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 Olivier Bellamy reçoit Géraldine Maillet dans Passion Classique

Géraldine Maillet a dû me refiler sa crève, car je suis au fond de mon lit, grelottant, faible et misérable.
Mais comme elle a fait l’effort de venir, malgré la fièvre, c’est la moindre des choses de prendre la peine d’écrire trois mots sur cette personnalité peu banale qui a un vrai talent d’écrivain. J’aime cette écriture qui dévale sans s’étaler. J’aime quand un écrivain ne se regarde pas écrire, mais s’intéresse à ses personnages et se demande, comme dans la vie, ce qui va leur arriver, avec un mélange d’abandon et de retenue sans que l’un ne prenne le dessus sur l’autre. J’aime enfin ses confidences fortes sur la surdité de sa mère qui nous permettent de comprendre que l’écriture est pour elle une nécessité existentielle et une manière d’établir un contact fondamental.
Voici son programme :

1-La valse sentimentale de Tchaikovski version interpretée par Edda Erlendsdottir.

2-Pavane pour une infante défunte de Ravel

3- Irakly Avaliani au piano Valse en ut dièse mineur op 69 n 2. Chopin: Barcarolle, Nocturne, Polonaise. Mazurka

4- Scala et kolacny brothers avec leur titre CREEP.

Madeleines :

1-Say it ain’t so Joe de Murray Head
2-The sound of silence de Simon and Garfunkel
3-Les yeux de ma mère de Arno

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Olivier Bellamy reçoit Jean-Christophe Born dans Passion Classique

 Au moment où je commence ce billet, mes deux chats sont sur le piano et m’observent les yeux mi-clos. Vont-ils entamer le duo des chats de Rossini ? Tout semble possible dès que notre BB nationale entre dans la ronde. C’est elle qui m’a parlé de Jean-Christophe Born, ténor de grand talent qui n’a pas encore la carrière qu’il mérite, mais qui, au lieu de se morfondre près de son téléphone, participe à de nombreux projets musicaux dans le sud de la France, après avoir parcouru le monde avec la Flûte enchantée de Peter Brook. S’il y avait encore des troupes dans les maisons d’opéra, il chanterait probablement les meilleurs rôles, car la voix de ténor est recherchée. Pourtant il n’a pas l’air frustré ou envieux. C’est un garçon plein d’enthousiasme et d’énergie que nous avons découvert. A travers lui, c’est tout un vivier de jeunes chanteurs dévoués à leur art qui résonne et auquel il est bon, parfois, de rendre hommage.
Voici son programme :

Maria Callas
Norma “Casta diva” - Tullio Serafin

Final de la 9ème de Beethoven
à partir “freunde tochter aus elysium” (basse et tenor) Direction André Prévin
orchestre du Royal Philharmonique

Dialogue des Carmelites
Salve Regina final Régine Crespin Denise Duval

Porgy and bess Gerswhinn
final leaving for the promessed land
version Houston grand Opera

Milord Edith Piaf

Chorus Line
“One” final film A chorus Line avec Mickael Douglas 1983
Carlos Gardel - El dia que me quieras

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 Olivier Bellamy reçoit Alain Bauer dans Passion Classique

Auteur d’un Dictionnaire amoureux du Crime qui mêle Caïn, Columbo à OJ Simpson, Alain Bauer est un expert de haute volée qui semble davantage écouté à New York et à Pékin qu’à Paris où l’on ne goûte guère son indépendance d’esprit qui lui permet de passer de Michel Rocard à Nicolas Sarkozy tout en étant un proche de Manuel Valls, sans renier ses convictions profondes lesquelles sont assujetties à une vision de la réalité hors des querelles idéologiques et une ouverture au monde. Comme la plupart des hommes supérieurement intelligents non encartés politiquement, il agace, il dérange et se retrouve vivement critiqué par ceux qui voudraient qu’un triangle fût alternativement rond ou carré en fonction du résultat des élections. Du pain béni pour les factions extrêmes qui reprennent ses thèses en oubliant au passage son attachement fondamental aux valeurs de la République et son humanisme maçon.
En public, il dit la chose telle qu’elle est avec une tranquillité souriante, ce qui est déjà un scandale en soi. En privé, il ne cache pas son dégoût, par exemple, pour la dernière Une “people” du Nouvel Observateur consacrée au livre d’une ancienne maîtresse de DSK et se permet le luxe d’en proposer une suivante qui relierait d’un coup d’un seul quatre “marronniers” de la presse : “Les salaires des francs-maçons qui ont mal au dos comparés au prix de l’immobilier”.
Voici son programme :
Madeleines
Telephone : Un autre monde
Trust : Antisocial
Ferrat :Potemkine

