille, vous croyez l’attraper, elle se dérobe et vous glisse entre les doigts.
Les actrices de théâtre sont des animaux étranges. Surtout quand elles sont nées sous le signe du Scorpion (et non pas des Poissons comme on pourrait sottement le déduire). À la radio, elles ont d’abord l’air de s’ennuyer un peu. Ben oui, elles viennent de quitter Ibsen pour l’obscène (promotion). Et puis, elles se détendent et se laissent aller, toujours aux aguets quand même et dédaignant les misérables vers que vous leur tendez pour les ferrer délicatement. Elles tournent autour du bouchon, se moquent de votre air placide et de votre estomac qui gargouille, font des bulles et, hop, d’un coup de nageoire retournent vers la Grande Bleue en vous laissant ramer. Sirènes d’un jour.

Voici son programme : (non, pas La Truite de Schubert !)

- Brahms : Danse hongroise N4 en Fa dièse mineur (Georges Cziffra)
- Vivaldi : 4 saisons, “L’Hiver”
- Grieg : Valse mélancolique op 68
- Kalman Balogh : Bulgar Cigany Horo

Madeleines :

- Barbra Streisand : Debussy, “Beau soir”
- Etienne Daho : “L’adorer”
- Ennio Morriconne : “Mission”

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Il est arrivé ric-rac au studio. Tranquillement, à pied, à 18 h moins une. Fichu métier, le direct !
Il s’est livré avec la même bonhommie souriante, la même tranquillité sereine.
Quel artiste ! On peut en dire ce qu’on veut, le comparer avec qui l’on veut, Joseph Calleja est un ténor béni des dieux, avec un timbre de miel, un legato… à la crème. Et dans le timbre, une cervoise pur Malte ! On en redemande. À consommer sans modération.

Voici son programme :

- Rimski-Korsakov : Le Vol du Bourdon  (http://www.youtube.com/watch?v=gUij8FCg0z8)
- Puccini : Tosca, “Te Deum”
- Verdi : Requiem, “Dies Irae” (Toscanini)
- Tchaikovsky : “Niet tolka tot kto znall” (sur le dernier CD de Joseph Calleja)

Madeleines :

- “La Vie En Rose”
- “You Raise me up”
- Elvis Presley : “Can’t help falling in Love”

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