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Laurent Baffie, une bonne claque aux mauvaises odeurs

Le 26 octobre 2012 à 09:23 par Olivier Bellamy

Olivier Bellamy reçoit Laurent Baffie dans Passion Classique

Voici un invité qui va diviser. Lui-même était surpris d’être reçu dans Passion Classique. Non qu’il connaissait l’émission, mais la réaction de ses amis l’a désarçonné : “Ah bon ? Tu es sûr ?” Genre : il a bien voulu de toi ? Laurent Baffie n’y connaît pas grand chose en musique classique, mais il a une oreille supersonique.
Personnellement, il m’a toujours fait rire. D’abord parce que j’ai toujours senti que cet humour très provocateur était une réponse vitale à une douleur de l’enfance. Son père battait sa mère. Par pudeur, il n’en parle pas. Mais c’est la source. Il n’a pas son pareil pour mettre les pieds dans le plat, pour dire : “Mais le roi est tout nu !” quand la conversation s’enlise dans les convenances ou que chacun tente de se cacher derrière l’image qu’il veut donner de lui-même. Baffie a un talent fou, c’est indéniable. Mais, derrière ce que certains prennent pour de la brutalité ou de la vulgarité, il y a chez lui une vraie délicatesse, une attention à l’autre, une écoute véritable. Le contraire de ceux qui bêlent comme des agneaux sous le feu des projecteurs et se conduisent comme des porcs en coulisse. Cynique ? Peut-être. Mais comme disait Oscar Wilde : “Le cynique est un homme qui connaît le prix de tout et la valeur de rien.” Une certaine forme de sagesse donc.
Voici son programme :
Vivaldi : “4 saisons”
“La promenade sentimentale” de Vladimir Cosma (Diva)

Madeleines :

“L’italien” Serge Reggiani
“Capri c’est fini” Hervé Vilard
Cat Stevens « Wild World »

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Il y a 12 commentaires pour cet article :

1 HOLDRINET, le 26 octobre 2012 à 14:54 :

Chacun est libre de rire de ce qu’il veut bien entendu. Que l’humour soit vital et une façon de rebondir à une douleur psychologique profonde, on comprend aussi.
Mais n’avoir à offrir que la vulgarité à ce degré là, à ce niveau là, vulgaire à mon tour, “au dessous de la ceinture”, ça peut aussi donner la nausée.
Je ne suis pas une admiratrice de L.Baffie,vous l’avez compris, j’ai donc écouté l’émission par curiosité. Je ne suis pas sûre d’être la seule.
Alors, OUI pour la richesse qu’apporte la diversité des invités. Mais là je pense que l’on a touché le fond. Non parce que L.Baffie n’y connaît rien en musique classique, il n’est pas le seul. Mais quel contenu? Qu’il soit sensible et capable de délicatesse, sans doute, mais nous, auditeurs de PC, derrière notre poste de radio, nous ne sommes pas les thérapeutes de l’invité.
J’en terminerai avec sa réponse lorsque vous lui avez fait remarquer Olivier, que dans une certaine émission, je ne sais laquelle, j’ai su cela hier soir dans PC, qu’il avait tutoyé Raymond Barre , qui lui-même vouvoyait sa femme; bref, la réponse de Baffie est très limite.

2 Patrick Delaunay, le 26 octobre 2012 à 16:10 :

Voici un traitement, certes radical, qui pourrait être appliqué, nul doute, profitablement, dans les salles de concerts de musique classique où, m’a t-on dit, toussotements et éternuements ponctuent le récital, écorchant ainsi l’oreille sensible, délicate, à vif, exacerbée par les bruits en ville, l’oreille interne précieuse du mélomane goûtant religieusement, en soi, la musique vivante déversée, par exemple, les impromptus de Schubert revisité par le divin Radu Lupu, ou encore, les berceuses de Chopin, interprétées par la non moins austère Hélène Grimaud :
“Au cours d’une réunion politique, Staline prend la parole pour un discours fleuve. Il parle, il parle, il parle. Soudain, un violent éternuement rompt le fil de son discours. Staline lève la tête et demande :
- Qui a éternué?
Seul un silence terrifié lui répond. Staline repose sa question. Nouveau silence.
- Gardes, fusillez le premier rang, rugit Staline.
Aussitôt dit, aussitôt fait. De nouveau, Staline veut savoir qui a éternué, mais personne ne répond.
- Gardes, fusillez le second rang, ordonne Staline.
Le second rang liquidé, Staline pose encore une fois sa question, et un homme sort du troisième rang et dit :
- C’est moi, camarade.
- À tes souhaits, camarade, répond Staline avant de reprendre son discours.”
(Je ne sais, hélas, qui est l’auteur de cette blague.)

3 marie-alsace, le 26 octobre 2012 à 19:18 :

Pour cette émission, je m’étais préparée au pire et finalement, je ne me suis pas ennuyée. Par contre, même en me pinçant, je ne pense pas pouvoir rire des blagues de Laurent Baffie enfin peut être dans une autre vie….. !!!! Hummmm, pas sûr. :-) Et la musique classique dans tout cela, deux clins d’œil, l’un qui fait suite à l’article d’Olivier Bellamy au sujet des “lettres à une jeune pianiste” de Gidon Kremer et l’autre pour le plaisir du beau et du vrai. Le livre de Gidon Kremer fait réagir les chroniqueurs. N.Krafft sur son blog de Rue89 et D.Christoffel sur FM y ont été de leur plume et j’avoue être plus en phase avec leur analyse. Toujours sur FM, mercredi soir, en allant au tennis, j’écoutais un extrait de la répétition de la TRAVIATA par Arturo TOSCANINI avec son orchestre de la NBC…..un enchantement :-) si loin de ce marketing destructeur.

