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Sonya Yoncheva, le goût bulgare

Le 29 mars 2013 à 10:56 par Olivier Bellamy

1. Tout va mal, la croissance est en berne, l’hiver n’en finit pas, le moral est dans les chaussettes… Heureusement, Sonya Yoncheva nous apporte un vent de fraîcheur qui… fait monter le thermomètre. S’exprimant dans un français charmant, la soprano bulgare dotée d’une voix somptueuse nous rappelle que le son vient du ventre et que l’on chante aussi avec son sexe. Hum… Voilà qui nous change des discours un peu trop cérébraux.
Et puis superbe concert hier au Grand Théâtre de Provence. Un Leif Ove Andsnes parfait dans le Concerto n° 4 de Beethoven qui nous touche par un jeu d’orfèvre propre à illuminer ce pur diamant de l’intérieur. Et un Orchestre des Jeunes Gustav-Mahler galvanisé par l’octogénaire Herbert Blomstedt dans la Septième Symphonie de Beethoven qui méritait bien son surnom d’”apothéose de la danse” (Wagner). L’enthousiasme des musiciens européens, la justesse de leur style et l’incroyable ferveur beethovénienne avaient de quoi balayer tous les nuages gris qui s’amoncellent au-dessus de nos pauvres têtes.
2.Réponse au message de C. Holdrinet : relisez mon billet après une promenade en plein air, un bon verre de vin chaud et sur fond de musique douce. L’intolérance n’est pas dans ces lignes, elle sursaute de manière éruptive dans vos yeux pour des raisons qui m’échappent totalement. Il y a une petite couleur humoristique à laquelle vous n’êtes pas sensible. C’est votre droit, mais svp, pas de mauvais procès d’intention. Je n’édicte pas des sentences, je réfléchis tout haut. A chacun d’apporter paisiblement sa vision des choses sans sauter au plafond et sans se sentir en permanence agressé. C’est très fatigant et ça pousse à ne plus dire ce qu’on pense. Et je ne parle pas de ceux qui écoutent Bach, mais ceux qui le dirigent. Et puis je suis prêt à entendre ceux qui pensent le contraire et même à partager leur vision, pourvu qu’ils l’expriment sans sauter à la gorge de celui qui prend la peine d’énoncer une idée, quotidiennement, gratuitement, malgré de longues journées, auprès de gens qu’il pense ouverts, bienveillants et aimant échanger.

Voici son programme :

“Chissà se lo sai” Lucio Dalla

“Bohemian Rhapsody” Queen

“La chanson des vieux amants” Jacques Brel

musica classica:

Verdi “Traviata” grand air acte I

Chopin Nocturne

Mussorgsky “Quadri di una esposizione”

Massenet “Thaïs”

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Il y a 11 commentaires pour cet article :

1 mion, le 29 mars 2013 à 11:24 :

On sentait Olivier Bellamy…Sous le charme de Sonya Yoncheva…Mais… nous aussi. Son humilité, sa grande connaissance de la France, un régal.
Merci à chacun pour ces moments suspendus : ils réchauffaient ces temps de frimas.

2 Sandrine, le 29 mars 2013 à 12:37 :

En parlant de sexe… Merci Olivier pour votre article sur le Huff Post à propos de la parité ! J’ai bien ri, même si la réalité qui nous cerne est effectivement assez triste…

3 Lily, le 29 mars 2013 à 13:00 :

Olivier Bellamy en a bien parlé, mais je ne peux m’empêcher d’y revenir car ce même concert qui a été donné récemment au théâtre des champs-elysées reste pour moi un des plus beaux souvenirs de l’année, tant pour le pianiste Leif Ove Andsnes (impeccable de justesse et de son, la musique sans l’ego), le chef le très frétillant et communicatif Herbert Bromstedt, que l’orchestre des jeunes G. Malher , tous musiciens de moins de 26 ans , majorité féminine (ça arrive enfin !) , venant de toute l’Europe. Rendons grâce à Beethoven. A la musique. A la fraîcheur de Sonya Yoncheva, gagnante du grand concours Operalia qui va je l’espère lui porter chance.

4 Lily, le 29 mars 2013 à 13:03 :

“Herbert Blomstedt”

5 HOLDRINET, le 29 mars 2013 à 13:41 :

Je ne pense pas manquer de bienveillance.
ce n’est pas ce que l’on me renvoie habituellement en tout cas. Je ne me sens pas “en permanence agressée” non plus.