Flûte Enchantée Mozart – air de Tamino « Dies Bildniss… »
Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak – 1er mvt
Toccata et Fugue D Mineur BACH
Danzon 2 Arturo Marquez

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Augustin Dumay, l’âme en accord

Le 21 février 2013 à 15:58 par Olivier Bellamy

 Olivier Bellamy reçoit Augustin Dumay dans Passion Classique

Grand violoniste français, Augustin Dumay reste assez discret dans les médias. Comme s’il préférait chercher dans son laboratoire pour mieux faire éclore la fleur de son secret sur scène, plutôt que de risquer de la faner par le commentaire. Pourtant, il s’exprime avec clarté et profondeur, mais la musique est une maîtresse exigeante, orageuse et exclusive qui a exceptionnellement bien voulu nous le prêter le temps de chanter ses louanges.
Voici son programme :

- R. Strauss “Morgen” Elizabeth Schwarzkopf Georges Szell

- Schubert Messe en si bémol majeur Wolfgang Sawallisch

- Schubert Sonate en si bémol majeur Opus Posthume Maria Joao Pires (nouveauté DG)

Et pour les madeleines:

- Johann Strauss Ouverture de la Chauve Souris Carlos Kleiber

- Serge Reggiani “Ma fille”

- Julien Clerc “N’écris pas” (extrait de l’album “Les Séparés”)

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Olivier Bellamy reçoit Roberto Alagna dans Passion Classique

Engagé, fervent, tout dévoué à son art jusqu’au sacrifice, jusqu’au danger, jusqu’à la folie, Roberto Alagna est aussi adepte des plaisanteries de garçons de bains que n’aurait pas désavoué un Mozart. De Passion Classique aux Grosses Têtes, il n’y a parfois qu’un pas qu’il franchit sans façons.
Son passage vers la chanson de variétés (qu’ont pratiquée la plupart des grands ténors italiens de l’histoire du chant) ne doit pas faire oublier son extraordinaire curiosité envers des ouvrages oubliés qu’il a su remettre à l’honneur. Roberto Alagna est aussi incroyablement cultivé en matière d’enregistrements d’opéra. Il connaît aussi bien Georges Thill que Dean Martin ou Claude François.
La presse américaine ne l’a pas raté lorsque récemment il a interrompu son air d’Andrea Chenier à l’Avery Fischer Hall avant de s’entretenir avec le chef d’orchestre et de reprendre l’air. Or, selon Roberto et preuves à l’appui (la scène a été filmée par un violoniste), c’est le chef d’orchestre qui s’est trompé dans sa battue alors qu’il tenait à diriger par coeur. Au lieu de se renseigner, les critiques en ont conclu que le ténor n’avait pas suffisamment travaillé sa partition ou que l’annonce de son divorce le déstabilisait. Cela dit, c’est vrai qu’il en fait trop et qu’il ne se ménage guère. Ainsi, dans Les Pêcheurs de perles à Pleyel, il était au bord du précipice… et s’est brillamment rattrapé aux branches. C’est aussi pour cela que le public l’aime et qu’il met à rude épreuve les nerfs de ses proches. Sacré gaillard ! Mais avec une voix et un coeur en or.
Voici son programme :

Sonate au Clair de Lune, Beethoven,
Le Vol du Bourdon, Rimski Korsakov par Maurice André,
Jan Kiepura : Ninon en français,
Amara Terra Mia, Modugno,
Cristina Branco, Trago Fado nos Sentidos
Dalida, Avec le Temps,
Return to me, Dean Martin,
Reggiani, L’italien.

