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Paul Kuentz, soixante ans de “passion classique”

Le 07 mars 2012 à 10:25 par Olivier Bellamy

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Toute une génération de mélomanes a grandi avec les enregistrements de Paul Kuentz, de Jean-François Paillard, de Karl Ristenpart, de Karl Münchinger. Tous ces noms, autrefois symboles d’excellence, de découverte, de passion ont été balayés par la vague des baroqueux. Certes, le goût musical évolue, les recherches de l’art et de la science avancent, se transforment, s’affinent, mais cette évolution se fait souvent par ruptures et par révolutions. Qui dit révolution dit : affrontement, brutalité, champ de bataille et injustices. Les baroqueux ont gagné la guerre qu’ils avaient déclarée, leur hégémonie s’est étendue, leur révolution est entrée dans les moeurs, leur lutte contre l’académisme est devenue à son tour un autre académisme. Ils ont imposé un nouveau son, un nouveau ton avec un immense talent, mais l’escroquerie intellectuelle consistait à dire : les autres ont tort, nous avons raison, voici la vérité vraie. Or la vérité en art n’existe pas. Face aux textes anciens, nous sommes devant les fameuses ombres sur la caverne de Platon.
Paul Kuentz a continué son combat en solitaire, un combat pour des valeurs humanistes et musicales profondes. Si les élites parisiennes l’ont boudé, le peuple des mélomanes ne l’a pas abandonné ; il s’est retrouvé dans cette ferveur et dans cette obstination quasi paysanne d’un chef face à sa famille de musiciens et de choristes. Il fallait donc réparer une injustice, cette émission y a contribué, sans esprit de polémique ni querelle de clocher.
Voici son programme :

GRIEG Suite Hollberg, 1er mouvement, 2′52
BACH Concerto en la mineur pour violon, 1er mouv. 3′54
MENDELSSOHN Paulus: Jerusalem, Air de soprano, 3′19
MOZART Ave verum, 3′42
ROSSINI Sonate pour cordes n° 3, Finale, 2′40
DANIEL-LESUR Sérénade pour cordes, 1er mouv. 4′45
HAYDN La Création: Duo Adam et Ève, 3′17

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Il y a 9 commentaires pour cet article :

1 merouchi, le 07 mars 2012 à 15:45 :

Bonjour,
Dans l’émission d’hier, le chef d’orchestre Paul Kuentz a beaucoup insisté sur les valeurs judéo-chrétiennes qu’il défend et que je respecte, la musique classique qu’il pense supérieure à toute autre (j’aime beaucoup aussi sans toutefois être d’accord avec lui qui semble minimiser ou ignorer toutes les autres). Mais ce que j’ai trouvé vraiment dommage, c’est qu’un “sage” de 80 ans dise, sans que le sujet de discussion s’y prête:”si on ne fait pas attention, on va se faire bouffer”.
- Par qui donc a-t-il peur de se faire bouffer ce Monsieur?
Dire qu’Aristote croyait que “la musique adoucit les moeurs”.
Salutations
Mohamed Merouchi

2 HOLDRINET, le 07 mars 2012 à 17:15 :

Paul Kuentz,sa simplicité à dire les choses, son talent, ses choix musicaux m’ont enchantée.
Un bémol toutefois sur l’ironie exprimée,(ressentie en tout cas), brièvement mais tout de même… concernant la musique Baroque. Olivier ,sans ironie, en remettant une couche, dans son article.
Les querelles de clocher ne m’intéressent pas et surtout pas dans le domaine de la musique qui nous est si cher. Je suis juste sidérée.
C’est une époque de notre patrimoine classique que des gens comme Cecilia Bartoli, son travail de recherche, son talent,l’immense W.Chritie et bien d’autres, nous ont permis de découvrir.
Cet engouement que ce répertoire retrouvé a déclenché et qui dure, n’exprime t’il pas la reconnaissance d’un public pas forcément de “l’élite parisienne”, mais un public que ce répertoire intéresse et passionne.
“La vague des baroqueux” n’a englouti personne.
Relents de rivalités, bien inutiles et regrettables, même si on n’ignore pas qu’ils existent.

3 HOLDRINET, le 07 mars 2012 à 17:17 :

“W.Christie”

4 marie-alsace, le 07 mars 2012 à 18:47 :

Paul Kuentz, cela n’a jamais été ma tasse de thé …. Les quelques disques écoutés (plutôt Vivaldi) m’ont toujours donné « une sensation d’une exécution toute en rapidité comme si son orchestre et lui prenaient le TGV, donc « son persiflage » sur les baroqueux ………..bref ;-) et puis je préfère l’humilité d’un Helmuth Rilling (même génération)…. ou l’interprétation de baroqueux, comme le Freiburger Barockorchester, entre autres :-) (pas la même génération) !!!!

5 COURTAUT.Monique, le 07 mars 2012 à 19:47 :

Ce qui m’a amusée ,c’est qu’il ait cité:
Madame Geneviève ,comtesse de Chambure.
Elle a dirigé au CNSM le Musée des Instruments de Musique de 1961 à 1973.
C’est chez elle ,à,Neuilly, que ce sont rencontrés W.Christie et Jordi Savall.
Ils aiment à le raconter et à lui rendre hommage pour l’ouverture justement ,vers une nouvelle interprétation des 17 et 18 èmes siècles!!

6 HOLDRINET, le 07 mars 2012 à 23:13 :

Pas mal Monique!

7 Philippe Bizouard, le 08 mars 2012 à 12:47 :

Bonne émission… Une vie, notamment une enfance, hors du commun ce Paul Kuentz… Quant à au passage “La civilisation (…) va se faire bouffer”, il faut le voir - je pense - comme une perte de sens, de repères dans une époque où la société de consommation et le matérialisme sont roi. C’est comme cela que je l’ai compris !
Il n’y a pas matière à polémique.

8 COURTAUT.Monique, le 08 mars 2012 à 19:41 :

Nous faisons tous le même constat:la musique classique s’est professionnalisée dans les 20 dernières années;il n’y a jamais eu autant de choeurs pro,d’ensembles
de haut niveau ,de solistes de classe internationale,mais…c’est au détriment de la pratique amateur de qualité.
Les organisateurs de concert ont bien remarqué que leur public vieillit et …qu’il ne se renouvelle pas.
Je passe souvent le samedi ou le dimanche à l’Auditorium du Louvre pour les séances “Musique en Images”,séances de rattrapage pour les évènements marquants des 30 dernières années.Un public “mordu” capable de faire la queue sous le soleil de la Pyramide,public de retraités bon pied ,bon oeil,mais quasiment pas de jeunes.
Quelquefois Marc Minkowski nous fait l’amitié de sa présence.
Dans 20ans qui ?Nous, avec une canne!!

9 Roberto Livadiotti, le 10 mars 2012 à 00:34 :

Je trouve qu’Olivier a raison de dire que l’on peut regretter les interprétations de musique baroque faite par des orchestres de chambre plus importants comme celui de Karl Munchinger, J.F.Paillard, I Musici, etc… qui donnaient à cette musique une certaine ampleur qu’on ne retrouve plus avec des formations réduites à leur plus simple expression comme on en trouve aujourd’hui. Quant à ‘orchestre de Paul Kuentz, je n’ai pas eu l’occasion de l’entendre.


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