4 COURTAUT.Monique, le 26 octobre 2012 à 19:50 :

Frédéric Chopin n’a composé qu’une seule berceuse .

5 Patrick Delaunay, le 26 octobre 2012 à 20:28 :

@ 4 Je m’en doutais, n’en ayant qu’une, de berceuse, par H. Grimaud. J’imaginais, généreux… pour Sand… on ne sait jamais. En tout cas, merci Monique pour cette rectification… essentielle.
N° 2 : irritée, mieux que : exacerbée.
Voilà ce que c’est que de poster vite.
J’ai beaucoup aimé l’entretien, de part et d’autre, bien qu’écouté en différé… dans l’après-midi. Tout en contrastes de la part de l’invité, de la mesure aux saillies et coups de pattes de chat, de bête médiatique.

6 Lily, le 26 octobre 2012 à 21:37 :

une seule berceuse, mais .. 21 nocturnes!!!

7 COURTAUT.Monique, le 26 octobre 2012 à 22:40 :

George Sand a dédié “la mare au diable”à Chopin,aucune oeuvre de Frédéric n’est dédiée à Aurore !!

8 Roberto Livadiotti, le 27 octobre 2012 à 10:42 :

Je n’ai pas assez souvent écouté Laurent Baffie pour savoir s’il y a de la vulgarité dans son humour. Mais en fait d’humour,je préfère écouter les Desproges,Valérie Lemercier ou Anne Roumanoff ou Gad Elmaleh,etc…Quant à ses choix musicaux,ce sont bien ceux de qqun qui s’y connaît peu en musique,car,à mon avis,même si l’on ne choisit que des morceaux de Vivaldi,il y a chez le prêtre roux,bien plus d’oeuvres intéressantes que les archi-connues 4 Saisons,comme par ex.le “Gloria”,les Concertos per “più strumenti” (plusieurs instruments),pour 2 violons,4violons(retranscrit par Bach),des airs d’operas,etc…
Je n’ai pas pu écrire hier soir,comme je le fais souvent,à Francis Drésel pour apprécier son programme du soir où il diffuse souvent des oeuvres intégrales(hier la 6e Symphonie “Pastorale” de Beethoven,car nous avons eu une longue coupure de courant,à cause des intempéries dans les Alpes-Maritimes. Salutations à toutes et à tous.

9 Patrick Delaunay, le 27 octobre 2012 à 15:06 :

@ 7 : Rien pour George. Encore une nuit… sans George, heu, Saint Georges.
C’est ce que je me disais rêvant devant les portraits peints, sous les moulures du salon Chopin du Procope, buvant un dernier coup de Nuits.
Amoureux on dédie, je suppose. En tout cas, ce n’est pas Baudelaire lui qui aurait dédié quoi que ce soit à Aurore.
1. On peut, fort heureusement, être grossier sans être vulgaire. Si ce n’était, à ce compte-là Rabelais le serait souvent et Villon, Verlaine dans ses poèmes érotiques…
Céline de mémoire : faut être raffiné pour manier, sans se casser le nez, les mots dits gros.
La vulgarité n’est pas toujours ce qu’on croit qu’elle est. Bling-bling et Rolex sont vulgosses, à mes yeux — non éblouis.
2. Toujours pas lu, mea culpa, l’“Entretien” d’O.B. Si le détective de l’illustrissime ange (grossier) daigne me l’envoyer, j’en ferai la critique.

10 Sandrine, le 27 octobre 2012 à 15:53 :

Heureuse de vous lire Patrick. À propos de Rolex relire l’amusant dialogue entre Socrate et J. Séguéla dans Petit traité de vie intérieure de F. Lenoir.

11 Patrick Delaunay, le 27 octobre 2012 à 17:13 :

Chère Sandrine, idem, c’est un peu grâce à vous, ou à cause de vous, si je suis revenu — ces dernières heures.
Par ailleurs, j’ai en effet le livre dont vous parlez !!! et je relirai (en effet) cette nuit le “dialogue inédit entre Socrate et Jacques Séguéla”, entre Socrate et “Julius Cretinus”, dans ce Frédéric Lenoir que, soit dit en parenthèses, je n’ai jamais réussi à finir. Que c’est plat ! Ah ces marchands de bonheur, de sagesse ! ces livres vulgarisant la Pensée toute les précédant ! et qui encombrent les librairies ! C’est le genre de bouquin qui moi me déprime. Tandis qu’un Cioran, un Schopenhauer, dans un autre genre Bloy, eux me requinquent. Faut dire que tout ou presque est inversé, ici. A propos des philosophes, sauf ceux que je viens de citer, je remarque qu’ils ne font preuve d’aucun humour, même à l’oral. Rien de plus puéril et teigneux, ordinairement, qu’un philosophe. Ce qui sauve Onfray : son amour de la musique. D’autres, au col blanc ouvert, y sont sourds, en plus ! Non moins vrai que si avions pas passé la moitié du temps à en écouter nous arborerions aussi nous une… Rolex ! Lol !
Résumé : la musique sauve de la montre, de la monstration.

12 Sandrine, le 30 octobre 2012 à 13:58 :

Je n’ai personnellement pas ressenti de vulgarité dans la personnalité de cet homme là (même s’il pouvait y en avoir dans son langage, je le concède), qui m’est même apparu plutôt sain et sensible, voire sage. Je peux aussi lui affirmer, contrairement à ce qu’il croit, connaitre beaucoup d’exemplaires de la gent féminine, moi la première, qui apprécient les blagues pimentées, voire en racontent !


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