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Michel Galabru, en un mot comme en cent : génial !

Le 21 mai 2012 à 19:33 par Olivier Bellamy

Michel Galabru n’est pas un intellectuel. Il est mille fois mieux que ça, car il a tout compris sur tout. Il fait le pitre, l’âne, mais c’est un âne shakespearien, celui du Songe d’une nuit d’été ! Il en fait des kilos, des tonnes, des quintaux, des “milliasses” de kilos (comme on dit chez Pagnol) mais il est vrai, il est drôle, il est inoubliable. Il est de la race des grands et il ne le sait pas, il ne veut pas le savoir.
L’entendre imiter Guitry dans Debureau est un régal. Le voir admirer Raimu répétant : “Laisse un peu mesurer les autres !” est émouvant. C’est peut-être pour cela qu’il n’a pas fait la carrière d’un Raimu : il admire les autres plus que lui-même. Mais qu’importe, il est là, bien vivant, toujours vert, et on l’aime hénaurrrrrrmément.
Lorsque Michel Galabru dit : “On peut faire rire avec Le Cid… Derrière les mots, il y a la musique des mots qui est plus importante”, il a raison. Cela me rappelle le grand chef d’orchestre Kurt Sanderling qui avait l’habitude de dire : “On peut jouer le premier mouvement de l’Héroïque de Beethoven comme une valse viennoise ! Les notes le permettent… Mais, évidemment, l’esprit, l’interdit.”
Merci à Galabru de nous rappeler certaines évidences comme la supériorité du génie de Vermeer !
Et la grandeur de Pagnol ! Personnellement, mes répliques préférées sont : (César à Marius) - Est-ce que Panisse navigue lui ? Non. Pas si bête. Maître Panisse construit des voiles pour que la mer puisse emporter les enfants des autres.” (je cite de mémoire, je n’ai plus le texte sous les yeux, mais le doigt accusateur de Raimu me fait encore frissonner). Ou encore : (toujours César à Marius) - Ah oui, tu as donné la vie à cet enfant… Oui. Les chiens aussi donnent la vie… Non, ce petit, quand il est né, il pesait cinq kilos, et ces cinq kilos, c’est de l’amour. Et pourtant, c’est léger, l’amour. Il en faut pour faire cinq kilos.” Etc.
Un mot encore : la “Valse du petit chien” de Chopin par Samson François. SUBLIME ! Aucun pianiste vivant n’arrive à ce degré de rubato naturel, de légèreté, de beauté. Une merveille !
Voici son programme :

Carmen de Bizet
Valse « du petit chien » de Chopin par Samson François
Cosi Fan Tutte : Quintette « Sento o Dio »

Madeleines :

Ave Maria de Schubert par Tino Rossi
Yvonne Printemps - Dites lui qu’on l’a remarqué (La Grande Duchesse de Gerolstein)

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Il y a 5 commentaires pour cet article :

1 Sandrine, le 21 mai 2012 à 22:48 :

Pour mon premier Passion Classique depuis longtemps, un vrai régal ! Mais Olivier m’a « chipé » une partie du commentaire qui m’était venu à l’esprit durant un passage de l’émission, à savoir que je veux bien être traitée, en tant que femme, de bique, de chèvre, de vache… par tous les hommes qui font l’âne avec autant de talent que Monsieur Galabru!
Merci Monsieur Galabru d’être aussi simple, vrai, sincère. Comme le dit Olivier de Mozart, il y a chez vous aussi de la légèreté et de la profondeur ; une finesse et une pudeur que l’on devine malgré le cache-cache entre l’homme et l’acteur farceur au franc parler revigorant. Non, non, nous ne vous oublierons pas !

2 Patrick Delaunay, le 22 mai 2012 à 01:51 :

Anthologique. Heureusement, finalement, qu’Olivier Bellamy n’invite pas seulement des musiciens, chanteurs, chefs d’orchestre (mettez tout cela au féminin).
Quelle verve !
Un ogre. Il dévore le studio, le passé, les siècles, dégurgite vingt anecdotes. Le micro n’en mène pas large. C’est un monologue, des tirades organiques.
J’adore, les propos. La voix. La voix demeure, inchangée.
J’ai eu la chance de rencontrer M. Galabru l’été de 1989 (peu de temps après un autre grand improvisateur à l’oral : Fabrice Luchini), pour un reportage, dont j’avais eu l’idée, pour le mensuel Paris Capitale, époque où je m’essayais au journalisme. On avait déjeuné dans un resto près du théâtre, son théâtre, rue de l’Armée-d’Orient.
Je m’en souviens, sa gentillesse, sa simplicité et générosité.
On avait vu avant aussi les petites Seigner, pimpantes, promettant, dans la fleur de leurs vingt ans.

3 Lily, le 22 mai 2012 à 16:37 :

Grand coup de chapeau à Michel Galabru.
En peu de mots (si j’ose dire !!), avec sa description pittoresque du personnage de « Marie-Thérèse » qui ne pourra jamais jouer la valse du petit chien sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées, il a dit l’essentiel sur le mystère subtil de l’interprétation et du génie face aux arts .

4 Nelly, le 23 mai 2012 à 21:11 :

Michel Galabru: des éclats de rire! Je n’étais pas là depuis longtemps aussi comme Sandrine et le commantaire de Patrick Delaunay :(comme souvent)j’aime.Bien sûr j’écoute ou bien je lis ce qui se dit comme les textes d’olivier Bellamy ,ce que vous écrivez et ce soir je vais le re-écouter. Bonne soirée Françoise, Elise, Roberto, Geneviève (qui passez peu) et puis tous, tous, tous. Et si mo message part j’aurais beaucoup de chance…

5 Patrick Delaunay, le 28 mai 2012 à 23:58 :

Jacques Chazot… complètement oublié.


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