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Gaëlle Josse, tout en finesse

Le 08 mars 2012 à 19:00 par Olivier Bellamy

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1. Pour répondre à certains commentaires : je n’aime pas le mot “auteure” non plus, et encore moins le mot “écrivaine”. Mais avouez que lorsqu’on doit parler de quelqu’un qui a signé son livre Kressmann Taylor et qu’on veut indiquer qu’il s’agit d’une femme sans chausser de gros sabots, c’est quand même bien pratique. A condition de ne pas en abuser.
2. Je suis d’accord avec Mohammed concernant la phrase de Paul Kuentz “sinon on va se faire bouffer” qui m’a froissé également, mais face à un monsieur de quatre-vingts ans, on peut admettre certains écarts (jusqu’à un certain point, évidemment). Lorsque mes grands-parents disaient des choses qui heurtaient ma sensibilité, je me disais : “Je n’ai pas vécu ce qu’ils ont vécu. Ils sont plus âgés que toi. Fais la part des choses.” En revanche, qu’un Premier ministre de la France se fasse rappeler à l’ordre parce qu’il est soucieux de la souffrance animale à propos de la viande halal me paraît hallucinant ou d’une mauvaise foi indigne d’un opposant politique.
3. Il n’est pas question de minimiser l’extraordinaire travail des “baroqueux” (pas de mauvais procès, s’il vous plait), mais de rappeler que certains propos tenus à l’époque, d’une arrogance terrible, a fait beaucoup de mal et a tué certains ensembles. Tout comme les propos de Pierre Boulez, lorsqu’il était jeune (il a mis de l’eau dans son vin aujourd’hui) ou les propos des réalisateurs de la Nouvelle Vague qui ont ruiné la carrière de très grands cinéastes.
4. Venons-en à Gaëlle Josse. Une femme délicieuse et un écrivain (et toc !) tout en finesse. Elle parle de musique de manière toujours juste et son écriture ne comporte aucune fausse note.
Voici son programme :

-L’Arabesque de Schumann ( Horowitz) 6 mn environ
- La méditation de Thaïs, de Massenet, pour violon (Grumiaux, excellent, mais il y a en d’autres) 4′25mn
- La sicilienne de la 2ème sonate de flûte de Bach, version piano (Angela Hewitt, Kempff, parfaits…) 3′54
- Auf dem Wasser zum singen, Schubert/Liszt. (Oxana Yablonskaya excellente) 4′59

Madeleines musicales :
un extrait de 3 musiques de films :
- celle de Nino Rota pour le film de Fellini 8 et demi,
- Autant en emporte le vent,
- et Lawrence d’Arabie.

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Il y a 6 commentaires pour cet article :

1 marie-alsace, le 08 mars 2012 à 20:23 :

Ouep auteure, écrivaine….juste un problème esthétique????? et bien peut être qu’en 2050 ou en 3000 ou même en l’an 10000 seulement, l’homo sapiens deviendra peut-être femmo sapiens :-) , soyons pragmatiques…mais tant que « la journée de la femme » existera…… :-( …..moi cela me fait réfléchir et comme je suis primaire, je pense que les oublis linguistiques doivent être réparés car ils ont une histoire mais, je dois être en avance sur mon temps :D) !!!! Hier j’ai écouté un disque « œuvres chorales » de Leoš Janáček, un bijou euh non une émeraude ;-)

2 HOLDRINET, le 09 mars 2012 à 14:05 :

Tout à fait en accord avec vos “mises au point”, Olivier. Il n’y avait pour ce qui concerne “les Baroqueux” aucun “mauvais
procés”, de ma part. l’enchaînement des propos de l’invité et votre commentaire, m’ont rendue un peu réactive. Seule ma passion pour la musique baroque en est la raison! Et c’était bien d’en reparler.

3 Sandrine, le 09 mars 2012 à 20:13 :

Merci Olivier de vos précisions sur le mot « auteure » ; connaissant votre don pour les belles formules, ce terme m’avait paru curieux sous votre plume. Mais le concept de « mot pratique dont il ne faut pas abuser » est original. Pour cette fois, la clémence féminine vous pardonne !!!!

4 Patrick Delaunay, le 10 mars 2012 à 13:52 :

@ Olivier B., paragraphe 2 : En hommage au “Carnaval des animaux” (Saint-Saëns), à “Pierre et le Loup” (Prokoviev), “Renard” (Stravinsky), La voix de son maître, sous la direction du chef d’orchestre Lebouc, je suggère au maître de céans d’inviter un tigre, un requin, un hippopodame, une femme-girafe, un cabot… une oie sauvage, une hirondelle… un bébé phoque (Brigitte Bardot est venue déjà, grand moment), un panda, un rhinocéros ou un éléphant, toute bête antédiluvienne en voie de disparition. Peut-être pas ensemble, risque cacophonie, tendance arche de Noé.
Nourrir les fauves de viande à l’ail, enregistrer leurs réactions à l’écoute d’arias dont : “J’ai perdu mon Eurydice / Rien n’égale mon malheur…”, puis commenter.
Eluder les madeleines.

5 HOLDRINET, le 10 mars 2012 à 20:41 :

Je viens d’écouter Gaëlle Josse. Un régal.
Passionnante,elle s’exprime de manière juste,rigoureuse,sensible et simple. Olivier écrit que ” son écriture ne comporte aucune fausse note”, sa parole non plus.
Je vous inscite si ce n’est fait à l’écouter.
Je m’empresse de me procurer son livre dont le héros est concertiste, et qui a pour titre “nos vies désaccordées” chez Autrement(gage de qualité).

Le lied de Schubert “Auf dem Wasser zu singen” est une de mes drogues musicales.
J’ai l’enregistrement de Margaret Price.

Merci, c’est une belle rencontre car je ne connaissais pas Gaëlle Josse.

6 Patrick Delaunay, le 12 mars 2012 à 00:11 :

@ 4 Prokofiev


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