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Jean-Claude Carrière, un grand d’Espagne

Le 20 avril 2012 à 12:32 par Olivier Bellamy

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Bavarder avec Jean-Claude Carrière est toujours un plaisir de fin gourmet, une promenade à travers les langues et les civilisations, à l’ombre des géants qu’il a côtoyés (Luis Bunuel, Peter Brook), entre la mémoire et les émerveillements de chaque instant sur ce qui fait les mystères de l’art et de la vie mêlés de manière indissociable.
L’Espagne est l’une de ses passions ; on pourrait en citer cent, mais celle-là est charnelle, littéraire, cinématographique, gourmande, sensuelle et mystique, évidemment mystique. Jean-Claude Carrière travaille tout le temps, même lorsqu’il semble flâner et ne rien faire. Son esprit classique, formé à la solide école de ce qu’on appelait autrefois “les humanités”, lui donne cette liberté de baguenauder sans cesser d’apprendre et de se ressouvenir, de prendre le temps de perdre son temps en remplissant chaque seconde son vase intérieur de couleurs et de parfums qui convoquent tour à tour telle harmonie de Falla, tel accent fauve et sombre de Velasquez ou telle fleur des jardins de l’Alhambra.
Voici son programme :

. RAVEL “Pavane pour une infante défunte”

. DE FALLA “Duo de cordes et âmes”

. BIZET : L’Arlésienne « Farandole »

Les trois “madeleines” :

. SOMBREROS ET MANTILLES chanté par Rina Ketty

. JE T’AI DONNE MON COEUR, extrait du “Pays du sourire” de Franz Lehar

. IL AVAIT DES ARBRES de Charles Trenet

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Il y a 15 commentaires pour cet article :

1 Nelly, le 20 avril 2012 à 16:28 :

S’asseoit à une terrasse de café et regarder, observer les gens…ce Passion Classique m’a remis en tête des souvenirs et particulièrement celui-ci: il y a quelques années, un été en famille (sympathiques les vacances en famille…) nous avons passé nos vacances à Idrun près de Castillon dans les Pyrénées où a été tourné ‘Le retour de Martin Guerre’. Lorsque nous sommes rentrés nous avons à nouveau regardé le film: on pouvais reconnaître la cheminée et l’escalier montant aux grandes chambres! Après… tout le villa comme la maison avait été refaits à neuf. Superbe région, ballades extraordinaires et souvenirs indélébilies.
Et bien je reécoute avec grand plaisir Bizet pour carmen et l’Arlésienne et Charles Trénet: il y avait des arbres. Bon we à tous.

2 Nelly, le 20 avril 2012 à 16:33 :

Et s’il vous plait: pas de remarques pour les fautes ou les mots coupés comme villa pour village…Je plaisante!

3 Erica Roche, le 24 avril 2012 à 19:24 :

“Lost in translation” - non ce n’est pas du film dont il s’agit ici mais de ce pauvre Shakespeare dont le moins que l’on puisse dire c’est que les traductions en français de ses œuvres ne lui rendent pas justice, à commencer d’ailleurs par Victor Hugo qui en a fait une traduction mot à mot avec l’emphase qu’il affectionnait tant en prime, même si ce n’était pas le cas de Shakespeare. Personnellement, je fuis comme la peste les mises en scène du grand “Will” en français. Une exception à cette règle, et de taille, a eu lieu en 1974 et m’a laissée un souvenir inoubliable, toutes ces années après. Il s’agit de la mise en scène au Théâtre des Bouffes du Nord par Peter Brook de “Timon d’Athènes” - dont la traduction et l’adaptation absolument époustouflante étaient signées…Jean-Claude Carrière bien sûr. De cette pièce un peu curieuse et peu jouée, il en a fait un texte socio- politique extrêmement contemporain. J’ai toujours beaucoup apprécié ses scénarios cinématographiques - et je découvre maintenant avec joie, à travers cette émission très intéressante, tout son amour pour l’Espagne ainsi que son programme musical aux accents enivrants et parfois un peu rétro (je pense à Rina Ketty).

4 Patrick Delaunay, le 24 avril 2012 à 22:36 :

Les traductions des œuvres du grand génie (car il y a les grands et les petits génies) Shakespeare ne sont pas de Victor Hugo mais de l’un de ses enfants : François-Victor Hugo.
Beaucoup aimé l’anecdote relative au malicieux peintre espagnol, si bien rapportée, contée par l’invité. Et les facéties, énormes, ou mystifications de Luis Buñuel.