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 Olivier Bellamy reçoit Natacha Polony dans Passion Classique

Elle sait écouter Natacha Polony. La musique, d’abord, elle la vit dans sa chair et dans son esprit, cela se voit, cela se sent.
Elle devrait l’être davantage (écoutée) lorsqu’elle parle d’éducation, car elle a su mettre le doigt sur la chose essentielle : la transmission des savoirs, lesquels n’excluent pas l’émotion (on apprend à aimer). Les méthodes pédagogiques les plus intelligentes, les réformes les plus sophistiquées, les attentes, les peurs, les désirs des uns et des autres ne devraient jamais perdre de vue ce but fondamental de l’école.
Après, on n’est pas obligé d’être d’accord sur tout avec elle : le souverainisme, par exemple, doux rêve séduisant parce que nous n’en percevons plus que la bienfaisante nostalgie et non plus la réalité telle qu’elle. Mais Natacha Polony ne manque ni de sincérité ni d’intelligence et ni d’oreille, même pour écouter ses contradicteurs.
Voici son programme :

- Jordi Savall: Anon: Rodrigo Martinez sur le disque La Folia 1490-1701
- Premier mouvement du Concerto pour deux violons de Bach par Hilary Hahn
- Troisième mouvement du concerto pour violon de Beethoven op 61 par Jasha Heifetz et le Boston Symphony Orchestra dirigé par Charles Münch, notamment vers 3mn, le passage en mineur
- L’Andantino de la sonate de Schubert en la, D 959, par Alfred Brendel

Les madeleines:
T’en souviens-tu la Seine d’Anne Sylvestre
La ville s’endormait de Jacques Brel
Correq’ et Reguyer d’Edith Piaf

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Olivier Bellamy reçoit Patrick Souillot dans Passion Classique

Avec la Fabrique Opéra de Grenoble et l’Orchestre universitaire de cette ville, Patrick Souillot a créé quelque chose d’exceptionnel. Un projet qui rassemble un très large public autour de l’opéra. Comme disait Benjamin Britten : Let’s make an opera. Et toute la ville s’y met. Et toute la ville vient le voir. Et tout le monde en parle.
Voici son programme :

Harl Mc Donald* cto pour2 pianos (2eme mvt)
Bersntein one hand one heart (west side story)**
Stravinsky Sacre du Printemps (glorification de l’Elue et la suite…)
Connesson Techno parade

3 Madeleines de Proust:
Barbara, Drouot
Telephone la bombe humaine
Mozart Concerto pour basson

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 Olivier Bellamy reçoit Ami Flammer dans Passion Classique

Je revois le visage d’Ami Flammer à Gaza, tendu, responsable, concentré, traversé par des sentiments contradictoires, mais engagé dans cette tournée de l’Orchestre de Méditerranée pour participer à la dernière utopie du XXe siècle : rapprocher Israéliens et Palestiniens par la musique. Dans le hall de l’hôtel, quatre musiciens avaient décidé de jouer pour eux-mêmes l’Adagio de Barber. C’était beau comme l’antique dans un pays dévasté.
Je le revois aussi à Tanger jouer le Concerto pour violon de Beethoven. Au premier rang, un personnage important parlait fort à son voisin. Lorsque son téléphone portable a sonné et qu’il a décroché, Ami Flammer a crié “Non” tout en jouant. En haussant les épaules, l’autre a raccroché et s’est tenu tranquille. Le violoniste aurait pu s’arrêter de jouer comme Franz Liszt à Saint-Pétersbourg et répondre avec un sourire au maître des lieux : “Même la musique doit s’arrêter quand le tsar parle.”
Avec Charles Berling, il incarne la rencontre improbable entre Glenn Gould et Yehudi Menuhin devant une caméra de télévision. Pour faire plaisir à Gould, Menuhin avait joué la Fantaisie de Schönberg. Pendant la répétition, le pianiste canadien pensait qu’ils allaient droit à la catastrophe tellement ce langage était éloigné du violoniste. Mais ce fut prodigieux, car, raconte Gould, en une nuit Menuhin s’était approprié totalement l’oeuvre comme s’il l’aimait profondément, du moins provisoirement. A cette hauteur d’inspiration, des petites faiblesses de caractère comptent bien peu.
Voici son programme :

