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Sandrine Piau, voix céleste

Le 10 mars 2012 à 11:35 par Olivier Bellamy

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Le cristal scintillant de son timbre n’entrave en rien l’émotion que Sandrine Piau éveille chez l’auditeur dans certains airs élégiaques et purs. Contrairement à certaines artistes éminentes qui tentent de repousser les limites imposées par la nature de toutes leurs forces (Callas, Dessay, chacune dans son genre), elle accepte son destin de soprano léger. Elle demeure un rossignol au plumage toujours brillant sans se donner des coups de… martinet pour chanter comme un aigle royal. C’est toute la différence entre l’idéal du XVIIIe siècle qui repose sur une acceptation de la réalité, des codes, et une héroïne tragique du XIXe siècle.
Voici son programme :

1) Britten: the turn of the screw
( j’ai eu la chance de chanter Flora en concert quand j’étais à la maîtrise de Radio France vers 11ans
n’importe quel passage mais si possible le thème de Miles .

2) Bartok: Musique pour cordes percussions et Celesta

3) Nina Hagen African reggae ou Natureträne.

pour les 4 oeuvres classiques

1)premier choeur de la Matheus passion ( Herreweghe)

2) Sergey Prokofiev concerto N1 en ré dièse majeur ( lento) par Lise de la Salle

3) les Altenberglieder de Berg par Margaret Price

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Il y a 6 commentaires pour cet article :

1 marie-alsace, le 11 mars 2012 à 19:16 :

J’ai bien aimé l’émission. Tout à fait d’accord, sur la stimulation de l’imaginaire par la voix. Je préfère aussi la radio à la télé. Pour rebondir sur l’imagination, je suis allée hier écouter à Baden, Maurizio Pollini. Ce que j’aime chez les allemands c’est la diversité des styles, à savoir, le soir à Baden, je peux croiser un psychorigide donc les zygomatiques sont définitivement coincés et quelques minutes avant, sur la route de la plaine de la Forêt Noire, un doux dingue en tricycle couché avec une voile, type planche à voile!!!! Quant au concert, Maurizio Pollini a joué des œuvres de Chopin et de Liszt,classique mais un enchantement. Paradoxe de cette soirée, le public était un tantinet plus “positivement clairsemé” de jeunes que d’habitude (je n’ose pas calculer la moyenne d’âge) pour aller écouter un pianiste d’une toute autre génération et d’une autre qualité que l’artiste de variété, Lang Lang….. Et Maurizio Pollini nous a joué 4 bis….,le show man aucun … !!!! Super soirée, en rentrant je n’ai pas croisé le navigateur sur bitume, comme quoi, ça roule :-)

2 HOLDRINET, le 11 mars 2012 à 22:12 :

Trop rigolotte Marie; vous avez le spectacle avant le concert…

Sandrine Piau,la technique baroque,le rapport au son,”les attaques baroques qui viennent du silence”,”Haendel nous masse le gosier”.Un bel hommage au baroque.

Passionnant aussi sa relation au temps, temps suspendu à l’écoute de Bach.
“En écoutant Bach on se dit que l’homme a su s’élever”, athée où croyant. Magnifique!
Jordi Savall a dit:”La musique est le plus spirituel des arts”.

La magie d’une belle voix parlée au téléphone par exemple, peut aboutir à une grande déception Marie. l’imaginaire immédiatement en marche peut trahir. Prudence…

3 HOLDRINET, le 11 mars 2012 à 22:36 :

Pour Marie la “RIGOLOTE”.

4 Solly, le 12 mars 2012 à 20:35 :

Intelligente, réfléchie, mesurée, lucide, fine, Sandrine Piau dresse d’elle-même un portrait peu banal, lequel s’agrémente d’une jolie frimousse de chat éveillé. Claudette souligne avec justesse quelques phrases ou évocations que j’ai également remarquées pour leur originalité dans l’analyse de l’art du chant et le caractère de la musique. Les chauds partisans de la musique baroque l’auront adorée sans doute. Plus ce désir de rester une enfant éternelle, mon dieu, qu’on ne saurait lui reprocher. Une enfant légère et profonde, née au XVIII° siècle, comme dit O. Bellamy, qui saute avec allégresse le lourd et pathétique XIX°, pour plonger sans états d’âme dans la musique contemporaine. Qui préserve son organe “de cristal” des excès vocaux en tout genre, admirant de loin - et apparemment sans réserve - les chanteurs à voix extrêmes, Hagen, Armstrong, Waits etc. Qui mesure sa chance d’être un ange au-dessus de ce sombre monde, le survolant avec esprit et sagesse.
D’où vient que cet ange-là ne satisfait que la partie fraîche de mon tout petit esprit personnel? Peut-être du fait que j’ai toujours pensé qu’il ne faut pas confondre les anges et l’angélisme. Si les anges existent, je demeure dans la certitude que leur chant est tout de feu rayonnant et ré-jouissant. Baroque pour baroque, je lorgne vers Bartoli, flamme paradisiaque (à ne pas confondre avec flamme infernale). Les lignes de chant trop pures, trop droites, trop instrumentales, me … laissent de glace! Pour une voix “instrumentale”, je préfère un bon scat (logique: pas de texte ou bien jeu volontaire sur un texte).
Mais Sandrine (Piau) demeure cependant une très belle chanteuse. Et son modèle, c’est Margaret Price, c’est bien.

5 Patrick Delaunay, le 12 mars 2012 à 22:40 :

“Ne pas confondre les anges et l’angélisme”, bien.
Il y a plus d’angélisme que d’anges, c’est juste.
Les anges ne courent pas les ondes…
Mais que faites-vous, chère Solly, des “mi-ange, mi-démon” ?
Pour reprendre le mot de Verlaine à propos de Rimbaud poète mi-ami, mi-am…

6 COURTAUT.Monique, le 13 mars 2012 à 17:42 :

Le timbre de Sandrine Piau est cristallin,
ilcharme au disque;le problème au concert,
même dans une salle pas immense ,est que si le chef n’y prend pasgarde ,l’orchestre couvre la voix,ce fut le cas dans la Messe en ut mineur de Mozart,avec la Chambre Philharmonique dirigée par Emmanuel Krivine
à la Cité de la Musique.
Je ne me déplace plus .C’est le cas d’un certain nombre de voix “baroques” au timbre flatteur ,mais peu puissantes.


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