5 Erica Roche, le 25 avril 2012 à 09:28 :

Vous avez mille fois raison Patrick - autant pour moi- mais aussi bien dans le nom que dans le style c’est tel père tel fils!

6 Patrick Delaunay, le 25 avril 2012 à 20:28 :

Vous êtes tout excusée chère Erica !
J’attire cependant l’attention de Votre Altesse sur le fait établi que Victor Hugo est, hélas !, officiellement considéré comme étant le plus grand poète français du dix-neuvième siècle.
Quant aux traductions des pièces du nombreux William Shakespeare par le fiston de Victor, François-Victor, je m’en contente. Une phrase comme ça : “Du chenil de ta matrice s’est évadé le limier d’enfer qui nous chasse tous à mort…”, ça a de la gueule.

7 Erica Roche, le 25 avril 2012 à 22:29 :

Mon cher Patrick - je n’y peux rien si mes instincts m’écartent de la voie officielle. Il y a bien d’autres poètes français du XIXème que je préfère à Victor Hugo. Par contre, j’ai trouvé tout à f

8 Erica Roche, le 25 avril 2012 à 22:38 :

Pardon - c’est parti tout seul! J’ai trouvé tout à fait passionnante l’exposition “Les Arcs-en-Ciel du Noir” des dessins de VH père qui se tient en ce moment dans sa maison Place des Vosges -il y règne une atmosphère toute particulière même en temps normal, mais encore plus dans l’expo -allez-y Patrick si ce n’est pas déjà fait!

9 Patrick Delaunay, le 26 avril 2012 à 12:03 :

Merci Erica pour le tuyau. Je ne savais pas. J’irai. Il y aussi Degas, ses pastels à mourir. Witkin et d’autres. Faudrait être en vacances… Les sorcières, c’était bien. Un écho à celles de Macbeth :) Hugo poète… Je lui préfère Verlaine, Baudelaire, Rimbaud, le trio de tête des mots dits.

10 Roberto Livadiotti, le 26 avril 2012 à 16:11 :

Par contre,je préfère Hugo avec la puissance évocatrice de sa poésie,(même s’il y a parfois de la boursouflure), qui fait penser à Michel-Ange et Beethoven,Lamartine, et je mettrais ensuite Baudelaire,Rimbaud et Verlaine.

11 Patrick Delaunay, le 27 avril 2012 à 00:22 :

Je n’ai pas beaucoup pratiqué le père Hugo, trop installé, j’ai toujours préféré les maudits. En poésie, Verlaine est inégalable. La forme chez Baudelaire a parfois un peu vieilli ; quant au fond, ça tient le coup. Dans ses aphorismes, il est insurpassable, sans rien d’antique. Rimbaud a révolutionné la forme ; vin jeune (plus âgé, il renia le poète qu’il avait été), acide, l’enfant terrible du vers débarrassé d’encorbellements, ornements, embellissements, comparaisons. Brutal. Dans le genre puissant : Léon Bloy, grand pamphlétaire devant Dieu. Catholique. Lui, a dézingué Hugo dans sa revue “Le pal”, je vous épargne le titre du texte. Mais a toujours reconnu les trois susdits, et même, Lautréamont.

12 Erica Roche, le 27 avril 2012 à 09:01 :

Patrick, votre palmarès de poètes du XIXème est identique au mien. Ceci dit, lorsqu’il s’agit de ses dessins, le Père Hugo prend un petit air maudit lui aussi et les motifs sur ses cadres en bois me font penser à William Morris et Séraphine de Senlis.En parlant d’expos il faut absolument voir au Louvre celle sur Leonardo da Vinci autour de son tableau “Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant”.Que d’occupations pour un weekend pluvieux…

13 Patrick Delaunay, le 29 avril 2012 à 15:09 :

Et… pour un week-end plus jeune ?
;)

14 Roberto Livadiotti, le 30 avril 2012 à 11:05 :

Dans son livre “Réflexions sur la poésie”,Paul Claudel avait dit qu’il considérait cinq grands poètes “impériaux” dont Homère,Dante,Shakespeare…et je n’avais pu savoir qui étaient les deux autres,mais en recherchant sur internet,ça pourrait être Eschyle et Rimbaud? Mais Victor Hugo qu’il vénérait pourtant,ne faisait pas partie de ces élus.

15 Patrick Delaunay, le 30 avril 2012 à 12:46 :

Intéressant. Pour Cioran, le plus grand poète français est Rimbaud, le plus grand écrivain : Shakespeare ; compositeur : Bach.


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