Apparemment, je ne suis pas la seule à ne pas avoir ressenti “la petite couleur d’humour”. Difficulté de l’écrit sans doute.
“Si l’on n’y croit pas quand on dirige ou quand on chante, c’est au mieux une admirable interprétation, mais dont l’essence a été perdue”. Je vous cite. S’agit t’il des gens qui écoutent Bach?
Cette phrase n’est elle pas une affirmation ? Très sincèrement j’aimerais pouvoir toucher la note d’humour. Je le demande sans aucune arrière pensée.
Car,là oui, je me suis sentie agressée.
La passion nous l’avons travaillée, je n’ai pas eu l’impression d’être passée à côté de la profondeur et de l’émotion qu’inspire cette oeuvre.

J’ai bien enregistré que je ne faisais pas partie des bienveillants auxquels vous vous adressez. mais la contradiction même un peu vive, ne fait-elle pas partie de l’échange ?
Je n’ai pas rédigé de manière impulsive. J’ai lu et relu votre article. Je l’ai fait lire à quelqu’un d’extérieur, dans les conditions de neutralité indispensables pour recueillir un avis libre.

6 marie-alsace, le 29 mars 2013 à 15:59 :

Aujourd’hui, jour ferie en Alsace, il fait du soleil et j’ai dejeune en terrasse. Coup de soleil sur la joue droite.Ne nous fachons pas le 1er jour du Printemps.Ces petits ecrits peuvent se reveler maladroits mais sans intentions assassines. Il y a quand meme des chanceux ;-) qui se regalent tous les soirs en ecoutant un concert a Aix.

7 Sandrine, le 29 mars 2013 à 16:19 :

Je n’ai pour ma part pas bien saisi l’origine du débat ni pourquoi tout le monde se complique: l’intention que l’on met dans l’interprétation ou dans l’écoute d’une œuvre (désir de beauté artistique ou élévation vers une prière) me semble aussi complexe que l’essence de l’être humain lui-même, dont le domaine des émotions est si vaste, et reste par ailleurs du registre de l’intime et de la liberté de chacun. Quant à savoir si le fait que les interprètes soient croyants ou non (ou qu’ils se disent croyants ou non) modifie la production d’une œuvre musicale religieuse (il me semble que cette question se pose quand même en filigrane dans ce qui a été écrit ci-dessus), je vous laisse imaginer les résultats d’un test « en aveugle » où les auditeurs, croyants et non-croyants, devraient deviner quel morceau a été interprété par des croyants et lequel l’a été par des non-croyants…Seul Dieu aurait sans doute les bonnes réponses…
Du soleil en Alsace ????? Chanceuse !!!

8 Itié, le 30 mars 2013 à 13:06 :

ne émission trés agréable , une jeune femme charmante , un choix d’oeuvres plutôt classique mais une toujours belle musique . Vivement la photo !

9 Nelly, le 30 mars 2013 à 21:36 :

Très beau Passion Classique, autant que celui de Laurence Equilbey. Comme Sandrine je ne vois pas trop ce qui peut diviser après l’article d’Olivier. Juste j’ajouterai qu’il y a simplement une nuance entre croyance et foi car pour interpréter, transmettre, faire partager l’émotion, il faut que cela vienne du plus profond de l’âme. Cela me manquait de ne pas ajouter un petit mot sur le blog mais je ne suis pas trop là.
Depuis le PC de Renaud Capuçon j’étais à l’écoute, pour Laurence Equilbey et Sonia Yoncheva et enfin Michel Lucas.

10 Nelly, le 30 mars 2013 à 21:47 :

Je n’avais pas terminé! Enfin hier soir Herbert Blomstedt, dirigeant en direct du Festival de Pâques à Aix-en-Provence la symphonie n°4 ‘Romantique’ d’Anton Bruckner!Avec le Gustav Mahler Jugenorchester. Un concert magnifique et quel hommage fut fait à ce grand chef que j’avais écouté la veille dans le discoportrait de Francis Drézel. J’étais éblouie!
Voilà! Et avant de cliquer sur OK je vous souhaite à tous un très beau week-end de Pâques.

11 Guillemette, le 02 avril 2013 à 18:13 :

Oui, une bien belle émission qui nous place directement sous le charme de Sonya. Malheureusement, je n’ai pas pu la réécouter en entier, comme celle de L.Equilbey ,la réécoute s’arrêtant environ à une demie-heure. Quelqu’un a-t-il une explication technique à me donner ?


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