-l’enfant et les sortilèges / leçon de calcul de Ravel
-sonate violon et piano andante fa majeur K 377 de Mozart
-lettres intimes Janacek quatuor novacek
-1ère symphonie de Malher

madeleines
les anarchistes léo ferré
Kudsi Erguner joueur de flûte turque
nacht und traume de schubert

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 Olivier Bellamy reçoit Frédéric Vitoux dans Passion Classique

Au fond, on ne devrait écrire que les livres qu’on aimerait lire. Par une sorte d’égoïsme très sain. C’est ce qu’a fait Frédéric Vitoux avec son Voir Manet (Fayard). Il aborde ce peintre si vilipendé de son vivant et si mal connu encore aujourd’hui en écrivain, en historien de l’art et en amoureux. Mais en tout premier lieu parce qu’il ne trouvait pas d’étude assez satisfaisante qui déchiffre la psyché et les mystères (plus que la simple biographie) d’un artiste qu’il rapproche judicieusement de Gustave Flaubert et des peintres du passé plus que de l’Impressionnisme. Les commentateurs de l’art sont souvent obsédés par une idée illusoire du progrès : un artiste est grand s’il en annonce un autre. Monteverdi annonce Mozart qui annonce Chopin qui annonce Wagner, etc. Schoenberg est “moderne” parce qu’il dissout la tonalité, etc.
Comme Brahms ou John Adams, Manet regarde en arrière pour entrer dans le grand art. C’est en imitant qu’il devient personnel. Il appartient à la peinture comme Schubert appartient à la musique. Ce qu’on demande à un artiste, c’est d’avoir une vision, d’être sincère, de deviner l’invisible plus que d’annoncer qui que ce soit. Sinon on est un esclave de l’avant-garde, un suiveur de l’hypothétique, pas un homme libre.
Voici son programme :

Aria « Di tanti palpiti », extraite de « Tancredi « de Gioacchino Rossini version Marilyn Horne
Fin de l’arietta de la dernière sonate pour piano de Beethoven, op 111, interprétée par Yves Nat
« Im Abendrot », lied de Schubert interprété par Margaret Price
Paisiello : opéra « Nina ossia La pazza per amore », air de la folie : « Il mio ben quando… » version avec accompagnement pian par Cecilia Bartoli dans le disque Decca, « arie antiche »

Et aussi :
« Le pot-pourri d’Alain Gerbault », paroles de Willemetz, chanté par Yvonne Printemps
Le quatuor « Bella Figlia dell’Amore » de Rigoletto »
Mazurka de Chopin op 33, n°2, par J-M. Luisada

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 Olivier Bellamy reçoit Jérôme Garcin dans Passion Classique

Sartre avait son Castor. Jérôme Garcin a perdu son Pollux. Toute son oeuvre romanesque tourne autour de ce frère jumeau, ce météore au singulier dont l’absente présence lui souffle l’évocation intime de personnages exceptionnels au destin brisé. Le poète Jean de la Ville de Mirmont lui offre une nouvelle âme en miroir pour combler ce manque obsédant. L’imagination de l’écrivain, telle une blessure qui devient fusion littéraire puis lumière, permet de rendre chair beaucoup plus profondément qu’une biographie classique à cet “éternel jeune homme” mort pour la France sur le Chemin des Dames en 1914.
Si ces “Bleus Horizons” (Gallimard) poursuivent une chimère, ils nous dévoilent pas à pas, dans un galop de Pégase vers la mort, un moment très musical vers l’éternité, avec grâce et… sans rien de trot.
Voici son programme :

. Dans les transpositions pour piano de Bach par Busoni, le « Ich ruf zu dir » Dinu Lipatti
. Mendelssohn : « Romances sans paroles, La Fileuse », par Daniel Barenboïm
. Haendel : « Semele, HWV 58, Where’er you Walk », par Andreas Scholl
. Schubert : impromptu in G-flat Major D.899 No.3, par Alfred Brendel

Et en lien avec Jean de La Ville de Mirmont :
. « L’horizon chimérique », Gabriel Fauré
. « L’horizon chimérique », Julien Clerc

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