Accueil  >  Myung-Whun Chung, d’abord humain, ensuite musicien, ensuite coréen

Rapprocher les deux Corée par la musique, M.-W. Chung y pense depuis cinquante-neuf ans. Son âge. Il y a dix ans, à la faveur d’un réchauffement politique, il avait été autorisé à donner un concert à Pyongyang avec l’Orchestre philharmonique de Séoul (dont il est le directeur musical) et à diriger l’Orchestre de Pyongyang à Séoul. De nouvelles tensions survenues entre les deux pays ont empêché une poursuite du rapprochement culturel. Il y a quatre ans, deux répétitions à Pyongyang ont été brusquement interrompues à la suite des essais nucléaires dans le nord qui ont provoqué l’annulation du concert.
Le chef sud-coréen a voulu aller plus loin. La restitution par la France de manuscrits royaux coréens, en 2011, et les efforts de Jack Lang, ont permis la venue à la salle Pleyel à Paris de l’Orchestre Unhasu de Corée du Nord, mercredi 14 mars, pour un grand concert de concorde, avec l’Orchestre philharmonique de Radio-France. Evénement sans précédent en Europe depuis 1945.
Pour lui, il s’agit d’une même famille qui a été brutalement divisée. Sa propre mère est née en Corée du Nord. Elle est décédée l’année dernière.
Myung-Whun Chung a voulu conserver à cette rencontre un caractère purement artistique. Il a refusé les discours officiels et la présence de drapeaux sur la scène. Techniquement, l’Unsahu rappelle les orchestres soviétiques de la grande époque. Cette perfection instrumentale a disparu de la surface du globe, même en Russie… Mais jouer parfaitement ensemble n’est pas tout en musique classique et il manque à cet orchestre une certaine profondeur… Ce qu’ont toujours eu les Russes.

Voici le programme de Myung-Whun Chung :
Bizet : Carmen Ouverture
2 Madeleines
Ma Mère l’Oye (4 mains)
Concerto pour piano de Haydn (3e mvt)

Piatigorski joue le 3e mvt du Double Concerto de Brahms (avec Milstein / Reiner)
Olivier Messiaen : Turangalila par M. W. Chung (court)
Fantaisie de Schumann (1er mvt)
Duo “Petit Mari Petite femme” (Jeux d’enfants de Bizet) par M. W. Chung (à la toute fin)
Désannonce générique

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Il y a 2 commentaires pour cet article :

1 Lily, le 01 mai 2012 à 23:18 :

Vouloir rapprocher les peuples par la musique, c’est courageux de la part du maestro Myung-Whun Chung et de ceux qui oeuvrent pour leur réconciliation.
« Sur les pentes du Mont Fuji. Lentement mais sûrement.
Vas-y ! Petit escargot. »
Haiku d’Issa (1763-1828)

2 Valérie L., le 02 mai 2012 à 19:41 :

Un chef magnifique ,que j’ai maintes fois vu diriger son orchestre de radio France. Modeste,intègre, adorable avec ses musiciens dont il est adoré. Leur engagement humanitaire (Unicef, Music’ament) les honore.
Loin des chefs ultra-médiatisés et sur- évalués. Une belle personne. Merci de l’avoir invité !


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