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Isabelle Alonso, et encore elle s’est retenue

Le 30 mai 2012 à 09:28 par Olivier Bellamy

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On peut être féministe sans être castratrice. Isabelle Alonso aime les hommes virils et intelligents, elle a de l’humour, du bagou, du charme. Et quelqu’un qui pleure en écoutant Mercedes Sosa ne peut être fondamentalement mauvais… Elle ne change pas sa nature, elle ne s’oppose pas à la nature, elle se place du côté du droit et espère bien faire évoluer les mentalités. La parité est un vaste débat qui demande plus de bons sens et d’équilibre que de rigorisme mathématique.
On l’a parfois vue jouer les féministes de service chez Ruquier sans réellement convaincre (mais la télévision caricature tout) et résister sous les coups d’Eric Zemmour à la télévision avec un certain courage.
Isabelle Alonso imagine dans son dernier roman ce que serait un monde gouverné de manière unilatérale par les femmes. En allant plus loin que Blake Edwards qui, Dans la peau d’une blonde, imaginait un macho revenir sur terre dans la peau d’une nana bien roulée et qui subissait à son tour ce qu’il avait fait subir.
Elle ne veut pas forcer les hommes à faire pipi assis (comme désormais dans les toilettes de l’Orchestre philharmonique de Berlin), elle ne prône pas l’émergence d’une génération de lavettes, elle veut simplement qu’on en parle. Et qu’on écoute de l’opéra et de la zarzuela pour mettre un peu de douceur et de fantaisie dans un monde de brutes.
Tiens, comme “poète”, “brute” est aussi un mot unisexe.
Voici son programme :

- Lakmé (Delibes) Duo des fleurs
- La Bohême (Puccini) Duo “O soave fanciulla”
- Les Noces (Mozart) Dove sono (air de la comtesse)
- La boda de Luis Alonso (Jeronimo Gimenez) Intermedio interprété aux castagnettes par Lucero Tena.

Chansons Madeleine :
- Mercedes Sosa: Gracias a la vida (live)
- Estrellita Castro: Suspiros de España http://www.youtube.com/watch?v=SyUr1XdwACE (commence à 2:07)
- Moustaki Grand père

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Il y a 5 commentaires pour cet article :

1 Patrick Delaunay, le 30 mai 2012 à 17:52 :

Comme je dis toujours, un flot ou même quelques larmes jaillissant impromptues dans le cours d’une émission, c’est beau. C’est du meilleur effet.
Larmes schubertiennes, latines… n’importe. Les larmes sont les mêmes et c’est peut-être ce qui en soi est le plus authentique. Enfin…
Je ne parle pas pour moi, buvant de la vodka.
(Vodka : petite eau, en polonais.)
Olivier évoque plus haut : “Dans la peau d’une blonde”, je ne l’ai pas vu. Au rebours de la thèse du film, je suggère de lire ou relire une biographie de Marilyn Monroe, la super-blonde, la blonde des blondes, la bombe platine : ce qu’elle a fait subir aux hommes, acteurs, metteurs en scène, époux, etc., d’un mec on n’aurait alors supporté le dixième ! Et ce dans les années cinquante, soit avant la vague féministe des soixante. Cela sans doute parce qu’elle a eu une enfance spéciale, pour ne pas dire malheureuse, produite par une mère coureuse, puis schizo, mais aussi par sa grand-mère, pire encore. Père inconnu d’elle.
Marilyn, une napoléonienne.

2 marie-alsace, le 30 mai 2012 à 23:18 :

Conversation forte intéressante entre deux « tempéraments» opposés. Il y a eu quelques clichés qui m’ont fait gentiment sourire, la référence à Simone de Beauvoir et à Marguerite Yourcenar :-) par exemple et, en lisant le commentaire, j’ai bien rigolé.Il fallait le trouver ce nom féminin « brute » !!!!!!

3 Sandrine, le 31 mai 2012 à 08:16 :

Oui Marie, le cerveau d’Olivier devait être en ébullition tellement il paraît tout rouge sur la photo ! Nous connaissions les gros mots, les bons mots, les mots doux, et puis il nous a appris les mots « laids mais pratiques » il y a quelques temps avec le mot « auteure » et maintenant il nous invente les mots « unisexes »….on attend la suite….

4 Patrick Delaunay, le 01 juin 2012 à 01:58 :

Que de brutes, en effet !
Ma préférence : les brutes sensibles, délicates, sans qui vivre, c’est danser avec la robe de Marilyn, sur un air de techno.

5 Bruno, le 14 juin 2012 à 13:28 :

Je ne connais pas Isabelle Alonso mais, quelqu’un qui pleure en écoutant Gracias a la Vida me touche beaucoup!! Merci, je pleurais avec elle dans la voiture!


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