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Hélène Mercier, la passion du détail

Le 08 avril 2012 à 10:12 par Olivier Bellamy

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Si le diable est dans les détails, dit-on, les négliger revient à se contenter d’un robinet d’eau tiède. Et Dieu vomit les tièdes !
Hélène Mercier ne fait pas les choses à moitié. Son esprit perfectionniste ne souffre pas l’à peu près ou l’amateurisme. C’est ainsi qu’elle s’est replongée dans les chansons québécoises de son enfance, au risque de réveiller des souvenirs douloureux et de replonger dans une nostalgie pleine d’émotions. C’est ainsi qu’à l’occasion de la sortie de son disque Schumann-Brahms (avec Cyprien Katsaris), elle a souhaité explorer le concept de transcription et qu’elle a attiré notre attention sur l’arrangement réalisé par Beethoven lui-même de son Concerto pour violon en concerto pour piano. L’occasion d’écouter la géniale cadence du premier mouvement qu’il a composée à cette occasion (pour piano et timbale obligée !) alors qu’il n’en avait pas écrite pour l’oeuvre originale, laissant le violoniste Franz Clément improviser à son gré lors de la création de l’oeuvre (les violonistes jouent généralement aujourd’hui celle de Fritz Kreisler). On oublie de dire que s’il a dédié le Concerto de violon à son ami d’enfance Stefan von Breuning (ils avaient le même professeur de violon à Bonn), il a dédié l’oeuvre pour piano à sa femme Julie, pianiste, fille d’un grand chirurgien de Vienne qui avait tenté de soigner la surdité de Beethoven, morte prématurément (un an après son mariage avec Breuning et la fameuse dédicace du concerto), et dont il était amoureux. On voit bien que l’on touche là à quelque chose d’essentiel chez Beethoven et que la transcription n’est pas toujours guidée par des motifs occasionnels ou commerciaux. Julie était aussi le prénom de la fille de Robert et Clara Schumann… dont Brahms tombera à son tour amoureux…
Avec naturel et intelligence, Hélène Mercier nous a aussi parlé de la spontanéité en musique au travers des deux enregistrements de l’étude op. 10 n° 3 réalisés par Maurizio Pollini. Le premier en date (le plus beau) a longtemps été interdit par l’artiste avant que la firme Testament ne passe outre et le publie cinquante ans plus tard. Le hasard a voulu que, le lendemain de l’émission, une rumeur a couru dans Paris sur la mort de Pollini, provoquant une vive émotion dans la profession. Finalement, l’agent italien du pianiste a pu être rassurée par la femme de l’immense interprète : Pollini est bien vivant !
Voici son programme :

Schumann : arrangement du quintette avec piano à 4 mains (Hélène Mercier, Cyprien Katsaris)
Schumann : Quintette (Christian Zacharias)

Madeleines
http://www.youtube.com/watch?v=t9MXb2q2Puw&feature=related
beau dommage « la complainte du phoque »

Lindberg de Robert Charlebois avec Louise Forestier
http://www.youtube.com/watch?v=79Mwjz-2yY8

Barbra Streisand : Memory

- le tout premier enregistrement de Pollini pour EMI des Etudes de Chopin quand il avait 18 ans et qu’il avait empêché de sortir à l’époque op. 10 n° 3
- le concerto de Beethoven pour violon et orchestre interprété par Szeryng et le même concerto mais transcrit pour piano par Beethoven interprété par Barenboim (1er mouvement)

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Il y a 4 commentaires pour cet article :

1 Lily, le 08 avril 2012 à 21:53 :

Pour moi, la version piano du concerto pour violon de Beethoven demeure une « curiosité », je la considère beaucoup moins attachante, elle est d’ailleurs très peu jouée.
Peut-être aussi parce que trop célébrissime, et que dès les premières notes c’est le violon que j’entends et que j’attends .
« Maurizio Pollini est bien vivant » : je l’espère pour longtemps encore, mais mauvaise nouvelle d’apprendre l’annulation de tous les prochains concerts de ce grand parmi les grands.

2 Roberto Livadiotti, le 09 avril 2012 à 10:50 :

Je considère aussi la transcription par Beethoven de son concerto pour violon en version pour piano,comme une “curiosité” et je ne l’aime pas autant que ses concertos N.3,4 et 5. Je préfère beaucoup l’écouter au violon.
Quant au grand pianiste Maurizio Pollini,il n’est pas spécialement l’interprète de Chopin, mais aussi de Bach,Beethoven,Schubert,Schumann et Brahms. On parle aussi de ses interprétations de Schoenberg,Webern,Boulez,Nono,Stravinsky, mais cela m’intéresse beaucoup moins.

3 Djeff13, le 09 avril 2012 à 19:31 :

Eh bien moi, j’en aurais bien pris une heure de plus ! (Pardon à Laure Mézan qui venait après…)
Je me souviens d’ailleurs de son précédent interview chez Olivier, qui m’avait laissé un souvenir impérissable !
Alors,dans la conversation de l’autre jour,qui, pour moi, était une SUITE ,j’ai écouté avec interêt Beethoven et Pollini- que je pratique beaucoup,rassurez-vous…et j’ADORE l’opus 61a au Piano, qui à mes oreilles vaut les autres (Opus 15 à 73),mais aussi le VRAI Opus 61,quelque soit le Grand Nom de Violoniste que vous puissiez y mettre(Szeryng,Milstein,Heifetz,ou alors A.S.Mutter,Janine Jansen, et j’en passe…).
TOUTEFOIS, et même si Hélène Mercier n’était pas là pour en parler, je n’ai pu m’empêcher de penser à son Livre “Au fil des notes..” (Plon,Ed.)..
Et j’étais bien plus ému que d’habitude…
Merci,Olivier,d’avoir invité,non pas “la Femme de…”,mais la Concertiste,d’une part, et d’autre part(même sans l’avoir dit) l’auteur de ce Livre dont un journaliste a pu écrire il y a peu, qu’”on ne le croirait pas,mais dans son coeur il y a une félure….”.
UN CONSEIL: en plus des disques d’Hélène Mercier-A.,précipitez vous chez VOTRE LIBRAIRE ! Mais attention, vous risquez d’y passer la nuit,sur ce livre,si vous l’ouvrez le soir…
Cordialement à tous !

4 Djeff13, le 10 avril 2012 à 15:14 :

Mon commentaire n’a-t-il été lu par personne ?


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