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Barbara Hendricks, l’ABC du chant

Le 30 avril 2012 à 16:17 par Olivier Bellamy

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Barbara Hendricks est la marraine du Festival Radio Classique à l’Olympia les 15, 16 et 17 juin. Sa photo orne déjà les murs de la capitale pour annoncer l’événement. Un abécédaire est diffusé sur notre antenne. En voici quelques extraits. L’intégralité sera disponible bientôt sur mon blog d’Huffingtonpost. Bon pont du 1er mai à ceux qui le font et bon courage aux autres !

Arkansas

C’est là où je suis née, où j’ai grandi, j’étais un petit enfant, à la campagne, c’était rural j’étais heureuse, j’étais dehors, dans la nature. Mais il y avait aussi A comme Apartheid parce que c’était une époque de la ségrégation aux Etats-Unis. La ségrégation légale, c’était la loi. C’est aussi une époque qui m’a donné ma force, la force de me battre, peut-être grâce au soleil, aux grands espaces ; il y a quelque chose de vital qui me vient de cet Arkansas rural.

Bernstein

Leonard Bernstein, c’était une force de la nature, un être extraordinaire qui représentait au début pour moi juste un lien avec mon professeur de chant Jennie Tourel. Mais quand j’ai commencé à travailler avec lui, j’ai réalisé aussi que c’est être qui avait la connaissance de presque tout, qui était cultivé, qui parlait plusieurs langues, qui avait une connaissance de l’histoire, de la philosophie, et qui vraiment croquait la vie. La vie pour lui était de toujours aller en avant. Son assistant m’a dit que, lorsqu’il est mort, il a mis sa main sur sa poitrine et a dit : « Mais qu’est-ce que c’est ça ? » Ce sont ses dernières paroles. Les paroles d’un battant, d’un curieux et d’un amoureux fou de la vie.

Cinéma

J’ai beaucoup de souvenirs de cinéma. D’abord comme adolescente, nous étions obligés d’aller au balcon, parce qu’on ne pouvait pas être assis avec les Blancs. Puis j’ai découvert à l’Université le cinéma européen, français, Truffaut, Fellini, Visconti… Mais c’est aussi le Festival de Cannes où je suis allée souvent et, plus important pour moi, lorsque j’ai fait partie du jury de Cannes. C’était une expérience formidable parce qu’il y a beaucoup de films qu’on ne voit jamais, personne n’en parle, des films de gens qui sont en train de faire du cinéma dans les pays pauvres, les pays qu’on n’entend pas, qui ont cette envie de s’exprimer, ça m’a beaucoup touché. Et bien sûr le Cinéma, c’était de faire deux films d’opéra : La Bohème de Puccini avec Comencini et le Rake’s Progress de Stravinsky, deux expériences que j’ai adorées.

Dream

I have a dream de Martin Luther King. Oui, c’était extraordinaire de vivre ce mouvement. Depuis mon enfance, quand je me suis rendu compte du mouvement pour les droits civiques, quand j’avais huit ans, quand neuf étudiants essayaient d’aller au lycée de Central High School, c’était en 1957. Et après j’ai suivi bien sûr Martin Luther King et tous les autres qui ont lutté pour les droits civiques aux Etats-Unis, qui m’a inspiré en moi aussi un rêve qui est : on peut vire ensemble, on peut essayer de trouver ensemble les solutions aux problèmes dont nous sommes confrontés tous les jours, qui sont énormes. Je crois qu’on ne peut pas vivre sans rêve et je crois que c’est un bon rêve à avoir, ce rêve de la solidarité.

Eglise

Eglise, bien sûr, ma vie a commencé un peu à l’église, puisque mon père était pasteur et jusqu’à l’age de 16 ans, quand j’ai quitté la maison pour aller à l’Université, l’église était toujours à côté de la maison. Ca faisait partie de ma vie. La maison, l’église, l’école, c’était tout mon univers en effet durant les seize premières années de ma vie. C’est dans l’église que j’ai commencé à chanter, c’est la musique des Spirituals qui est la base de tout ce que je chante parce que je trouve que dans la musique de Mozart, dans la musique de Bach, de Puccini, cette spiritualité qui m’a touché déjà tout petit enfant, quand j’ai entendu cette musique à l’église de mon père.

Famille

Famille, c’est quelque chose de très important. Enfant, ma famille était bien sûr importante. Je voulais une famille active où tout le monde était actif dans la famille. J’avais essayé petite d’organiser les fêtes d’anniversaires, les fêtes de tout le monde. Et aussi une chose très importante, en faisant le métier que j’ai, c’était très important pour moi aussi de fonder une famille, d’avoir des enfants. Et j’ai eu la chance de pouvoir le faire et de garder l’équilibre entre carrière et famille. Je crois que pour moi la raison que je peux le faire, parce qu’il n’y avait pas de doute, la priorité dans ma vie était ma famille et toujours ma famille parce qu’ils sont grands maintenant, mais je suis toujours maman.

Giulini (Carlo Maria)

Ce chef d’orchestre était un moine. Quand il dirigeait, c’était comme s’il était en prière. C’était aussi un grand seigneur italien, avec une classe naturelle et quand je l’ai rencontré, c’était pour faire Falstaff de Verdi à Los Angeles, on l’avait fait à Los Angeles, au Covent Garden et aussi à Florence. Et c’était juste à l’époque où sa femme est tombée très malade. Et j’ai vu cet homme dévoué à sa femme et à sa famille et en même temps qui était dans la musique, c’était quelque chose d’extraordinaire. Moi je l’ai dit une fois, je lui ai dit : « Maestro, j’ai de la chance de savoir que vous existez dans mon métier parce que je sais que c’est possible d’être comme vous êtes et de faire ce métier. » C’était un exemple pour moi sur le plan musical, mais surtout sur le plan humain.

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