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Teresa Berganza, figlia del amor, figlia de Mozart

Le 31 mai 2012 à 09:41 par Olivier Bellamy

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Pleurer sur le Quatuor K 421 de Mozart est moins courant que de pleurer sur une chanson de Piaf, mais, au fond, les larmes viennent toujours du coeur (excepté pour quelques crocodiles), car Teresa Berganza pensait probablement à son père qui lui a fait découvrir la musique classique en lui racontant des histoires. C’est pour cela qu’elle s’est toujours sentie en intimité étroite avec cet art et qu’elle n’a jamais eu besoin d’appuyer sur le sublime pour faire naître une émotion pure et vraie.
Quant à Maria Callas, cette voix demeurera toujours un mystère. Tant de travail pour dompter un instrument aussi rebelle et parvenir à un résultat aussi déchirant, né des profondeurs du ventre et de l’âme, voilà de quoi transcender toutes les cultures et toutes les civilisations.
La divina a tout de suite pris la Teresina sous son aile, lorsqu’elles se sont rencontrées à Dallas dans Médée de Cherubini. Callas aimait le professionnalisme avant tout et sentait la grandeur (c’est-à-dire l’humilité et le talent aussi grands) chez les artistes même les plus jeunes. Quand Teresa, qui n’était pas encore la Berganza, lui a demandé des conseils, Maria Callas lui a répondu : “C’est plutôt à toi de m’en donner.” Elle était sincère. Ce n’était pas une pose ou une phrase gentille et modeste. Car la Callas s’est toujours sentie toute petite au fur et à mesure qu’on la trouvait grande. L’essentiel, c’est d’avoir une voix qui voit grand. Pas soi, la musique. Avoir conscience de sa responsabilité : la musique a besoin de moi, de toute mon âme, de tout mon art ; mais, sans la musique, je suis une personne comme tout le monde. C’est aussi simple et aussi beau que cela.
Voici le programme :
Madeleines musicales
1) Vissi d’arte Maria Callas (Sabata)
2) Quatuor K. 421 Mozart - Quatuor Amadeus
3) Sonate en la majeur K.331 Gieseking (1er mvt)

« Non so piu » air Cherubino (Les Noces de Figaro de Mozart)
O del mio dolce ardor Gluck
« Près des remparts de Séville » in Carmen Abbado

Voici le programme

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Il y a 5 commentaires pour cet article :

1 Blanche, le 31 mai 2012 à 12:21 :

Bonjour.
J’insiste pour essayer de me connecter à ce blog charmant, lourdement, bien que ce ne soit pas dans mon naturel de petite chèvre de montagne aux sabots luisants.
Teresa Berganza m’y incite cependant. Quel joli hommage à Maria Callas, et aussi de la part du bel ami, merci.
Maria se battait contre sa voix étrange et rebelle, elle en savait la puissance émotive, elle eût voulu la rendre idéale,elle avait la simplicité de demander conseil aux meilleures, même à ses cadettes, foi de Teresa. Elle en quêtait auprès d’Elisabeth Schwartzkopf, même devant tout le monde, en plein restaurant (je ne sais si l’anecdote est véridique). Et Janine Reiss, la chef de chant qui la reçut, humble et désespérée en fin de carrière, en témoigne souvent. Mais fallait-il que l’art de Maria fût “parfait”? L’émotion qui nous étreint à son écoute ne vaut-elle pas notre admiration se portant à la belle voix équilibrée, scintillante de facilité - travail, intelligence, musicalité, soit! - de Teresa? Entre émotion et admiration, je fais, sans le vouloir, un choix sensitif, un choix du corps en somme…
Teresa, dans “son” répertoire espagnol lyrique inspiré de la musique populaire, Falla, Lorca, etc. demeure inégalée à mon sens.
Programme beau, un peu court, centré.
Blanchette.

2 Lily, le 31 mai 2012 à 23:35 :

Les larmes mozartiennes de Teresa Berganza, personnalité adorable, d’une grande honnêteté musicale.
La musique qui remue jusqu’aux larmes, qui chamboule, qui vous élève sur un nuage, qui console, qui met en joie, la musique classique le plus beau et le plus abstrait de tous les arts. Le quatuor K421 qui a fait pleurer Teresina, ré mineur, tonalité tragique, celle aussi du Requiem, de l’ouverture de Don Giovanni ..

3 Patrick Delaunay, le 01 juin 2012 à 02:04 :

Adorable, c’est en effet le mot.
Et le petit chien riait, aux pieds de la Callas et de la Berganza.

4 COURTAUT.Monique, le 01 juin 2012 à 12:18 :

Les Classes de Maître sur “Cosi”commencent dimanche 3 à 16 heures à la Villa Viardot,avec une merveilleuse accompagnatrice:Aline Bartissol.
T.B.,lorsqu’elle a chanté dans un opéra,ici Dorabella,en connait tous les personnages à la syllabe et à la double croche,qu’elle rectifie immédiatement.
Pas question de se laisser aller à la moindre ornementation baroque:le regard noir s’indigne ,ce n’est pas écrit par MozarT.

5 Itié, le 01 juin 2012 à 16:40 :

Elle a la discrétion et la modestie des grands . Pour moi , elle est restée Zerline
dans le splendide Dom Juan de Losey .
Merci Dona Térésa !


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